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Onzième Année.
1904
ET DE
Reliures Historiques
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SOCIETE FRANÇAISE
DES
Collectionneurs d'Ex-Libris
BUREAU DE LA SOCIÉTÉ
Présidevt D"^ L. Bouland (Fondateur de la Société), 93, rue de Prony, Paris.
Vice-président M. Ed. Engelmann, 24, rue de l'Arcade, Paris.
virs h.ic:A^»ic ï.^Mn^x.,v^r i ^' ^' ^^ Crauzat, 52, rue de la Tour-d'Auvergne, Paris. Vtce^présidents honoraires | ^ ^^^ Bertarelli, 18, San Barnaba, Milano.
Secrétaire-gérant M. F. Carême, 7, rue d'Alençon, Paris.
Archiviste M. Ed. Engelmann, 24, rue de l'Arcade, Paris.
Trésorier M. J. Regnauld, 12, rue Royale, Versailles.
MEMBRES DU COMITÉ
MM.
Bargallo (F.), 94, rue d* Allemagne, Paris. BoYMOND (Marc), 223, boulevard Pereire, Paris. Gand (Olivier), 25, boulevard de La Chapelle, Paris. Cruel (Léon), 418, rue Saint-Honoré, Paris. HoussAYR (Henri), de PAcadémie Française, 49,
avenue Friedland, Paris. Masson (Henri), 4 ter, rue du Cherche-Midi, Paris. Mazières-Mauléon (Lucien de), 8, rue Daumier, Paris.
MM.
Perrière (H. de la), 6. rue Barye, Paris.
Picot (Emile), de Tlnstitut, 135, avenue de Wagram,
Paris. RouRE (du), 58, rue de Babylone, Paris. RiCHEBÉ (R.), 152, avenue de Wagram, Paris. Salleron (G.), 4, rue de Beauvau, Versailles. Tausin (H.), 36, boulevard des BatignoUes, Paris. Van Driesten (J.), 4, rue Rennequin, Paris. WiGGiSHOFF, 153, rue Marcadet, Paris.
Archives de la Société Française
DES
COLLECTIONNEURS. D'EX-LIBRIS
publiées dans le format in-quarto, paraissent une fois par mois et donnent seiie pages d'impression illustrées de reproductions d'Ex-libris et de marques de possession du livre, avec une ou plusieurs planches hors texte; les membres les reçoivent pour le prix de leur cotisation (15 francs pour la France et 16 fr. 50 pour l'étranger), et les personnes ne faisant pas partie de la Société peuvent s*y abonner.
Les abonnements sont annuels et partent du i^^ Janvier de chaque année ; ils sont :
Pour la France, de 18 fr. — Pour TEtranger, de 19 fr. 50
Les années ISO^, ISOfiS et ISOO ne se vendent plus •éparément
Pour tout ce qui concerne F Administration et la Rédaction, s'adresser au siège de la Société, 93, rue de Prony, PARIS.
Un numéro spécinun sera envoyé contre la sonwie de 0,50 centimes en timbres-poste. Dépôt en librairie chez M. H. LEGLERG, 219, rue Saint-Honoré, PARIS.
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ARCHIVES
^ f_
SOCIETE DES COLLECTIONNEURS
D'EX-LIBRIS
DE RELIURES HISTORIQUES
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Tous droits réservés
MAÇON, PROTÀT FRERES, IMPRIMEURS.
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ARCHIVES
DE LA
SOCIÉTÉ FRANÇAISE
DES
COLLECTIONNEURS
D'EX-LIBRIS
Onzième Année
> PARIS
Au Siège de la Société 95, Rue de Pbony, 95
1904
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TEE NEW ÏOUK PUBLIC LIBRAEY
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AâTOB, ÎSHOt AI«D
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11« Année. — N<> 1
Janvier 1904
COMPTE RENDU DE LA RÉUNION DU 29 DÉCEMBRE 1903
UIVANT la coutume, le Président ouvre la séance en présentant les excuses des membres absents, ce sont : MM. Bargallo, du Roure de Paulin, Salleron et Wiggishof qui vient d'être cruellement frappé dans se3 affections et auquel nos collègues offrent l'expres- sion de leurs plus sincères condoléances. Le Secrétaire informe le Comité que VEx-libris Journal annonce le décès de M. J. Marshall (de Londres), membre de la Société anglaise collectionneurs d'Ex-libris, ainsi que de la nôtre, dont il faisait ^ partie depuis longtemps. M. Bouland consacre quelques mots de * regrets à ce collègue étranger, ainsi qu'à M. Aglaûs Bouvenne dont
il rappelle l'assiduité à nos réunions. Il propose ensuite la candidature comme membre de notre Société, de la Bibliothèque de l'Union Centrale des Arts décoratifs représentée par M. J. Maciet, conservateur, et qui est admise à l'unanimité.
M. L. Gruel offre au Président la photographie d'un emblème peint sur la garde intérieure d'un volume petit in-folio de sa collection* et qui est attribué à Marguerite d'Angouléme, reine de Navarre, sœur de François I®^, connue sous le nom de Marguerite des Marguerites; cette photographie est commu- niquée aux assistants qui félicitent l'heureux possesseur du précieux volume. Dans la précédente réunion M. P. de Cranzat avait montré un dessin (copie) fait par lui autrefois, et représentant à bien peu de chose près le sujet de l'Ex-iibris de M. Yigeant, il a complété son intéressante communication en
1. P. Ovidii Nasonis fastorum libri... Veneliis, 1508.
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recherchant où il avait trouvé le modèle de cette fantaisie. « La gravure ori- « ginale fait partie, dit-il, d'une série de douze Singeries^ qui date de la pre- « mière moitié du xviii® siècle, époque où Watteau et Huet avaient mis à la « mode la décoration de singeries dans les habitations, w Ce qui a permis à M. Bouland de constater à la Bibliothèque Nationale que c'est la planche 7 (Le Maître d'armes) d'un album oblong intitulé : Singeries ou différentes actions de la vie humaine représentées par des singes^ dédiées au public. Gravées sur les dessins de C. Huet* par J. Guélard. A Paris, chez Guélard, rue de Charonne, sans date, in-4<^ oblong. Entre cette singerie et l'Ex-libris il n'existe d'autres différences que celles-ci : 1^ dans la singerie le maître d'armes est coiffé d'un tricorne qui dans l'Ex-libris est remplacé par un masque d'escrime ; 2^ sur le sol, au premier plan, il y a une savate qui dans l'Ex-libris est remplacée par un livre ouvert.
Le Président présente ensuite au Comité un exemplaire offert pour la Bibliothèque de notre Société par M. Ed. des Robert, du Héraut de Lorraine^ de François Perrin de- Dommartin (1654), publié d'après le manuscrit origi- nal par MM. G. de Braux et Ed. des Robert, Nancy, Crépin-Leblond, 1902, in-8^. Ce travail est un utile complément aux différents nobiliaires de Lorraine, et des remerciements sont votés au donateur.
Il est de nouveau question de faire, en dehors des séances ordinaires du Comité, des réunions qui pourraient avoir lieu chez l'un de nos vice-prési- dents par exemple, ou ailleurs, et dans lesquelles on ne s'occuperait absolu- ment que d'Échanges. Ce projet se confond avec celui développé déjà par M. J.-C. Wiggishoff et qui a pour but de réunir mensuellement non plus des amateurs d'ïCx-libris seulement, mais encore des collectionneurs d'objets divers, tels que : gravures, médailles, sceaux ou cachets, jetons, etc., ce qui en élargissant le champ des échanges aurait l'avantage de leur donner plus d'activité. Plusieurs des assistants se rangent à l'avis de M. Wiggishoff, lui donnant immédiatement leur adhésion, et nous engageons nos collègues à les imiter.
Après diverses communications : Ex-libris de Mgr Dillon, archevêque et primat de Narbonne ; plats d'une reliure avec des armoiries surchargées ensuite du blason de Jean de La Hamaïde; Ex-libris de l'abbé Boutry, etc.. les assistants qui ne doivent plus se revoir que le 31 janvier 1904, échangent leurs souhaits de bonne année pour la Société et pour eux-mêmes.
Le Secrétaire^ F. Carême.
> ► ♦ ■^•-
M. le baron du Roure de Paulin, membre de notre Société, demeurant rue de Babylone, 58, Paris, nous prie d'informer nos collègues qu'en plus des Ex-libris il collectionne spécialement les empreintes de cachets armoriés et qu'il en ferait aussi l'échange.
1. Christophe Iluel ne figure pas dans le Manuel de V Amateur d'estampes de C. Le Blanc. Une noie manuscrite indique qu'il est mort en 1759.
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L'année 1903 a été Tune des plus meurtrières pour notre Comité, nous l'aurons littéralement terminée dans les deuils, carie 28 décembre nous perdions encore un collaborateur dévoué, M. V. Advielle, qui était un de nos tout premiers adhérents. Il a succombé à une apoplexie foudroyante ; la veille encore il avait présidé le banquet de la Société artistique et littéraire des Rosati, qui venait de lui décerner la rose qu'elle donne chaque année comme prix.
JEAN-FRANÇOIS VAN DE VELDE
PRÉSIDENT DU GRAND COLLÈGE DE l'uNIVERSITÉ DE LOUVAIN
(1743-1823)
OUS les ans, au mois de janvier, les habitants de Beveren voient célébrer dans leur église paroissiale un service funèbre, qui, par sa singularité, est bien fait pour éveiller leur curio- sité. Sur le catafalque sont posés le manteau et le haut bon- net de docteur en théologie, et à l'avant se trouve appendue, imprimée sur satin blanc, jauni par le temps, une briève notice biographique de celui en l'honneur duquel a lieu cette imposante céré- monie. C'est le service institué par le dernier président du grand collège, et bibliothécaire de l'Aima Mater de Louvain, le docteur J.-F. Van de Velde, service que sa famille, fidèle aux traditions du passé, fait encore célébrer tous les ans avec le même apparat ^ .
J.-F. Van de Velde naquit à Beveren, au pays de Waes, en Flandre, le 5 mars 1743. Il était fils de Mathieu Van de Velde et de Marie-Catherine Van Royenacker. Il fit de brillantes études à Louvain, fut ordonné prêtre à Anvers en 1769, et devint licencié en théologie et bibliothécaire de l'Université en 1772. En 1775, il prit le bonnet de docteur, et devint successivement : pré- sident du collège de Savoie, du petit collège du Saint-Esprit, et, en 1778, recteur magnifique. La même année il avait été nommé professeur et cha- noine de Saint-Pierre à Louvain. Enfin, er> 1783, il fut élu à l'unanimité pré- sident du grand collège du Saint-Esprit.
Le 18 juin 1784, il présida à la défense d'une thèse qui eut le malheur de déplaire en haut lieu '^.
La lutte entre l'empereur Joseph II et l'Université de Louvain est assez connue; nous nous contenterons de remarquer que Van de Velde fut l'âme de la résistance que rencontra l'empereur dans ses désirs. Suspendu une pre- mière fois de ses fonctions, quelques jours après la défense de la thèse : De
ï. D'après les usages suivis à l'aucionne Université de Louvain.
2. Il s agit ici de la th6se : De impcdimenlis niatrinwniij qui fut le prétexte de la lutte entreprise par Joseph II contre l'Université de Louvain.
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impedimenlis matrimonii; puis, autorisé la même année à reprendre son cours, nous le voyons en 1786, quand les privilèges de l'Université furent supprimés, être destitué avec deux autres professeurs*; rétabli en 1787, privé de nouveau de sa chaire, banni des Pays-Bas et obligé de se cacher (1788), pour être enfin rétabli en 1789, dans toutes ses fonctions.
Menacé dans sa liberté lors de la seconde invasion des Français, en 1794, il passa en Hollande puis en Westphalie où il résida quelque temps à Brème. Au mois d'août 1795, il revint à Louvain, mais il y fut en butte à toutes les persécutions dont le Directoire abreuvait le clergé de la Belgique. Le serment de haine à la royauté ayant été prescrit, le cardinal de Frankenberg, arche- vêque de Malines, le refusa et fut déporté au delà du Rhin. Les professeurs de rUniversité ayant également refusé le serment, des sentences de dépor- tation furent portées contre eux (nov. 1797). Van de Velde put se soustraire aux recherches, et passa en Hollande, et de là en Allemagne.
Le 25 octobre 1797, par simple arrêté du Département de la Dyle, TUni- versité de Louvain fut abolie.
Van de Velde mit à profit son séjour forcé en Allemagne pour visiter suc- cessivement 2 les bibliothèques de Dresde, Breslau, Berlin, Francfort s/o, Schwerin, Meissen, Wittenberg, Gotha, lena, Weimar, Leipzig, Gottingue, Hambourg, Gassel, Francfort s/m, etc., et s'y livrera un travail préparatoire pour une Histoire de la Réformation qu'il projetait ^.
Il retourna en Allemagne en 1803, autant pour compléter ses recherches que pour revoir les gens de lettres qu'il y avait connus.
A son retour il se fixa à Beveren, où il s'occupa surtout de son grand ouvrage sur les conciles des Pays-Bas. Mais d'autres événements se préparaient où Van de Velde devait encore payer de sa personne : à la prière de Mgr de Broglie, évêque de Gand, il accompagna celui-ci, comme son théologien, au concile de Paris *. C'était en 1811. On sait que l'évêque fut arrêté par ordre de Napoléon et emprisonné à Vincennes. Van de Velde partagea son sort. Après quatre mois de détention, il fut exilé à Rethel où il resta jusqu'en 1814. La chute de Napoléon lui rendit la liberté.
Revenu à Beveren, il y passa ses dernières années en démarches infruc- tueuses pour le rétablissement de l'Université de Louvain, et en recherches sur les monuments de l'Église des Pays-Bas.
Il se proposait aussi de donner une édition des Conciles du Pays, et il a
1. Les professeurs Ghenne et Wuyts.
2. Sous le nom de E. Van Damme.
3. A cet effet, il avait copié dans ces diverses villes plusieurs centaines de lettres de Melanchton, qui forment huit gros volumes in-f°, et un 9" vol. in-4°, contenant les tables. Ces manuscrits se trouvent à la Bibliothèque Royale de- Bruxelles et ont été classés et réunis sous le titre de : Apparatus Melanchtonianus, par feu le professeur Scheler.
4. L'anecdote suivante nous a été racontée par M. Th. de Decker, juge de paix à Tamise, et arrière-petit-neveu de Van de Velde.
La vaste érudition et la mémoire prodigieuse de Van de Velde, adjoint comme théologien à révoque de Gand, furent les causes déterminantes de la grande influence exercée par ce dernier sur le Concile de Paris. C'était lui qui forgeait les armes dont se servait le prélat pour combattre ses adversaires. On ne s'y trompait pas, et un jour un très haut dignitaire de la cour, après avoir entendu avec quelle éloquence et quelle logique M. de Broglie combattait et mettait à néant les plans de l'empereur, s'écria en blêmissant de rage : « Ce n'est pas vous qui parlez, mais c'est ce chien de flamand que vous avez derrière vous ! »
Van de Velde se fit un titre de l'injure, et il existe encore des lettres, écrites à ses proches ou à ses intimes, où la signature est suivie des mots : chien de flamand.
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publié un abrégé de son travail sous ce titre : Synopsis monumentorum. Gand. 1822. 3 vol. in-8^
Son grand ouvrage a paru à Malines, par les soins de de Ram, archiviste de Tarchevêché de Malines, sous le titre de Synodicum Belgicum. Van de Velde a laissé une foule de manuscrits * parmi lesquels nous devons citer les u catalogues systématiques », conservés à la Bibliothèque Royale de Bruxelles ^.
Ce savant théologien mourut à Beveren le 9 janvier 1823.
La vente de son immense collection de livres ^ eut lieu dix ans après sa mort, en 1833, depuis le lundi 5 août jusqu'au lundi 16 septembre (inclus).
VApparatus Melanchtonianus et le Synodicum ne figurèrent pas à sa vente ; par une disposition spéciale du docteur, ils avaient été légués au sémi- naire de Gand.
Pour donner une idée de cette remarquable bibliothèque, véritable monu- ment de haute érudition et de bon goût, nous dirons qu'elle ne contenait pas moins de 1.275 manuscrits, parmi lesquels des documents de toute rareté.
Les incunables s'élevaient à plus de 450 ^ — Citons les numéros suivants :
N® 13085. Catalogues et fragments de livres composant toute la biblio- thèque de M. J. Van de Velde, rédigés et écrits par lui-même. 29 vol. in-f».
N° 15234. Notata quaedam supra articulos ordinationum curiae Brabantiae et Tractatus de publicis judiciis studio ac operâ D. D. Wynants in sup. Brab. Consilio, consiliarii, cum indic. Mss. de 128 pages in-f^.
N® 15275. Notitia episcopatus Gandavensis, seu séries et elogium abba- tum S. Bavonis, episcoporum, praepositorum, decanorum, etc., depuis 1540 à 1760, in-f^. Mss. de la main de J.-F. Foppens, avec des annotations de Van de Velde.
N® 15298. Catalogues systématiques des éditions de la Bible, tant en langue originale que dans ses différentes versions, par J.-F. Van de Velde, in-f^.
Voici pour finir ce que nous lisons dans les « Liminaires » du tome VI du catalogue Van Hulthem :
« Van de Velde était connu par sa vaste mémoire, sa grande érudition et « quelques ouvrages dont le plus remarquable est intitulé : Synopsis monu- « mentorum collectionis proxime edendas conciliorum omnium archiepisco- a palus Mechliniensis. Gandavi. B. Poelman. 1821. 3 vol. in-8^. Son catalogue
1. Nous renvoyons ceux que la matière inléresserait à Touvrage très bien écrit et documenté, où nous puisons la plupart de ces détails, que M. Th. de Decker, juge de paix à Tamise, a consa- cré à la mémoire de son arrière-grand-oncle, sous ce titre : Jan Frans Vàn de Velde de eximius van Beveren, Sint Nikolaas, Ëdom., i897, in-8°.
2. Ces catalogues systématiques forment 36 vol. in-P», comptant ensemble 5.200 pages. Ils furent achetés le 23 août avec d^autres manuscrits »ie V. d. V. à la vente de manuscrits de sir Thomas Philipps à Cheltenham pour la somme dérisoire de 100 fr.
3. Catalogue des livres rares et précieux au nombre de 14.43") lots, de la Bibliothèque de feu M. Jean-François Van de Velde en son vivant docteur et professeur en théologie, devenu prési- dent du Grand Collège et bibliothécaire de TUniversité de Louvain. Rédigé d'après le catalogue manuscrit du défunt, par M. P.-F. de Goesin-Verhaeghe, imprimeur de l'Université de Gand. Gand, chez P. -F. de Goesin-Verhaeghe, imprimeur-libraire, rue Ilauteporte, n® 37. Prix : 5 francs. 2 voU in-8**, dont le premier parut en 1831 ; le second, en 1832.
Le premier catalogue contient 590 pages et 5.799 numéros; le second, 716 pages, et continue depuis le n** 5800 jusqu'au n° 15335.
La note suivante se trouve insérée à la fin du catalogue. Nota : Le catalogue manuscrit, conte- nant 236 lots, se trouvera lors de la vente (sic). Nous n'avons pu savoir de quels manuscrits il s'agit ici.
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« a été rédigé par M. de Laval, sous-bibliothécaire de TUniversité de Gand, « quoique le titre porte qu'il Ta été par de Goesin-Verhaeghe lui-même. « Cette vente ne rapporta que 60.000 francs. Il est vrai de dire que beaucoup « d'ouvrages, restés longtemps cachés, étaient dans un mauvais état, et que (( le bibliophile Héber, qui pendant quinze ans, fit annuellement deux ou « trois voyages en Belgique, avait acquis à Van de Velde, peu de temps « avant sa mort, beaucoup de raretés bibliographiques. »
L'Ex-libris de Van de Velde, exécuté au cours de son grand voyage en Allemagne, et dont la planche originale a été mise gracieusement à notre disposition par M. de Decker, représente (par allusion à l'Université de Lou- vain détruite) un fragment d'édifice ruiné, portant les initiales du titulaire ; une croix renversée, des livres éparpillés, complètent l'allusion. Mais la Pro- vidence veille, et la foi dans le relèvement de la vieille institution, par un travail opiniâtre, se trouve symbolisée par le hibou et la lampe.
Cette vignette mesure exactement (plus grande surface gravée) : 68"" X
Le baron de Reitfenberg décrit ainsi un autre Ex-libris de Van de Velde : « Une de ses vignettes représente la Religion entourée de livres, et devant (( un coffre rempli de médailles. Elle s'appuie sur un cartouche où on lit : « Initium sapientise timor Domini, Spal (psal.), n® V, 9.
Nous n'avons pas pu jusqu'ici nous procurer un seul exemplaire de cette pièce. Benj. Linnig (Anvers).
EX-LIBRIS
DE JEAN BIGOT
'ONSiEUR DE R*** peut saus crainte d'erreur attribuer l'Ex-libris reproduit page 173 des Archives de Novembre 1903, à Jean Bigot, sieur de Somenil et de Gleuville, doyen de la Cour des aides de ,
Normandie. Après la mort de Robert Bigot (1692) les librairies de Paris vendirent en 1706, la belle bibliothèque formée par lea trois Bigot : Jean, Aymeric et Robert. Moyennant 1.500 livres, l'abbé de Louvois acheta i
plus de 500 manuscrits pour la Bibliothèque du Roi ; ils sont aujourd'hui à la Bibliothèque Nationale. \
Beaucoup d'entre eux sont marqué» d'Ex-libris de Jean Bigot. Nous en j
connaissons quatre sortes : 1® D'argent, au chevron de sable^ chargé au som- met d'un croissant du champ^ accompagné de trois roses de gueules. Supports, , deux levrettes posées sur un tertre. Casque à 6 grilles avec ses lambrequins. j Cimier, une levrette issante. Au-dessous de l'écu : lohannes Bigot. Le chevron porte des hachures allant diagonalement de droite à gauche, les couleurs sont ' indiquées par des initiales. Il mesure 10 cent. 1/2 sur 9. , 2*^ Le même ayant 5 cent. 1/2 sur 5. | 3® L'Ex-libris reproduit dans les Archives des Collectionneurs. Novembre i 1903. ! 4^ Le même ayant 6 centimètres sur 4 cent. 1/2. )
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AACHITES DE LÀ SOCIÉTÉ FRANÇAISE DES COLLECTIONNEURS D'EX-UBRIS. ~ NM. - JANVIER 1904
Planche i
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Tous se ressemblent beaucoup, même forme, même dessin ; les levrettes ont la même position, et le casque est identique. Seulement les numéros 3 et 4 n'ont pas de nom, ils sont plus mal gravés, et les hachures du chevron sont horizontales. Je me permets un exemple pour montrer que ces Ex-libris ont été employés par les Bigot :
Le manuscrit latin 1298 (n^ 371 de la Bibliotheca Bigoliana manuscripta, rééditée par L. Delisle en 1877), Breviarum Bajocense^ porte TEx-libris numéro deux.
Le manuscrit latin 1299 (n^ 372 ibidem) porte TEx-libris numéro quatre. Or, ces deux ouvrages ont la même reliure, en veau plein, filets et titres en
or et portent sur le dos quatre petits fers à dorer aux armes des Bigot. Je crois donc que c'est à juste titre que les commerçants et les savants (M. Delisle en tête, qui reproduit l'Ex-libris n^ 3 dans son catalogue) attribuent l'Ex- libris en question à Jean Bigot ; car nous le trouvons sur des livres provenant sûrement de sa bibliothèque et portant en plus le fer à dorer de la famille Bigot.
Il est probable que les hachures horizontales du chevron sont tout simple- ment un procédé employé par le graveur pour donner plu« de relief- au che- vpon. Car si l'on trouve des hachures indiquant les couleurs en 1600 et en 1620 * ce système n'g été vulgarisé que par Petra Santa et Vulson de la Colorabière, et il ne faut pas oublier que Jean Bigot vivait au commencement du xvii® siècle. Baron du Roure de Paulin.
y^ cux
/ ^ / "
1. Archives de janvier 1903, article sur l'Ex-libris Coloma par le comte de Limburg-Slirum.
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LISTE D'ÉCHANGES
ÎES membres de notre Société qui sont disposés à faire l'échange de leur Ex-libris personnel contre celui d'autres amateurs sont instamment priés de vouloir bien nous le faire savoir le plus promptement possible. Nous pourrons alors publier de temps en temps une liste qui leur permettra de faire cet échange plus facilement et plus utilement tout à la fois. Soit qu'ils fassent des collections spéciales, soit qu'ils ne s'occupent que des Ex-libris anciens, bon nombre de nos collègues, en effet, ne recueillent pas du tout les Ex-libris modernes ; c'est donc un service à rendre à tous les amateurs que de leur indiquer ceux qui font volontiers l'échange, et auxquels ils peuvent s'adres- ser à coup sûr : l'absence du nom des autres sur les listes indiquera sulBBsam- ment que ce genre de collection est pour eux dénué d'intérêt.
LES BIBLIOPHILES
DU BAS-LANGUEDOC
ADHÉMAR (Louis-Pierre-Alexisd') COMTE D'ADHÉMAR
ANS le territoire de la petite ville d'Aimargues, sur les bords de la rivière du Vidourle et au milieu d'un grand parc, s'élève le château de Teillan, dont les tours Renais- sance profilent sur le ciel bleu leurs sommets pitto- resques. C'est dans cette belle résidence que le comte d'Adhémar avait réuni la bibliothèque de sa famille à celle de Pierre-Jacques-Durand-Eustache Martin de Choisy, conseiller à la Cour de Montpellier, son beau-père, poète très apprécié de la fin du xviii® siècle. ,
Louis-Pierre-Alexis, comte d'Adhémar, naquit à Anduze, le 21 juin 1790, de Jacques-Philippe, lieutenant des vaisseaux du roi, et plus tard comte de l'Empire, et de Rose de Boisson de Bagard.
Élève à l'École spéciale militaire de Fontainebleau, le 12 février 1807, il en sortit, le 17 juillet suivant, avec le grade de sous-lieutenant de la 4® légion d'infanterie, et servit en Espagne. Nommé aide de camp du général baron Guillot, le 13 septembre 1809, il fit avec lui la guerre d'Espagne. Mais, blessé au siège de Figueras, le 10 avril 1811, il ne put continuer son service dans l'infanterie et passa au 10® régiment de hussards.
Louis XVIII le nomma (26 septembre 1818) chevalier de la Légion d'hon- neur, pour prendre rang du 1®^ novembre 1814.
Le comte d'Adhémar, capitaine adjudant-major des chasseurs à cheval de la Meuse, se maria, le 29 septembre 1817, avec Jeanne-Pierrette-Honorine i
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Martin de Ghoisy, fille du conseiller à la Cour de Montpellier et de Fran- çoise-Glaire-Suzanne Pomer.
Il se retira du service, à cause de ses blessures, le 27 avril 1828, après avoir fait onze campagnes, et reçu sept blessures*.
Dans sa retraite de ïeillan, le comte d'Adhémar se livra à Tétude des beaux-arts et des lettres. Il fit réparer le cbâteau de ses pères, et embellit son parc en plaçant dans les principales allées des bornes milliaires de Tan- cienne voie romaine de Beaucaire à Substantion, et des pierres tombales trouvées dans les environs.
£x Ilhris AJnêmari.
FiG. 1.
Sa famille portait les armes suivantes : Mi-parti de France et de Toulouse^
sur le tout un écu d'or à trois bandes d'azur. Mais il choisit pour Ex-libris
(fig. 1) un casque fermé de profil, de la couronne comtale duquel s'élance
un lion tenant dans ses pattes de devant une lance dont la banderole porte
la devise : Lancea sacra.
AMOREUX (Guillaume et Pierre-Joseph)
La famille Amoreux est originaire du lieu de Pierrevert en Provence. Joseph Amoreux, maître chirurgien, s'établit dans la ville de Beaucaire, y épousa, le 20 avril 1671, Marie Vianès. Il fut père de Pierre- Joseph, d'où sont sortis les Amoreux, de Beaucaire, illustres dans la médecine, et de
I. Généalogie de la maiuon d'Adhérnar, Montpellier, Gras, 1861, in-4.
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Gaspard, qui forma la branche des cTAmoreux, d'Uzès, dont plusieurs membres devinrent conseillers à la Cour des Comptes de Montpellier.
Le tableau suivant indiquera mieux le point de départ des deux branches * :
Antoine Amoreux, du lieu de Pierre vert, en Provence, épouse Suzanne Icard.
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Joseph Amoreux, maître chirurgien à Beaucaire, mort le 16 décembre 1679, avait épousé, dans cette ville, le 20 avril 1671, Marthe Vianès.
Pierre-Joseph Amoreux, né le 22 décembre 1679, mort le 16 février 1741, premier consul de Beaucaire en 1721, lieutenant du premier médecin du Roi, épouse Marie Bernavon.
Guillaume Amoreux, docteur en médecine, épouse à Beaucaire, le 7 juin 1740, Marie Guion.
Pierre-Joseph Amoreux, né à Beaucaire le 26 février 1741, docteur en médecine, conser- vateur de la bibliothèc|ue de la Faculté de médecine de Montpellier, mort dans cette ville en 1824.
Gaspard Amoreux, né à Beaucaire le 21 novembre 1673, premier consul de cette ville en 1713, épouse Catherine Euzebi.
Noble Pierre-Joseph Amoreux, docteur en droit, épouse à Uzès, le 4 septembre 1726, Jeanne Blanc.
I
Messire Gaspard-Antoine d'Amoreux, con- seiller-maitre en la Gourdes Comptes de Mont- pellier, épouse, le 26 mars 1764, Françoise Goune, et, en 1766, Marie-Anne Palisse de Lahoutès.
Sa descendance subsiste à Uzès et à Nîmes.
Guillaume Amoreux naquit à Beaucaire, le 11 janvier 1714. Son père, qui était lieutenant du premier médecin du Roi, lui fit embrasser la carrière médicale, et obtenir le grade de docteur en médecine. Tout en exerçant à Beaucaire ses fonctions de médecin, Guillaume se livrait à Tétude des sciences physiques, inventant diverses machines et perfectionnant plusieurs instraments de chirargie.
Le doyen de la Faculté de médecine de Montpellier l'attira dans cette, ville, où, depuis 1761, il fit sa résidence avec sa famille. L'Académie des sciences montpellieraines l'admit parmi ses membres en janvier 1766.
Il a publié deux ouvrages :
Mémoire à t occasion de la suette, 1782 ; cette maladie avait pendant cette année dévasté le Languedoc.
Précis cTun ouvrage sur les Épidémies.
Il mourut à Montpellier le 16 février 1790.
Sa bibliothèque était assez considérable et ses livres étaient ornés de son Ex-libri» que nous reproduisons (fig. 2) ^.
Un autre Ex-libris anonyme peut lui être attribué, car il diflfere peu du précédent (fig. 3). Voir pour ces Ex-libris la planche hors texte, n® 2.
Son fils Pierre-Joseph a écrit une notice sur sa vie, sous ce titre : Notice biographique sur M. Guillaume Amoreux, 1806. Montpellier, Ricard, in-8.
Pierre-Joseph Amoreux marcha sur les traces de sort père, mais devint pluâ célèbre que lui. Docteur en médecine, il exerça cette noble science à
i. Archives communales de Beaucaire, État civil des paroisses avant 1790. 2. Collection de M. Dor.
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AROHVES DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DES COLLECTIONNEURS D'EX-LIBRIS. - N* l'. - JANVIER 1904
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Montpellier et se livra à renseignement, à TÉcole centrale. Mais bientôt il abandonna Tune et Tautre pour se livrer à l'étude spéciale des sciences qui absorbèrent toute sa vie. Il se contenta de la place de conservateur à la Bibliothèque de la Faculté de médecine. Ami de Télude et de la tranquillité qu'elle donne et qu'elle demande, P.-J. Amoreux trouva son bonheur dans les recherches scientifiques et principalement dans celles qui se rapportent à l'histoire naturelle.
Ses ouvrages sont nombreux, presque tous sont utiles et intéressants ; quelques-uns fort remarquables K
Nous citerons seulement les suivants :
FiG. 4.
»
Traité sur les haies inves^ 1809. Cet ouvrage avait été couronné par TAca- démie de Lyon en 1789.
Traité de t olivier, 1784.
Notice des insectes de la France réputés venimeux, 1789. Paris, Cuchet, in-8, avec 2 planches.
Essai historique et littéraire sur la médecine des Arabes^ 1805. Montpel- lier, Ricard, in-8.
Précis historique de l'art vétérinaire^ 1810. Montpellier, Ricard, in-8.
Notice sur Laurent Joubert, 1813. Montpellier, in-8, portrait -.
Pierre-Joseph Amoreux mourut à Montpellier en 1824. Il légua sa biblio- thèque, qui n'était autre que celle de son père, mais considérablement aug- mentée en livres scientifiques, et son cabinet d'histoire naturelle à la ville de Nîmes.
1. Michel Nicolas, Histoire littéraire de Ntmes, t. H, p. 235-237.
2, H. RJvoJre, SUlistique du département du G&rd^ t. I, p. 89-90.
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Nous avons vu un certain nombre de ses livres que ne décore aucun Ex-libris, mais dont plusieurs portent la signature autographe de ce savant modeste, et de nombreuses notes marginales qui en augmentent le prix.
ARRE (François- Victor Bastier de Bez d')
Ce personnage était né au Vigan, le 26 février 1746, de Louis Bastier de Bez, seigneur d'Arre, et de Suzanne-Catherine de Villars. Il hérita de son grand-père paternel, François, qui avait fait décréter les biens de la famille d'Albignac, et de son grand-père maternel, Etienne de Villars. Il fut, par suite de ces deux héritages, seigneur d'Arre, de Salagosse, de la Beaume, de Bez, de Pont-d'Arre, de la Fouzette, de Campis, de Goularou et d'autres sei- gneuries.
FiG. 5.
François- Victor devint conseiller-maître à la Cour des Comptes et Finances de Montpellier en 1776, et le fut jusqu'à la suppression de cette compagnie en 1790.
Sa famille, dont le nom patronymique s'écrivait fia^^/er ou Bastie^ était originaire du Dauphiné, et s'établit au Vigan vers 1640, où elle forma plu- sieurs branches.
Lui-même avait eu de Marie-Madeleine Daudé du Poussey, sa femme» quatre fils, dont deux moururent sans postérité; le cadet forma la branche des de Bez, éteinte il y a quelques années; l'aîné a continué la descendance dans la branche des Bastier de Villars de Bez. (Voir page 11.)
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François-Victor avait adopté TEx-libris que nous reproduisons à la page 11 (fig. 4) ; il mourut en février 1820*.
AUGUSTINS (les) DE NIMES
Ces religieux s'établirent à Nîmes vers 1352. Leur monastère et leur église étaient situés hors des murs de la ville, au-dessous de TEsplanade. L'un et l'autre furent détruits pendant les troubles religieux du xvi® siècle. Après la tourmente, ils s'établirent dans une maison de la rue de la Rosarié aujour- d'hui du Mûrier d'Espagne, qui devint leur couvent jusqu'à 1 époque de la Révolution.
Leur bibliothèque était considérable, et ils ornaient leurs livres d'un Ex- libris (fig. 5) qui leur était commun avec les religieux de leur ordre établi à Lyon, mais sur lequel figurait la légende : Ex Bibliotheca Augustiniana majoris Conventus Nemausensis, (Voir page 12.) Prosper Falgahiolle.
LES EX-LIBRIS SIGNÉS ALLIN
[Suite 2.)
19. GANOT
UR un cartouche de style rocaille, un écu piriforme, légèrement incliné, porte les armes : De gueules^ à trois tours crénelées d'argent^ ouvertes et maçonnées de sable, accompagnées de trois croix tréfilées^ au pied /iché^ mal ordonnées, d^ argent, (Nous reviendrons plus loin sur ces armoiries.) Le cartouche sommé d'une couronne de comte, supporté par deux lions, celui à dextre assis, celui à senestre regardant, et entouré de rameaux d'olivier. Le tout repose sur un socle orné, dans l'intérieur duquel on lit : Gaspard Ganot | Cap^^ au Reg^ de Caval^^^ \ Royal Pologne. Signé en bas à dextre : Allin, Encadré ^ .
d'un filet ovale en hauteur de 55 sur 61™™. Voir, au verso. t'ctxiV ^^/ ItctK* /Z/ ^
Nous ne connaissons de cet Ex-libris que l'exemplaire récemment entré dans notre collection. Peut-être la signature d' Allin, peu visible, a-t-elle échappé à l'examen des propriétaires de cette pièce. (Voir page 14.)
La famille Ganot est lorraine ; nous la croyons originaire de Samogneux, petit village situé sur la Meuse, à 10 kilomètres au nord de Verdun. Du moins on y rencontre des Ganot sur les registres paroissiaux du xviii® siècle ; François Ganot fut régent des écoles de ce village de 1748 à 1766, puis il se fit aubergiste et aurait été lié, suivant la tradition, avec des émigrés, ce qui lui aurait valu de réaliser une petite fortune : il ne laissa que trois filles; enfin le père de Gaspard y possédait une ferme vendue le 10 novembre 1748 et lui-même a porté pendant quelques années le nom de Samonieux, comme nous le venons plus loin.
L'un des membres de la famille s'éleva au-dessus de la condition modeste
i. Archives municipales du Vigan.
2. Voir les Archities de la Société des Collectionneurs d^Ex^libris et de reliures historiques, fl" de mars, avril et juillet 1903.
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- M — des siens et parvint même à la noblesse à une époque et dans des conditions que nous n avons pu retrouver. Une partie de sa descendance résida à Metz et l'on trouve sur elle des détails dans la Biographie du Parlement de Metz dEug. Michel, et dans Metz. Documents généalogiques, par Tabbé Poirier J aucun de ces auteurs ne fait connaître ses armoiries.
Le premier personnage connu de la famille est Jean-Joseph Ganot écuver gentilhomme de S. A. R. Elisabeth-Charlotte d'Orléans, épouse de Léop^ld' duc de Lorraine (Michel dit à tort qu'il fut au service du duc de Lorraine)' Il avait épousé Anne-Marie Willaume, laquelle étant veuve fit enregistrer à V Armoriai général de France de 1696 (Registre de Lorraine, folio 363) les armes suivantes : De gueules, a trois tours d'argent, celle de la pointe surmontée dun treffle dor et accostée de deux autres treffles de même Les trèfles sont donc devenus des croix tréflées sous le burin d'AIlin. Nos confrères en Ex-hbris savent par expérience que les graveurs, même les plus réputés
étaient souvent peu versés dans la science du blason. Combien de pièces sont reléguées dans les inconnues pour avoir ainsi été maltraitées !
Mais peut-être avons-nous tort d'attribuer à notre graveur un méfait dont les commis de d'Hozier étaient certes bien capables : ils en ont bien d'autres sur la conscience. Par suite des attaches des Ganot avec le Verdunois, il est possible qu'ils aient voulu rappeler dans leur armes celles du lignage de La Porte : De gueules, à trois tours d'or, crénelées, maçonnées de sable, et ajourées d'or, deux et une; Cécu semé de croisettes d'or, tréflées, au pied fiché. Mais ici quelques mots d'explication nous semblent peut-être utiles.
Il y avait au cours du Moyen-Age à Verdun trois grandes familles en possession du privilège de fournir à la cité ses gouverneurs, ses magistrats municipaux et ses échevins; et ce monopole se transmettait par les femmes^ comme la noblesse en Champagne. Ces trois lignages s'appelaient de La Porte, d'Azanne et d'Estouf; pour éviter Tintrusion d'étrangers, on en avait dre;5sé des rôles et c'était un grand honneur d'y être inscrit. C'est ainsi que les armoiries de certaines familles rappellent celles du lignage auquel elles appartenaient : nous pouvons citer les Des Ancherins, les Boncourt, les Vaillant et aussi les Saintignon (armes anciennes) ; si l'on compare sur la
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planche des Principes du Blason, de Tabbé Lionnois, le n^ 323, armes des Sainlignon, on sera frappé de leur similitude avec celles de TEx-libris Ganot. Le gouvernement de Verdun était donc devenu une sorte de république aris- tocratique oïl le pouvoir des évêques était fort limité. Il en était de même à Metz où fonctionnait une institution analogue à celle des lignages, celle des paraiges; à Toul, Tévêque avait fort à compter avec le chapitre de sa cathé- drale et aussi avec les citains on bourgeois de la ville. Mais en 1552, lorsque la France mit la main sur les Évéchés, tous ces antiques usages disparurent et il n'en resta plus que le souvenir. Toutefois si par suite d'une alliance une famille entrait dans la descendance d'un des* anciens lignages, on conçoit aisément qu'elle en ait tiré quelque vanité et ait tenu à en faire parade dans ses armoiries.
De son mariage, Jean-Joseph Ganot eut les deux fils qui suivent :
\^ Louis Ganot, sieur de Réchicourt, conseiller, notaire secrétaire du Roi en la chancellerie du Parlement de Metz, receveur particulier du bureau des finances de la ville de Verdun, marié à Claire Dumont, dont il eut un fils, Marc- Antoine, commissaire d'artillerie, puis sous -directeur d'artillerie à Saint-Malo en 1789.
2^ Jean-Joseph Ganot, né à Verdun, capitaine de cavalerie au régiment de Monteil, puis lieutenant-colonel au régiment Royal-Pologne, cavalerie, retiré du service avec une pension du Roi, marié à Metz le 13 avril 1717 à Elisabeth Guichard, fille de Louis Guichard, conseiller-échevin de' Ihôtel de ville de Metz, et de Charlotte Clément. Il était mort en 1748 lorsque sa veuve et ses enfants procédèrent à la vente du petit bien de Samogneux, sans doute peu après son décès et par suite de licitation. Ces enfants furent : 1^ Charles Ganot, officier, dont nous ignorons la destinée; 2® Gaspard Ganot, qui suit; 3^ Pierre-Paul Ganot, avocat, puis conseiller au Parlement de Metz, marié en 1752 à Anne-Catherine Poinsignon, dont il eut deux filles; 4^ et 5^ Louise et Elisabeth Ganot.
Ga^/>arf/-Joseph Ganot, dont TEx-libris fait l'objet de cet article, est né à Verdun le 25 juin 1724. En 1738, il entra sous les auspices de son père comme volontaire au régiment de Royal-Pologne, y fut nommé cornette en 1742, capitaine en 1745, major en 1760 ; il avait reçu la croix de Saint-Louis en 1758, fut réformé de major et replacé comme capitaine en 1762, reçut une commission de lieutenant-colonel le 25 septembre 1766, passa major au régi- ment Royal-Picardie le 22 février 1770, lieutenant-colonel au régiment de Bourgogne, cavalerie, le 28 octobre 1773, et enfin reçut le grade de Brigadier des armées du Roi le 1*^** mars 1780 qu'il conserva jusqu'en 1784. Nous ignorons la date de sa mort; il est probable qu'il ne fut pas marié.
Il portait le nom de Ganot tout court, comme sur TEx-libris, au début de sa carrière, puis VÈiiit mililnire de la France le désigne sous le nom de Ganot de Samonieux k partir du grade de major, puis Samonieux, et enfin M. de Ganot dans les grades de lieutenant-colonel et de brigadier.
Nous espérons que le lecteur aura suivi comme nous avec quelque intérêt cette famille Ganot, sortie par son mérite d'une modeste race de laboureurs et parvenue sous l'ancien régime à une situation relativement brillante.
Comte Arthur de Bizemont.
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ROCHECHOUART - MONTESPAN? - (N« 294).
L'Ex-libris reproduit ci-dessous porte, je crois, les armes de la famille de Rochechouart, mais je voudrais en avoir confirmation; je demande donc :
1^ Sonl-ce là les armoiries de la famille de Rochechouart?
2^ Pourquoi Técussson en abîme : Uor^ au lion rampant de gueules; au canton d'azur, chargé d'une fleur de lys d'or"! Est-ce une brisure de cadet^ ou un blason d'alliance?
3** A remarquer, dans le Nouvel Armoriai du Bibliophile, par Guigard^ le fer de reliure de Louis-Henri de Gondrin de Pardaillan, duc d'Antin, fila de la célèbre marquise de Montespan ; le 9^ quartier porte les armes de la famille de Rochechouart, à peu près telles qu'elles sont gravées sur la pièce- en question. Serait-ce donc là TEx-libris de M"*® de Montespan, comme plusieurs amateurs me l'ont soutenu ? Qu'en pensent les membres de la Société? A. DE R^
RÉPONSE
B.I.N.O.R. (N^ 264). — [3« année, page 58.1
Nous sommes heureux de donner, quoique tardivement, une réponse à cette question posée en 1896, et si nous le pouvons ce n'est que grâce à V Essai de Catalogue descriptif des Ex-libris et fers de reliure français, anonymes et non héraldiques par M. J.-G. WiggishoflF. Nous y trouvons en effet : 1® à la table R.I.N.O.R. — voir Biron ; 2<> au texte : Biron (M°»e Valentine), Paris. Lettres B.I.R.O.N. la première et la deuxième enlacées, la quatrième et la cinquième également, sur un fond azuré entouré d'une jarretière surmontée d'un lion issant, 68 x 36. Bibliothèque, objets d'art vendus en 1889 (collec- tion H* Masson). On voit par là combien le travail de notre dévoué collabora- teur pourra rendre de services aux chercheurs.
Le Gérant, F. Carême.
MAÇON, PROTAT FRÈRES, IMPRIMEURS.
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SUPPLÉMENT
AU NUMÉRO DE FÉVRIER 1904
DES
Archives des Collectionneurs d'Ex-lihris
Messieurs les Membres ou Abonnés sont priés de vouloir bien envoyer le montant de leur cotisation ou abonnement pour Tannée 1904, au trésorier de la Société, M. J. REGNAULD, 12, rue Royale, Versailles (Seine-et-Oise). Nous leur rappelons, à ce sujet, que le mandat postal est le moyen le plus sûr et le plus commode.
Members and Subscribers are "reminded that the subscriptions are due the i"" January of each year. They are asked to send their fee for 1904, to the treasurer, M. J. REGNAULD, 12, rue Royale, Versailles (Seine-et-Oise). Postal order is the best way for them to do it.
Die' Mitglieder und Abonnenten werden freund- lichst er.sucht, den Jahresbeitrag fur 1904 durch Post Anweisung an den Schatzmeister Herrn. J. REGNAULD, 12, rue Royale, Versailles (Seine-et-Oise), einzusenden.
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MAÇON, PKOTAT I-RLRES, IMPRIMEURS.
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Février 190i
COMPTE RENDU DE LA RÉUNION l)[] 31 JANMER 1904
M. M.
'PRKS avoir consacré quelques mots de regrets à la mémoire de notre collaborateur dévoué t^jy\AJ\' \l^ y Advielle, dont le décès a été annoncé _, dans le numéro des Archives du mois dernier, le Président offre les excuses de MM. Bargallo, w>/ de Crauzat, Olivier Gand, empêchés d'assister à cette séance. Il soumet ensuite au comité les ^ demandes d'admission de MM. Benj. Linnig, ^ 60, rue Conscience à Anvers, présenté par M. Bouland ; Geo. Charpenay, 2, place du Lycée à (irenoble, présenté par le D'' Flandrin ; baron Hugo de Bethmann, présenté par H. Masson ; ihe Library of Congress Washington, et Grun- ^•) dy Newmann, LitUeton, place Walsall, Angleterre, présentés par
M. Carême. Un très bon accueil est fait à ces propositions, dont les candidats sont reçus à lunanimité : Ton constate en plus avec plaisir que des demandes d'abonnement à notre Revue sont faites par des personnes qui ne peuvent ou ne veulent point faire partie de la Société, soit que tout en s'inté- ressant à nos études elles ne collectionnent pas les F]x-libris, soit qu'elles veulent éviter les fastidieuses demandes d'échanges dont est habituellement assaillie toute personne dont le nom figure ici comme nouveau membre.
M, Bouland communique l'invitation qu'il a reçue d'assister à la séance du conseil de TEx-libris Society du 5 février 1904, et qui doit se terminer par une visite faite à la fameuse collection Franks", donnée au British Muséum, et sur laquelle on trouvera plus loin les intéressantes appréciations de notre coUa-
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borateur M. G.-J. Versler, qui fit il y a quelque temps le voyage de Londres.
Le Président annonce que M. le comte A. de Mahuet offre gracieusement à la Société le tirage de ses deux Ex-libris pour illustrer l'article sur les Ex- libris de sa famille que nous allons publier : d'unanimes remerciements lui sont votés par les assistants, auxquels deux curieuses pièces de style Louis XIII sont soumises, de la part de M. E. Perrier, qui les considère à bon droit comme des Ex-libris, mais serait désireux d'en avoir la confirmation. Ce sont deux belles armoiries : D'or^ à trois fasces ondées de gueules au chef d'azur chargé de (rois fleurs de lis dor\ casque taré de profil avec bourrelet d'argent et d'azur, cinq pennaches pour cimier et d'abondants lambrequins remarquable- meiit fouillés. Après un examen attentif, il est reconnu que ce sont certaine- ment deux Ex-libris, qui mériteraient bien un article dans notre Revue.
Les mem])res habitant Paris sont invités à indiquer au Secrétaire les jours el heures où Ton peut sûrement les rencontrer chez eux, de façon qu'une liste de leurs jours de réception puisse être à nouveau publiée dans les Archives, et facilite les relations non seulement entre eux, mais encore avec les collègues de province qui, de passage à Paris, voudraient leur rendre visite.
Comme d'habitude, les publications périodiques reçues dans le courant du mois sont passées de main en main i^Giornale Araldico^ Ex-libris Zeilschrifl, Ex-libris Journal de Londres, Rivista del Collegio Araldico; et enfin le pre- mier numéro de la 4® série de la Revue Héraldique^ Historique et Nobiliaire^ qui est une suite de l'ancienne revue de Sandret. Elle est mensuelle, conçue dans le même esprit d'érudition désintéressée, bien présentée et illustrée; nous lui souhaitons donc le succès. Le prix d'abonnement, fixé à vingt francs par an, sera réduit à seize francs pour les Membres de notre Société. Pour les rensei- gnements ou abonnements, s'adresser au vicomte de Mazières-Mauléjon^ 20^ rue Alphonse-de-Neuville, Paris, XVIP. Un numéro spécimen sera envoyé franco sur demande. Le Secrétaire^ F. Carême.
Le catalogue de la vente d'Ex-libris faite par MM. Em. Paul et Fils et Guillemin, les 28-30 janvier 1904, portait sur le titre : Collection L. B. Induites en erreur par la similitude des initiales et par ma présence aux enchères, plusieurs personnes, qui connaissent peu mon caractère, ont cru que cette collection était la mienne, et je me suis empressé de les détromper. Pour en finir une bonne fois avec cette question, je tiens donc à bien éta- blir : « que ma collection n'est ni vendue ni à vendre », mais qu'au contraire je m'efforce quotidiennement de l'augmenter en y ajoutant des pièces qui m'intéressent personnellement, ou qui peuvent servir de sujet à des articles intéressants pour notre Revue.
D'autre part, si je m'étais trouvé forcé de m'en dessaisir, je n'aurais pas craint de mettre mon nom en toutes lettres sur le titre.
D** L. BOULAND.
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AGLAUS BOUVENNE
ARCHIVES DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DES COLLECTIONNEURS DEX-LIBRIS. - N- 2. — FÉVRIER 1904
Planche 3
Onzième Année. — Page 19.
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AGLAUS BOUVENNE
ARCHIVES DE LA SOUÉTÉ FRANÇAISE DES COLLECTIONNEURS DEX-LIBRIS. - N» 2. — FÉVRIER 1904
Planche 3
Onzième Année. — Page 19.
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D'après le Catalogue de Lettres autographes et de Manuscrits provenant du Cabinet de M. de C*** (Chateaugiron), Supplément, vente le 20 mars 1851 et jours suivants (Paris, Laverdet, 1851, in-8o, p. 94), il existe un manuscrit « BoinDALouE (r Avant du Père) et autres sermons; en toul dix-sept sermons. « Manuscrit d'une très belle écriture. Un fort volume in-4^', rel. v., fil, aux u armes du duc de Montausier. » Nous serions forl reconnaissant à nos colla- borateurs de vouloir bien faire chez eux et autour d'eux quelques recherches pour trouver le possesseur actuel de ce volume? Nous croyons que le fer de reliure aux armes de Montausier et de Julie d'Angennes, accolées, est assez connu pour n'avoir pas besoin de le reproduire ici; il n'est pas rare, et on le voit dans les deux éditions de V Armoriai du Bibliophile, ^
AGLAUS BOIJVENNE
E Président de la Société des Collectionneurs d'Ex-libris a tenu à ce que le souvenir d' Aglaûs Bouvenne fût conservé dans cette Revue par quelque chose de plus qu'une simple notice I nécrologique, et il a bien voulu me demander de dire aux I lecteurs quels titres Bouvenne s'était acquis à leur estime. Je I l'en remercie, bien que la tâche me soit cruelle, car il me faut parler d'un de mes plus vieux et plus chers amis. Notre liaison remontait aux premières semaines du siège de Paris, et depuis, sans doute, la situation respective de chacun, les changements de domicile, les devoirs de la vie quo-
j^CaîlU *5<-.*t*w** ^S
lidienne nous avaient souvent et parfois longtemps séparés; mais nous nous retrouvions de loin en loin avec ^>laisir, et comme des gens qui ont toujours quelque chose à se dire. Quoiqu'il fût |)lus âgé que moi de vingt ans, je le considérais comme un camarade, tant son esprit était resté à l'unisson de ceux ■de la génération qui avait suivi la sienne et tant il était heureux de faire profiter ses émules d'un renseignement ou d'une trouvaille. Cette chaleur de
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cœur ne s'est jam<iis démentie, et ni les années, ni les revers n'avaient eu le pouvoir de l'éteindre : on peut dire qu'à soixante-quatorze ans Bouvenne est mort jeune. En ceci, comme sur d'autres points encore, il fut le digne et c»harmant représentant de ce qu'on appelle « Tàge du romantisme », auquel il se rattachait par ses entliousiasmes, et — je supplie qu'on ne prenne pas le mot en mauvaise part — dont il avait gardé l'ingénuité. Il n'est pas jusqu'à ce prénom d'Aglaiîs (fabriqué en masculinisant celui de sa marraine» qui ne raj)pelàt cette tendance à se distinguer de la foule dont on peut sourire, mais <[ui ajoute un trait à l'originale figure de notre ami. Aglaûs il voulut être, Aglnlls il demeura, en dépit de l'état civil qui l'avait enregistré sous les prénoms plus vulgaires d'Ernest-Gustave.
Né à Paris le 5 février 1829, il suivit quelque temps, je crois, les cours du (lonservatoire de musique, puis passa dans l'atelier de Diaz et fut même l'édi-
lenr, ou tout an moins le dépositaire, de quelques-unes de ses lithographies. Peu après il entra à l'imprimerie de Joseph Lemercier, et il y passa trente et un ans, chargé de surveiller les tirages des planches de tout genre qui s'y exécutaient. A ses rares lieui*es de loisir il maniait volontiers le crayon litho- :j^raphique ou la pointe de l'aquafortiste, et il reproduisait à petit nombre, pour sa satisfaction propre, diverses compositions de Delacroix ou de Corot; <)!i bien, le dimanche, il courait les quais dont les boîtes regorgeaient de brochures alors dédaignées et devenues pour la plupart fort rares aujourd'hui. Il se forma ainsi — lentement, mais avec des joies refusées aux curieux arLuels — une précieuse petite bibliothèque d'art et d'archéologie, et un petit musée do reliures armoriées que Ton rencontrait parfois encore à vil prix, ou qu'il échangeait contre d'autres curiosités. L'un des premiers aussi — sinon même le premier, du moins à Paris — il s'avisa de détacher des |>!ats intérieurs des bouquins qui passèrent par ses mains ces vignettes aux- ([iielles nul alors n'attachait quelque valeur, et il se constitua ainsi une collection noml>reuse d'r^x-libris. En même temps il ne négligeait pas de
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prendre un peu partout Tempreinte ou le dessin de ces lettres affrontées ou enlacées que le Moyen Age et la Renaissance appliquaient aux monuments, aux armures, aux bijoux, aux médailles, aux reliures, et que Ton désigne par le mot de monogrammes. Il en tira les matériaux du joli petit livre qu'il publia dans la collection de l'Académie des Bibliophiles (1870, in-16), et qui, s'il n'a pas épuisé le sujet, groupa pour la première fois nombre d'indi- cations éparses jusqu'alors.
Les Monogrammes hisloriques d\iprès les documents originaux sont le dernier gage que Bouvenne ait donné aux recherches archéologiques aux- quelles il avait fourni quelques autres contributions plus courtes et moins importantes *. Désormais c'est vers l'art moderne qu'il orienta ses recherches et, là encore, il fit œuvre utile et le plus souvent tout à fait neuve : le Cata- logue de l'œuvre gravé et lithographie de Richard- P arkes Boning ton (1875, in-8^, portraits et fac-similé) ; Victor Hugo^ ses portraits et ses charges (1879, in-18, pi.) ; le Catalogue de i œuvre gratté et lithographie de A. de Lemud (1881, in-8^j ; les Notes et souvenirs sur Charles Méryon (1883, in-i*\ pi.); Théodore Chassériau^ souvenirs et indiscrétions (s. d. [1884], gr. in-8", pi.) ; le Peintre Emile Garbet (1890, in-8*^\ pi.) seront toujours consul-
tés, et c'est là un honneur que n'obtiennent pas toujours de plus gros livres, signés de noms plus sonores,
La plupart de ces plaquettes sont ornées de portraits dus tantôt à des amis, tantôt reproduits par Bouvenne lui-même, qui excellait à ces sortes de fac- siniile ; mais il faisait aussi, le cas échéant, œuvre originale et sans insister sur ses envois aux divers salons, je n'en veux citer d'autres preuves que cette série d'Ex-libris et de monogrammes qu'il a gravés pour lui-même, pour ses amis, pour quelques femmes artistes ou lettrées, et même pour deux des maîtres qu'il révérait le plus, bien que ni l'un ni l'autre ne fussent des bibliophiles. Poulet-Malassis a spirituellement remarqué que le monogramme imaginé par Bouvenne en l'honneur de Victor Hugo a peut-être inspiré le vers mémorable d'Auguste Vacquerie :
Les tours de Notre-Dame étaient TH de son nom,
i. Piscine de féglised'Ahun (Creuse) (Extrait de la Revue de Vart chrétien), 1860, in-8°, 8 p.
Essai historique sur V église Saint-Hippolyte [h Paris] (Extrait non spécifié de la Bévue de Vart chrétien)^ 1863, iii-S^, 3 p. 1 pi. et plan complété par de Nouvelles recherches,.. (Toulouse, imp. Caillot et Baylac, 1866, in-S», 14 p., pi.).
Essai historique sur les lanternes des morts (Extrait non spécifié de la Revue de l'art chrétien]^ 1864, in-8% 3 p. et 1 pi.
Légende de sainte Wiîge forte (Extrait de la Revue de Vart chrétien), 1866, in-S», 8 p. et 3 pi.
Bouvenne avait aupai^avant signé avec M. P.-J. Delbare une Notice historique et archéologique sur le château et la ville de Château-Thierry (Paris, t858, in-S'^), mais à laquelle il n'avait, je crois, contribué que par quelques croquis lithographies. , j/^/r
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et le Roman de la momie de Théophile Gautier lui a fourni de très ingé- nieux motifs décoratifs placés ici-même sous les yeux du lecteur. Je n'entre- prendrai pas d'ailleurs de donner la liste complète de ces petites vignettes; on la trouvera plus tard dans le Dictionnaire en ce moment en souscription de feu M. Th. Devaulx.
Les exigences impérieuses de la vie matérielle avaient contraint Bouvenne h se défaire de ses livres armoriés et de quelques autres raretés (A. Voisin, expert, 22 janvier 1876), et en 1891 d'autres livres joints à ceux d'un biblio- phile demeuré anonyme (L. Sapin, expert, 25-28 novembre 1891). Il avait dû, pour les mêmes tristes motifs, recourir en plus d'une occasion à ses tableaux, à ses dessins, à ses estampes, à ses Ex-libris même, dont il avait toutefois formé une seconde série, et chaque fois ses sacrifices réitérés lui
avaient été plus amers. De deux autres collections qu'il avaient réunies. Tune, sur la topographie parisienne, comportant plus de trois mille pièces, avait été cédée, il y a quelques années, à la Ville; l'autre, relative à l'icono- graphie et à la biographie des artistes français modernes, entrera bientôt, je l'espère, au Cabinet des Estampes, oii elle ne sera pas démembrée et gardera le nom de celui qui l'avait formée.
Ainsi se trouvera protégée contre l'oubli la mémoire d'un homme envei^s qui la Fortune — aux divers sens du mot, — se montra inclémente, mais qui dut à ses goûts mêmes de curieux de fréquents et puissants réconforts, aussi bien que des amitiés sincères, et dont la vie laborieuse et modeste s'est écoulée sans qu'on puisse y relever une mauvaise action, ni une défaillance.
Maurice Toukneux.
^ ^4 ^"^^ Comme spécimen des marques à monogramme si chères A Aglaiis Bou- venne et exécutées par lui^ nous donnons ci-dessus son propre Ex-libris^ ceux d'Alice Ozy et de Théophile Gautier^ ainsi que le fer de reliure de M. Mau- rice Tourneux; on trouvera de plus ci-contre en hors texte ^ le bel ex-libris gravé pour Bouvenne par Bracquemond,
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ARCHTTES DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DES COLLECTIONNEURS D'EX-UBRIS. - N* 2. — FÉVRIER 1904
Planche A
[ Ankée. — Page 22.
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EX-LIBRIS DE BARTHÉLÉMY ET DE SALVATOR RUGGIERO
['EST avec un véritable plaisir que nous faisons passer aiijour- Ahui sous les yeux des amateurs cette charmante petite pièce du xvin*^ siècle, reproduite dans le numéro de juin 1903 de la Rivis/^i del Collegio Araldico \ dont l'obligeant secrétaire M. le chevalier Aug. Bertini nous a fait gracieusement prêter le cliché, nous lui en exprimons tous nos remerciements. Cette reproduction nous montre un des plus élégants Kx-libris italiens qui soient connus. C'était celui des frères Bar- thélémy et Salvator Huggiero di Barletta.
Il représente les armoiries de leur famille, supportées par des personnages mythologiques qui sont exécntés avec une véritable maîtrise. Cette jolie
composition est entourée de deux palmes élégamment ployées en couronne, et autour desquelles s'enroule un ruban portant rinscription : Kx-libris Bar- IhoP et Salvatoris Ruggiero. Les Ruggiero di Barletta ne sont qu'une branche de l'illustre famille salernitaine du même nom, à laquelle appartenait Matteo, cardinal et. archevêque de Capoiie. C'est probablement par une erreur de gravure que Fou voit sur cet Ex-libris six étoiles au lieu de six croiseiles^ car les Ruggiero, seigneurs de Bitetto, de Lancusi et autres lieux, portent : D'azur, k six croisettes d'or^ au chef de gueules chargé d'un lambel d'or sur- monte' d^un soleil : ils étaient réputés pour l'ancienneté de leur noblesse et fournirent des chevaliers de Malte. Ces renseignements sont traduits de Farticle de M. Caniillo Brunetti.
1. Hivîsla del Collegio Araldico. Borna, Presso il Coliej^io Araldico, in-8**, anno I, n° 0, p. -i^H.
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Nous profitons de Toccasion pour dire quelques mots sur la Rivis(a del Collegio Araldico, que nous recevons par échange avec les Archwes de notre Société. Cette revue, organe du Collège héraldique de Rome, paraît le 25 de chaque mois, on y trouve d'intéressants articles en français, en espa- gnol et en italien. C'est une publication de hixe avec planches en couleur, gravures dans le texte représentant des armoiries, des vues de châteaux, des monuments, etc.. Elle s'occupe de la jurisprudence nobiliaire, des ordres de chevalerie, de généalogies, d'Ex-libris, de médailles et de monnaies, en un mot de questions héraldiques et historiques. Chaque numéro se compose d'en- viron 64 pages de texte et contient une planche en couleur comportant 25 blasons de V Armoriai des familles nobles de V Europe. Le prix de l'abon- nement est de 25 francs par an, il est réduit à 20 francs pour les membres du Collège héraldique. On pourra s'adresser, pour plus amples renseignements, à radminislration de cette revue, Via degli Zingari, 55, Roma.
D^ L. Rolland.
EX-LIBRIS DE LA FAMILLE DE BESSET
ES deux bibliophiles, dont nous nous proposons de raviver ici le souvenir, — l'oncle et la nièce — appar- tenaient à une famille originaire du Languedoc*.
On comprend aisément que le goût des choses de l'esprit se soit perpétué dans une famille qui possédait parnii ses aïeules une nièce de Roileau et avait fourni à l'Académie des Inscriptions et Médailles un inspec- teur des Beaux-Arts, auteur d'une i?e/r7//o/i estimée des campagnes de Rocroy et de Fribourg.
Henri de Bessct, seigneur de La (^hapelle-Milon, père et grand-père de nos bibliophiles, s'était acquis la plus haute réputation dans les divers emplois qu'il avait successivement remplis au Parlement de Metz, dans la maison du roi et au secrétariat du conseil de la marine. Lorsqu'il mourut, le 19 avril 1748, il laissait de son mariage avec dame Elisabeth Chardon, qu'il avait épousée en 1697, deux fils, également distingués, Daniel-Henri et Nicolas-Pierre de Besset.
Ce dernier, le plus jeune, devint chef du bureau des affaires étrangères. Il est Fauteur de traductions anonymes de divers ouvrages allemands et anglais. Un des livres de sa bibliothèque vient d'être retrouvé dans le grenier d'un ancien presbytère de Périgueux : c'est un exemplaire de VHistoire du ministère de M, le Ctirdinal de Richelieu, par Ch. Vialard, dit Saint-Paul (Paris-Hollande, Elzevier, 1650, 2 vol. petit in-12).
Sur ce livre qu'a bien voulu nous confier M. Charles Durand, l'un des vice- présidents de la Société historique et archéologique du Périgord, était collé
1. La Chesnaye-Desbois, Dictionnaire de la noblesse.
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l Kx-libris reproduit ci-après, au bas duquel le possesseur a pris soui de faire inscrire son nom : Nicolas- Pi erre de Besset de La Chapelle-Milan.
Le sujet principal est un écusson aux armes de Besset : D'azur, au cherroa d argent accompagné de S étoiles^ au chef d argent abaissé.
l.e frère aîné de Nicolas-Pierre de Besset, Daniel-Henri, seigneur de La
^icolcw JPûrre cU. Be^jct" eu /cl CAnpeile ^iloi%
Chapelle-Milon, conseiller du roi en ses conseils, mourut, en 1737, pourvu (le l'intendance de Saint-Domingue. De son mariage avec Elisabeth de Guiry il ne laissait qu'une fille, digne héritière de la fortune et de Tespril de sa niaisoji, Klisabeth-Iienrielte-Marguerite de Besset.
Celle-ci épousa, le 14 mars 1754, Denys-Louis d'Hozier, fils du juge <larnies de la noblesse de France, ancien page du roi, président en la Chambre des compta de Rouen.
Hlizaieth Henriette. cUBe^j-jet c/e /u CAii^elle'^Milcnv .
A Texemple de l'intendant de Saint-Domingue, elle s'était fait graver un Ex-libris, non moins rare que celui de son oncle, avec lequel il n'a d'autre différence que le losange de Técu.
C'est grâce à M. Tausin, qui l'a extrait pour nous de sa riche collection, que nous pouvons en donner ici la reproduction.
La présidente d'Hozier ne devait pas jouir longtemps de la haute situation qui lui était assurée dans le monde : car elle mourut près de huit mois après
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son mariage (30 octobre 1754). Un simple Ex-libris, en transmettant à la posLérité le nom de cette jeune femme, témoigne en même temps que Tamour des livres était resté héréditaire dans la famille de Besset *.
A. Dljakric-Descomues.
<( Par suiie de circonstances indépendantes de sa volonté^ il/. Bouland a (( reçu d'assez nombreuses lettres auxquelles il a été dans F impossibilité de (t répondre. Les retards s accumulant^ et ne pouvant qu augmenter encore « par suite de la nécessité dans laquelle il va se trouver de changer de domi- (i c//e, il prie tous ses correspondants de vouloir bien d'abord texcuser, et « ensuite j ceux qui n auraient pas à traiter avec lui d'affaires personnelles^ de H s'adresser au Vice-Président^ M, Ed. Engelmann^ et au secrétaire^ M, F. <* Cfirème, qui s efforceront de le suppléer. »
EX-LIBRIS DE M. LUCIEN DE ROSNY
OUS croyons qu'il n'est guère d'amateurs dans la collec- tion desquels ne se trouve TEx-libris de M. Lucien de Hosny dont nous donnons ci-dessous la reproduction exacte, car il y a peu de temps encore cette pièce n'était pas rare ; mais en revanche il est probable que peu d'entre eux possèdent des renseignements personnels sur rérudil propriétaire de cette petite lithographie, (^est ce qui nous a décidé h publier les lignes suivantes, qui confirment ce que nous avons déjà fait observer plusieurs fois : que certains Ex-libris doivent attirer Tattention bien plus par la personnalité du titulaire que par la beauté de leur exécution matérielle.
Lucien-Joseph Prunol de Hosny, né le 2 février 1810, à Valenciennes, est mort dans sa propriété de Levallois-Perret pendant le second siège de Paris, sous Ja Commune en 1871. C'était un travailleur infatigable, joignant à une grande érudition un certain talent de dessinateur et d'aquarelliste; il avait été pendant quelque temps employé supérieur à la maison centrale de déten- tion de Loos. Il fut Tun des fondateurs du Comité d' Archéologie américaine, correspondant du Ministère de l'Instruction publique, pour les études histo- riques, membre de la Société de Statistique universelle de France, de la Société des antiquaires de la Morinie, de Flnstitut historique, ainsi que de plusieurs Sociétés d'Histoire du Moyen-âge... etc., etc. La liste des travaux qu'il a publiés nous entraînerait trop loin, car elle est assez longue, et malgré cela elle esl encore bien moindre que celle des études en préparation, des manuscrits et des notes qu'il a laissés. Amateur de curiosités, il avait amassé les éléments d'un, certain nombre de collections citons: une Collection
\. Nous exprimons ici à MM. Durand et Tausin nos sincères remerciements pour leur obligeante communication, qui a inspiré cet article.
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électorale ou d'imprimés les plus divers relatifs aux élections, une de Passe- ports de tous les temps, une de Billets d^ enterrement et de lettres de faire partj des autographes, portraits, gravures, documents révolutionnaires; un herbier, des échantillons d'histoire naturelle, des antiquités, etc..
Sa bibliothèque était considérable, une partie en fut détruite pendant la guerre de 1870 à Nogent-sur-Marne, une autre parlie fut vendue au^ enchères en 1874 par le libraire Chossonnery, on eu trouve le catalogue à la Bibliothèque Nationale, cote A 34884 ; enfin, après le prélèvement de cer- tains dons à des établissements scientifiques, le reste fut gardé par son fils, M. Léon de Rosny, orientaliste distingué, président de V Alliance Scienti- fique Universelle^ auquel nous devons l'intéressante note qui suit sur la genèse de cet Ex-libris dont il est l'auteur.
« J'étais encore à l'école quand mon père imagina de se faire faire un Ex- « libris. Il composa dans ce but un grand dessin au crayon, que je n'ai pu « retrouver après sa mort, mais dont j'ai gardé le souvenir. C'était d'ailleurs
BIBLIOTHÈQUE
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deM.LuciendeROSNY
N"!.
H le même sujet que celui qui figure sur l'Ex-Iibris, mais le dessin était « beaucoup plus artistique. Or, mon père eut la fantaisie de m'engager à lui « faire de mon côté une composition du même genre, ce à quoi je m'appli- « quai de mon mieux. TI trouva mon dessin si à son goût, qu'il se décida à « l'employer de préférence au sien, qui valait infiniment mieux. Voilà l'his- « toire de cette petite vignette. »
Pour tout ce qui touchait à ses études favorites, M. Lucien de Rosny était dune érudition bien connue, mais ce qui l'est moins, c'est l'originalité qu'il avait mise à faire recouvrir certains de ses volumes avec des matières inusi- tées jusque là dans le vêtement des livres... telles, par exemple, que la peau de taujpte, la toile cirée, la peau de chai avec les poils, le caoutchouc cendré (vulcanisé), la peau de phoque bleu, etc., etc.. Ala fin du catalogue de vente cilé plus haut, le libraire a mis un petit index renvoyant aux numéros dont les reliures sont les plus extraordinaires et auquel nous renvoyons nous- même les amateurs de fantaisies peu banales.
D'après un de nos collaborateurs décédé il y a quelques années (M. Julien
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Ducliâleaii), des livres ayant appartenu à M. de Uosny porteraient une petite estampille à Tencre grasse, composée des lettres L. R., entourées d'un filet ovale ; comme nous ne l'avons jamais rencontrée, nous ne pouvons que la signaler aux collectionneurs, avec prière de vouloir bien nous la communi- quer?
(]eux de nos lecteurs qui désireraient de plus amples renseignements sur M. Lucien de Rosny pourront les trouver dans la notice qui lui a été consa- crée par M. Geslin dans les : Actes de la Société (T Ethnographie^ t. VII, p. 115, et dans l'article de M. Louis Zelinski, publié dans V Annuaire de la Société Américaine de France (comité d'archéologie américaine), 1868-73.
D** L. Bol L AND.
LA COLLECTION D'EX-LIBRIS FRANKS
AU BRITISH MUSEUM DE LONDRES
lU Augustus WoUaston Franks, qui est mort à Londres au mois de mai 1897, à Tâge de soixante-douze ans, était un antiquaire ^*^^/-^^ > très connu , et membre honoraire de nombreuses Sociétés archéo- ^^ •''*^*"T logiques, tant de son pays que de l'étranger. En parcourant les grands musées nationaux de Londres on rencontre souvent des dons oflerts par ce grand collectionneur, spécialement dans les vitrines réservées aux faïences.
Pendant trente ans il fut directeur du Cabinet des Estampes au British Muséum, auquel il a légué la collection d'Ex-libris qu'il avait formée pendant ce temps. Cette énorme collection se compose de 40.000 Ex-libris anglais ou américains, et de 30.000 Ex-libris d'autres pays. C'est dans Taile droite du British Muséum, au 1''^' étage, que se trouve le Cabinet des Estampes, et c'est là que, parmi les portefeuilles, les livres et les atlas, cette extraordinaire collection d'Ex-libris est maintenant installée.
La partie anglaise est arrangée alphabétiquement dans 60 grands albums à dos garni de cuivre rouge, dont chacun renferme sept cents pièces à peu près. Lin album sépaié renferme des doubles qui sont arrangés dans Tordre chrono- logique pour donner une idée des styles anglais et de leur développement successif.
Toule cette magnifique collection a été décrite dans un fort catalogue en trois volumes. Le tome premier, qui a paru dernièrement, contient sept illus- trations inédites, et la description de 13.182 Ex-libris (allant de la lettre A à G). C'est un vrai plaisir véritablement de lire l'introduction, trop courte à notre avis, mais peut être lue d'autant plus à cause de cette brièveté même. Les 413 pages du texte contiennent les noms avec annotations sur la personne des propriétaires, les dates, les noms de graveurs et une indication du style. Le troisième volume contiendra un index héraldique, de sorte que ce catalogue deviendra une importante ressource pour les recherches héraldiques.
M. Gambier-Howe, qui a mis en ordre toute cette collection et qui en a com- pilé le catalogue, a dû y consacrer cinq années pour obtenir ce remarquable
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résultat : c'est le travail le plus considérable qui ait été entrepris juscprà ce jour sur les Ex-libris. Et Ton peut juger de la faveur avec laquelle il a été accueilli en apprenant que déjà Ton propose d'imiter son effort, pour les musées et les bibliothèques locales, dans une mesure proportionnellement plus modeste. J.-F. \'krsïku.
LISTE D'ÉCHANGES
01 11 donner suite à Tannonce d'une liste d'échanges de leur Kx-Iibris personnel et autres, entre les membres de la Société, que nous avons annoncée page 8 du numéro de janvier dernier, nous commençons par la suivante :
M, Ed. BouUay à Beauséjour, Saint-Symphorien, près Tours (Indre-et- Loire), échange de son Ex-libris personnel.
M. de La Perrière, Grue lîarye, Pciris, XVIP, échange de son Ex-libris per- sonnel.
M. le comte K. E. de Leiniugen Westerburg, villa Magda. Neupasim/ bei Milnchen, Allemagne, échangera : P quatre eaux-fortes différentes contre quatre autres eaux-fortes ou contre de bons Ex-libris du xvni® siècle; 2'» huit impressions différentes de clichés ou zincogravures contre huit pièces du même genre.
\L Pierre Eugène Masson, rue Saint-Nicolas, 9, Nancy, échangera ses quatre Ex-libris, dont : le 1*^^ est destiné aux livres d'arcliéologie ; le 2*^, aux chissiques; le 3*^, aux livres divers, et le 4^, qui est un monogramme.
M. du Roure de Paulin, 58, rue de Babylone, Paris, échange de son Ex- libris persoiiuel.
M. de Sartorio, 34, boulevard du Jardin zoologique, Marseille, désire faire les échanges ci-dessous :
A. — Pièces anciennes non héruUliques.
1^ A'i^Muer, |)rosbyleri Ciiivassoiirieiisis («çraiule étiauette). Mainsoniial, cIiilTrc. — 'l"-' Filippo LiiKiti (pièce Louis XV'I, sans portrait). Franscisus Carafa, dux de l^orli et cornes Policastri (éliquette). — 3*" Préfecture de Jemmapcs (étiquette), J. et G.
b^vnard Livres el Banderole). — (*" liibliotheca Pezoldiana. — 5" G. S. Dieterichj^
[yod. Med. el Chir. ^ 6" G. E. a Waf^ner (Wisard, 1810). — 7^» Gustave PafŒéy. — Contre des Kx-libris héraldiqnes anciens équivalents, provençaux si possible.
B, — 60 beaux Ex-libris héraldiques modernes de toutes nationalités (la plupart signés),
à échaii<^er pièce pour pièce, ou à raison de trois modernes contre un ancien. ^ <t*
En outre, M. tle Sartorio ayant renoncé à collectionner les Ex-libris non héraldiques cchanf:^erait environ 1/iOO pièces modernes, contre des Ex-libris héraldiques, anciens et modernes, dans les proportions suivantes :
Pièce pour pièce pour les modernes, quatre modernes pour un ancien. M*" de Sartorio échangera son Ex-libris personnel héraldique contre des pièces aussi héraldiques,
M. lleinrich Eduard Stiebel, Bockenheimer Anlage, 38, Frankfurt-a-Main, échangera ses deux Ex-libris personnels, dont Tun est dessiné par Saltler ; ce dernier contre des Ex-libris artistiques seulement. Il possède de plus un g^rand nombre de doubles d'Ex-libris anciens de tous les pays, mais surtout allemands, à échanger contre des pièces équivalentes.
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DEMANDE
Pour en finir avec un article commencé depuis longtemps déjà, nous avions demandé à nos lecteurs de vouloir bien rechercher dans leurs collections, ou dans les biblioLlièques dont ils ont Taccès, s'ils ne pourraient y trouver un livre aux armes de Jean Le Normand, évêque d'Évreux, et abbé de Saint- Taurin (1710-1733).
Nous n'avons jusqu'ici reçu aucune réponse et nous pensons : ou bien qu'il n'existe pas de reliure à ces armes, ou bien que nos collaborateurs n'ont peut- être pas été favorisés dans leurs recherches...; pour les leur faciliter, nous reproduisons ci-dessus le blason de Jean Le Normand d'après un de ses Ex- libris, et nous les prions instamment de se livrer à de nouvelles investiga- tions.
QUESTION
MONOGRAMME J. L. M. - (N« 295.)
La petite vignette, assez originale, dont j'envoie le cliché pour le faire passer comme question dans notre Revue, présente tous les caractères d'un
Ex-libris : dimensions, ancienneté du papier, traces de colle au dos, etc.. J y déchiffre les lettres J. L. M., doublement entrelacées en sens inverse, comme dans le eliiirre dit : chiffre Louis XIV. Je voudrais savoir si cet Ex- libris est connu? El quel eu était le propriétaire? V. D.
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RÉPONSE
BAMPOIGNË. — iN" 265.) — [10« année, page 175.]
L'Ex-libris du Chevalier d'Ampoigné est celui de Henri-René d'Héliand, seigneur d'Ampoigné (près ChâLeau-Gonlier), né en 1740, page du duc d'Or-
léans, enseigne au régiment des Gardes françaises, chevalier de Saint-Louis, de Notre-Dame-du-Mont-Carmel, gentilhomme du duc d'Orléans, marié en 1762, à Marie-Françoise Guérin, dont postérité. Les armoiries sont d'ailleurs
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'AMPOIGrNi:
mal données, car elles sont : D'or, à trois aigles cl azur, becquées, memhrées de gueules. Il existe un autre Ex-libris avec le nom d'Héliand et les armes bien blasonnées. Cette famille subsiste encore à Château-Goutier. Ampoigné lut vendu nationalement sur Tun d'eux en 1792. P. de Farcy.
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Nous avons reçu d'autres réponses à celte question par MM. de Bizeniont, de lîonj de Lavergne et de Remacle, que nous publierons dans le numéro suivant.
. Il existe du très bel Ex-libris Louis le fils (voir Archives de 1896, p. 139,
et 1897, p. 179), deux états que je crois intéressant de signaler à nos col- lègues : dans le premier, le poinçon se trouve à gauche, dans le second état, la gravure a été retournée, et le poinçon se trouve à droite; j'engage donc les amateurs à ne pas rejeter sans un examen attentif les exemplaires de cette pièce qu'on pourrait leur proposer, ^^y^ t^-f i^ *^7 / ^' ^'
-N^e^AC-* ^ */l^<«^ •^ f^/ . ;^ ,
BIBIL-IOOR.^Fia:iE
Le quatrième numéro de 1903 (XIIP année) de V Ex-libris Zeitschrift con- tient le compte rendu des 112® et 113^ séances du comité. — Les nouveaux membres. — L'Ex-libris de Wolfgang Seidl (1543) par M. le comte K. E. de Leiningen-Westerburg, avec deux fac-similé hors texte. — Les Ex-libris des- sinés par K. Ilermann Wiltig, par M. le comte Wilhem de Leiningen-Wes- terburg, avec des illustrations dans le texte. — L'Ex-libris D. W. Uljaninski, ^/ • par M. Udo Jwask-Jssako, a\ ec une reproduction dans le texte. — Les Ex-libris
ir^ modernes, par M. le comte K.-E], de Leiningen-Westerburg, avec des illustra-
, tions hors et dans le texte. — Communications de la Russie, par M. Udo
Jwask-Jssako. — Les marques qui ne sont pas des Ex-libris, par M. le D** H. Brendicke. — Compte rendu du comité pour le concours d'un Ex-libris pour des bibliothèques populaires. — Communications diverses, les notes de la rédaction, les demandes d'échange, etc. R. Benkard.
h'Ex'libris Jour/irtl de Londres, mois de janvier 1904, consacre un im|)ortant article à sir Albert Woods, membre de la Société anglaise, qui est mort récemment. Au point de vue de Tart héraldique surtout, c'était un personnage très estimé. — Après une note relative aux difficultés d'échanges f:' entre les collectionneurs d'Ex-libris, on remarque Tarticle sur les Ex-libris-
porjrails anglais et américains ; il est accompagné d'une liste de ces Ex-libris, qui sera continuée dans les numéros suivants, et de quatre jolies reproduc- tions. Puis viemient de petites notes sur TEx-libris (\e miss Erances Rood, qui, d'après la ligure, s'occupe beaucoup de fleurs et de peinture ; sur ceux du ca])itaine von Carlshausen, de lord Tabley et de Robert Gourlay. Des compliments à l'occasion du premier jour de Tan sont adressés par l'éditeur aux membres de la Société, avec invitation d'activer le plus possible- la propagande, et indiquant les résultats obtenus jusqu'ici, notamment par les expositions. Le numéro se termine par le compte rendu des publications reçues, allemande, française, YAcudiensis et le Zei(schrift. F. C.
Le Gérant^ F. Carême.
MAÇON, PROTAT KRÈItES, IMPHIMEUIlS.
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Ue Année. — N» 3
Mars 1904
COMPTE RENDU DE LA RÉUNION DU 28 FÉVRIER 1904
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OUS avons eu le plaisir de constater que presque tous nos fidèles habitués s'étaient rendus à notre convocation, et que quatre membres venus de pro- vince assistaient à la séance, c'étaient MM. P. E. Masson (de Nancy), A. Mottin, le comte de Régis et G. Sens, aussi a-t-elle été fort animée et des plus agréables. Après avoir examiné une empreinte du nouveau fer de reliure que M. Mottin vient de se faire graver par Béarel, il est question des ventes aux enchères qui ont eu lieu dernièrement et auxquelles se trouvaient plusieurs membres du Comité ; entre autres choses on fait observer que les amateurs n'y assistaient pas en grand nombre, surtout à la vente de notre regretté collaborateur Léopold Mar, où cependant ils auraient pu se procurer beaucoup de pièces en bel état qui n'y ont pas atteint des prix élevés. Le Président adresse des félicitations à MM. U. Richebé et Wiggishoff, qui ont eu la bonne idée de se rendre acquéreurs à l'amiable et en bloc de la collection d'Aglaûs Bouvenne, et qui n'auront qu'à s'en louer certainement.
M. Bouland rappelle qu'il a déjà été question de réunir, autant que faire se pourrait, les portraits des membres de notre Société en une collection qui per- mettrait de connaître, au moins en effigie, ceux que leur éloignement, leur profession, etc., empêchent de venir à nos réunions; mais qui n'en sont pas moins des collaborateurs dévoués. Il est toujours intéressant en effet de voir ies traits de ceux avec lesquels nous sommes en si bons rapports; c'est pourquoi Je Comité invite nos collègues à envoyer leur portrait, photographie ou autre
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à M. Ed. Ëngelmann, qui dans notre Société fait fonction d'archiviste et qui se chargera avec plaisir des soins de celle collection.
Le Président invite les Sociétaires à faire tous leurs efforts pour augmenter par leur active collaboration la valeur et l'intérêt de notre Revue; cela devient d'autant plus nécessaire, qu'il va sous peu être lui-même absorbé par son changement de domicile, et ne pourra consacrer que peu de temps à la rédaction des Archives^ il profite de l'occasion pour remercier deux nouveaux membres, MM. de La Perrière et du Roure de Paulin, qui n'ont pas attendu cette demande pour lui assurer un concours effectif.
Pour faciliter les relations entre collègues^ les membres habitant Paris ou les environs sont priés d envoyer le plus tôt possible au Secrétaire Vin- dication des heures et jours auxquels on peut les rencontrer chez eux sûre- ment et sans les déranger. La parole est ensuite donnée à M. Du Roure de Paulin pour dire quelques mots sur I'Encyclopédie Nationale. Cette Société, fondée en janvier 1904, par M. Eugène Godin (de la Bibliothèque Nationale), sera composée de tous les Français qui voudront bien mettre chacun leurs connaissances spéciales au service des autres. Une question étant posée à M. Godin, celui-ci se fait fort d'en obtenir la solution en s'adressant à celui des membres de l'Encyclopédie lé plus apte à y répondre. La Société compte déjà quatre mille adhérents; quoique les dons y soient reçus avec plaisir, il n'est dû aucune cotisation. M. Du Roure demande à nos collègues de prêter leur concours à cette Encyclopédie ; pour plus amples renseignements, s'adresser à M. Eugène Godin, à la Bibliothèque Nationale, salle publique de lecture, 58, rue Richelieu.
M. Bouland présente aux assistants Tœuvre de notre savant collaborateur G. Carlander, de Stockolm : « Svenska Bibliotek Ex-libris » composée de six gros volumes in-8'^, comprenant 3.102 pages de texte, avec 483 illustrations. G'est indubitablement l'ouvrage le plus considérable et le plus curieux qui ait été publié jusqu'à ce jour sur les marques de bibliothèque : nous offrons sans tarder à l'auteur nos plus sincères félicitations, nous réservant de publier ultérieurement un article spécial sur ce remarquable travail. — Sont ensuite communiquées : la Revue Héraldique historique et Nobiliaire^ n® 2, février 1904, et la Rivista del Collegio Araldico, anno II, n® 2 : puis la réunion se termine comme d'habitude par l'examen et l'attribution des Ex- libris ou autres pièces apportées à cet effet. Le Secrétaire^ F. Garéme.
PRIÈRE DE GOMMUNIQUER
Un de nos collaborateurs sollicite pour un travail en préparation la com- munication de l'Ex-libris du Lieutenant-Golonel de Belissen. Au cas où le possesseur de cette pièce refuserait de s'en dessaisir pour un très court délai, on serait heureux d'en avoir au moins une photographie (avec les dimensions exactes) dont on payerait les frais. Pour éviter des transports successifs et la perte de temps, on pourrait communiquer l'original au Secrétaire de la Société, M. F. Garème, 13, rue de Mézières, qui ferait exécuter la reproduc- tion sans retard. Gaston Jourdanne.
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ARCHIVES DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DES COLLECTIONNEURS D EX-UBRIS. > N* 3. — MARS 1904
Planche 5
Onzième Année. — Page 35.
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Existe-t-il un Ex-libris de Florian, le fabuliste? Si Tun de nos confrères en possédait un exemplaire, serait-il assez aimable pour nous le confier en vue d'une notice dont bénéficieraient les Archives"! Voici les armes de Claris de Florian : « D'or à une aigle éployée de sable, au chef d'azur chargé d'un soleil d'or ». Prosper Falgairolle,
Archiviste de la Ville de Vauvert (Gard).
LES EX-LIBRIS DE LA FAMILLE DE MAHUET
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;.?>^i,*/^JiVgy^ famille de Mahuet, d'origine lorraine, eut plusieurs de ses membres fixés au commencement du xvi^ siècle en Bourgogne, en Champagne et à Avignon. Toutes ces branches sont éteintes. p]lle porte : Ecartelé : aux i et 4^ d'azur à une tour d'argent crénelée et maçonnée de sable accompagnée de 3 croix fleu- ronnées d'or [Mahuet de France) ; e/, aux 2 et 3, d'azur à
3 besants d'or posés 2 et i ; au chef d'argent chargé d'un léopard de gueules,
armé, lampassé et allumé de sable.
Le duc Henri II permit, par un arrêt de son Conseil d'Etat du 26 juillet
1620, aux Mahuet* d'écarteler leurs armes de celles des Mahuet de France
dont ils avaient prouvé être issus.
Ceci pour faire connaître le plus ancien Ex-libris de cette famille qui figure
dans V Armoriai de Segoing, planche 139. La seule différence qui existe entre
TEx-libris et la planche indiquée se trouve dans Finscription. En effet, TEx-
lîbris, qui fait partie de la remarquable collection de M. de Remacle, porte
Finscription suivante :
M'"^ De Lauisez et Af"'^ De Florantin son espouse.
La planche de Segoing porte sur deux banderoUes, séparées du reste de la gravure par un trait, les deux noms : De Lavises. — De Florentin-Mahuet. Plus bas, à droite, la signature P. Nolin. Or, chose curieuse, ces deux vignettes ont été tirées sur la même planche, et c'est TEx-libris qui en est le premier état. En effet, un examen attentif permet de voir, aux environs du trait infé- rieur, les vestiges, du reste plus qu'à demi elfacés, de l'inscription de TEx-Iibris. Pour nous il rentre dans la catégorie de ces pièces, encore assez nombreuses, qui n'ayant pas été primitivement gravées pour cet usage ont néanmoins été collées dans leurs livres par les propriétaires eux-mêmes et qu'on pourrait appeler des Ex-libris éventuels. Nous ne nous attarderons pas plus long- temps sur cette pièce, car nous ne connaissons point de détails sur ses pos- sesseurs, sinon qu'ils appartenaient aux Mahuet de France, comme il en appert par le blason.
1. Les Mahuet avaient déjà bénéficie en Lorraine d'un anoblissement du temps du duc Charles 111. Voii' Dom Pelletier, Armoriai de Lorraine, p. 508 et suivantes.
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Le possesseur des deux Ex-libris que nous reproduisons plus bas fut un des personnages les plus marquants de cette famille qui fournit cependant bon nombre de serviteurs de la Lorraine : Jean-Baptiste Christophe de Mahuet, baron du Saint-Empire, seigneur de Drouville, Saulcy, Champel, etc., pre- mier président de la cour Souveraine, ministre plénipotentiaire, naquit à Nancy le 14 mars 1649. Il était le cinquième enfant de Jean de Mahuet, écuyer du Saint-Empire, seigneur de Coyviller, Champel, Lupcourt, Saulcy, etc., maître échevin de Nancy, ensuite lieutenant civil et criminel, et de Jeanne d'Hoffelize \
Jean de Mahuet, son père, avait obtenu, en 1665, la survivance de sa charge de lieutenant civil et criminel pour son fils aîné, Marc-Antoine "•^, ce dernier ayant été appelé auprès de Charles IV, il fît, en 1676, la résignation
de cette charge et en obtint du duc la survivance pour son autre fils : Jean- Baptiste, avocat.
Pour connaître les différentes fonctions que ce dernier fut chargé de rem- plir et la manière dont il est jugé par les historiens lorrains, il suffit de citer quelques extraits de leurs ouvrages :
« Jean-Baptiste de Mahuet, dit Michel, Biographie du Parlement de Metz. p. 341, avait été lieulenant civil et criminel à Nancy en 1676, et président au présidial de Toul en 1686. Il fallait avoir servi dix ans dans une cour sou-
1. lioffolizc : Gyronné d'or ef d'azur de 42 pièces; sur le tout d'argent à une rose de gueules^. chargée d'un perroquet d'or,
2. Marc-Antoino de Mahuet, écuyer, seigneur de Lupcourt, Coy.viller, Oley, Champel, etc., con- seiller secrétaire d'État, premier ministre de S. A. R., intendant de son hôtel et de ses finances, était né le 7 février 1043. 11 mourut le 5 juin 1717.
" Marc- Antoine, Baron du Saint-Empire, frère du président de Mahuet, avait suivi Charles V « dans ses guerres contre les Turcs, avait eu part à ses victoires, s'était signalé dans l'armée « impériale au siè^e de Philipsbourg en 1676. Le duc Léopold, rendu à ses Etats, se souvint du « guerrier qui avait combattu sous son pore, donna au Baron de Mahuet les charges de ministi*e « secrétaire d'Etat et d'Intendant général de ses finances, et de plus sa confiance ; son crédit était « immense, son autorité sans bornes, le peuple l'avait passé en proverbe, et ce qu'il y a d'éton- « nant et qui quelquefois a manqué aux meilleurs ministres : on en parlait sans se plaindre. » Notice des hommes illustres : Histoire de Lorraine, par l'abbé Bexon. p. 331. Voir aussi Digot^ Histoire de Lorraine, t. VI, p. 106. Il avait épousé en 1678 Marie-Anne de Richard.
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veraine pour être pourvu d'une place de président à mortier dans un Par- lement. Jean-Baptiste de Mahuet, homme d'un grand mérite, obtint des dis- penses de services et fut reçu président au Parlement de Metz le 19 juillet 1691. Quand la Lorraine fut rendue au duc Léopold, Jean-Baptiste de Mahuet fît comme le conseiller Rennel de Lescul, et comme les avocats Bourcier et Drouville, il quitta le Parlement de Metz pour s'attacher au nouveau duc de Lorraine, et il. résigna sa charge de président en faveur de M® Dominique- Hyacinthe de Taillefumyr *. Le baron de Mahuet devint conseiller d'État et premier président ^ de la Cour souveraine de Lorraine et Barrois le 8 avril 1699. Il fut quatre fois envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire près de Louis XIV et Louis XV, et il mourut à Paris en 1721, dans le cours des négociations dont il était chargé, » Il fut enterré à l'église Saint-André- des-Arts, à Paris.
Le président de Mahuet est Tauteur d'un Commentaire de la coutume de Lorraine, ouvrage très apprécié autrefois et resté manuscrit. Le 7 février 1678, il reçut, en même temps que son frère Marc-Antoine, de l'empereur Léopold le titre et la dignité de libre baron du Saint-Empire.
Il avait nommé pour exécuteur testamentaire son neveu l'abbé de Mahuet à qui il légua sa bibliothèque '^ : Jean-François de Mahuet, prêtre docteur en droit civil et canon, protonotaire du Saint-Siège, vicaire apostolique de la principauté de Lixheim, abbé commendataire de Sturzelbronn ^, prieur de l'abbaye de Fro ville, grand prévôt de l'insigne église collégiale de Saint- Georges, grand prévôt de Saint-Dié, était né en 1680 et mourut en 1740. D'après son testament, sa succession fut partagée entre ses frères et proba- blement sa bibliothèque, ce qui expliquerait qu'à ce moment nous voyons
i. Dominique-HyacinUie de Taillefumyr, éciiyer, seigneur de MoranviUé, elc, né à Sainl-Mihiel en 1604, mort à ^Jetz on 1753, eut deux Ex-libris gravés. Armes : De gueules à trois têtes de lion d'or posées en handc entre deux cottices d'argent.
2. H succédait au président Canon.
3. Elle devait être installée dans le bel hôtel qu'il s'était fait construire à Nancy, rue Çaint- Dizier, sur les plans de BofTrand, L'abbé Lionnaîs, t. II, p. 438, en donne une longue description.
4. Près de Bitche. 11 existe un Ex-libris assez rare de cette abbaye.
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plusieurs Ex-Iibiis. D'abord un autre élat de celui reproduit page 36; il diffère simplement par Tadjonction, en très petits caractères, à gauche, en bas, des trois lettres Lup. Est-ce une signature du graveur? Est-ce le commence- ment du nom de Lupeourt? Nous Tignorons.
Puis un autre Ex-libris, de même style; il est plus petit et Técu a une forme ovoïde plus allongée (voir page 37).
Enfin TEx-libris ci-dessous gravé par Nicole, dont il existe une mauvaise copie de Tépoque. Cet Ex-libris, gravé par Nicole en 1744, qui rappelle le style fort en faveur en Lorraine à ce moment ^ fut fait pour : Charles-Ignace de Mahuet, baron du Saint-Empire, comte de Lupeourt, seigneur de Drou ville, Saulcy,
etc., chambellan, conseiller d'État, était né le 31 avril 1679. Il eut pour par- rain Charles IV, duc de Lorraine, et pour marraine Éléonore-Thérèse d'Au- triche, reine douairière de Pologne. C'était le frère de Tabbé Jean-François de Mahuet, à qui son oncle le président de Mahuet, « l'un des grands magis- trats et des grands ministres du règne de Léopold, l'un des hommes de con- fiance d'un prince qui ne la donna jamais qu'à la vertu » (abbé Bexon), avait légué sa bibliothèque. Il reçut un brevet de chambellan en 1706, puis fut nommé conseiller secrétaire d'Etat le 15 juillet 1714, plus lard il reçut une commission de conseiller au conseil des Finances. Il remplit de nombreuses missions et fut souvent envoyé extraordinaire. Voici, d'après ses papiers^ quelques-unes des missions dont il fut chargé : *
1. La décoration si remarquable de la place Stanislas, à Nancy, exécutée par Jean Lamour, est absolument caractéristique, et Nicole a certainement sacrifié au goût du jour en composant cette vignette.
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Eu 1723, il est nommé, avec M. de Kieckler, grand-maître des eaux et forêts de Lorraine, pour aller dans les Trois Evèchés et sur les frontières de Lor- raine, afin de procéder avec les commissaires de la France à la séparation et au règlement des limites des deux états.
Après le traité de Paris, que son oncle le président de Mahuet avait habi- lemeul négocié, il fut aussi chargé, ainsi que M. Protin, conseiller d'État et le président d'Hoffelize, de délimiter la frontière entre la Lorraine et les Trois Evêchés. Ce travail dura de 1728 à 1730.
Puis il fut envoyé pendant un an à Bar en 1730, les Barrisiens refusant de payer le don de joyeux avènement. En 1733, la Régente Tenvoya près de Farmée française pour la tenir au courant de ce qui s'y passait.
A la mort du duc Léopold, ce fidèle serviteur des princes lorrains écrivit k celui qui allait devenir François III pour lui fair.e connaître la part qu'il prenait à la perte qu'il venait de faire. Voici ce que François III lui répondit :
« A Luxembourg, le 25 may 1729.
« Comnie j'ay toujours remarqué avec plaisir, Monsieur, votre attachement « et celui de votre famille pour la personne de feu monseigneur et père, je « me persuade aisément que vous aves regretté la perte que j'en ay faite « dans toute son étendue en partageant avec moy la vive douleur qui m'est « résulté, je chercheray les occasions de vous faire connaître ma sensibilité « et mon estime. » .
Charles-Ignace fit partie du conseil de Régence avec le comte Lebègue, garde des sceaux; le baron de Coussey, secrétaire d'Etat, contrôleur général des finances; le baron de Gircourt, conseiller secrétaire d'Etat; M. Reboucher, conseiller d'Etat; M. de Tervenus, conseiller d'État, maître des requêtes; M. Protin, conseiller d'État, maître des requêtes; M. Dubois de Riocour, conseiller d'État, maître des requêtes; M. de Rennel, conseiller secrétaire d'Ktat. et M. de Rouvroy, conseiller secrétaire d'État.
Il fut créé comte de Lupcourt le 2 janvier 1719. Il avait épousé le 7 mars
1712 Marie-Nicole d'Hoffelize-Liégeois, dont il eut 14 enfants, qui n'eurent
pas de postérité. Il mourut le 9 avril 1760, à l'âge de 81 ans, et fut enterré
dans la chapelle de sa famille, aux Minimes. L'abbé Lionnois, dans son
Histoire de Nancy ^ cite l'inscription qui était gravée sur son tombeau.
Cette famille compte de nos jours des représentants, entre autres le posses- seur des deux Ex-libris reproduits en hors texte.
Le comte Antoine de Mahuet, baron du Saint-Empire, né le 26 septembre 1866, est le fils de Charles-Louis-Constantin, comte de Mahuet*, baron du Saint-Empire, et de Anne de Guyon^. Il épousa, le 26 janvier 1898, Yvonne- Marie-Joséphine Le Preud'homme de Fontenay ^.
1. Dont une sœur, Amélie de Mahuet, avait épousé Victor Guyot de Saint-Remy qui possédait 2 Ex-libris, lithogTa|)hiés tirés on bleu: l'un aux armes simples des Guyot de Saint-Remy : D'azur à La ruche d'or environnée (rabeilles du même, au chef cousu de gueules chargé d'une couronne ducale d'argent) le second portant ces armoiries accolées à celles des Mahuet.
2. Gu von : Coupé d'azur et d'or à deux léopards passant et contre-passant de fun en Vautre, à la bordure engrélée du même.
3. lï existe un Ex-libris gravé par Nicole aux armes de cette famille : De gueules à trois chevrons dPor^ au chef cousu d'azur, chargé d'un lévrier passant d'argent.
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Le comte Antoine de Mahuel, bibliophile émérile et collectionneur distin- gué, a tenu à ce que la décoration de son Ex-libris, due à la pointe habile de A. Monnier, rappelât ce qu'il affectionne : la vignette centrale, variante de la tentation de saint Antoine, indique à la fois la remarquable collection de tentations que possède le comte Antoine de Mahuet et son goût pour les belles reliures; le chardon, emblème de Nancy, fait connaître la ville qu'il habite, capitale de la Lorraine, dont nous voyons aussi la croix à double traverse. En haut, les armes; en bas, la couronne à 7 perles de baron du Saint-P^mpire *. Le second E]x-libris dont il se sert, purement héraldique, lui a été fait et composé par le modeste auteur de cet article.
Edmond des Robert.
UN EX-LIBRIS BERRICHON
OUS n'avons pas rencontré Tintéressant Ex-libris reproduit ci-contre dans un livre dont il fut aisé de reconstituer l'histoire, mais bien dans les pièces manuscrites conservées au Cabinet des Titres de d'Hozier, à la Bibliothèque Nationale 2, sur la famille Gibieuf. C'est dire que si cet Ex-libris a été gravé pour un membre de cette famille, dont il porte du reste les armes ^, nous ne saurions de prime abord, préciser celui qui en fut le propriétaire. Le cartouche renaissance sur lequel est posé Técusson, la présence d'un seul support et l'allure générale du dessin nous portent à croire qu'il a dû être exécuté entre 1600 et 1650, opinion qui ne peut qu'être confirmée par l'absence de hachures régulières pour spécifier les couleurs du blason, et par la devise grecque : nONOZ EYKAEIAZ FIATHP — le travail est le père d'une bonne réputation — car chacun sait qu'on ne trouve pour ainsi dire presque plus de devises en cette langue après la pre- mière moitié du xvii® siècle.
Or, en étudiant la généalogie de la famille Gibieuf, on rencontre un de ses représentants qui semble — si les approximations de dates que nous venons d'indiquer sont exactes — avoir dû être le possesseur de l'Ex-libris en ques- tion, c'est Pierre Gibieuf^ né vers 1580, conseiller au siège présidial de Bourges, élu échevin ^ en 1620, continué en 1621 ; qui épousa le 31 août 1609 Perret le Marion \ fdle de Jehan Marion et de Marie Portebidien. Les échevins de Bourges étaient des hommes de riche bourgeoisie, à qui leur charge confé-
1. M. de Mahuet nous prie de faire savoir qu'il ne désire échanger cet Ex-libris, gravé à Teaii- forle, que contre un E\-hbris ancien, ou au moins une pièce équivalente.
2. Celte pièce ne figure pas à la collection des Ex-libris du Cabinet des Estampes de la B. N.
3. />'or, à la fasce de sable soutenue d'un chevron de gueules brochant sur le tiers de la fasce; accompagnée en chef de deux cages de sinople et en pointe d*un trèfle du même.
4. Cf. Thaumas do la Thaumassière, Histoire généalogique de Berry.
5. Marion : D'azur à une étoile d'or soutenue d'un croissant d'argent. Portebidien : D'argent au chêne arraché de sinople.
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ARCHIVES DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DES COLLECTIONNEURS D'EX-LIBRJS. N» 3. — MARS 1904
Planche Q
Onzième Ankée. — Page 40.
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rait du reste la noblesse héréditaire; généralement instruits, curieux de science et de littérature, Pierre Gibieuf ne serait pas le seul d'entre eux à avoir possédé une bonne bibliothèque et un Ex-libris intéressant. Nous devons cependant dire qu'aucune raison péremploire ne prouve ce que nous avançons, et que ses frères aines, François ^ docteur en médecine à Bourges, Edme, con- seiller du Roi, contrôleur général du taillon en Berry, et Guillaume^ bachelier en théologie, ont pu aussi bien que lui faire graver cette pièce. Peut-être même pourrait-on bien admettre que François Gibieuf^ écuyer, seigneur de la Paye, fils de Téchevin (ie Bourges, qui naquit en 1610 et mourut le 12 mai 1 699,
ayant été avocat du Roi au bureau des finances de Bourges, s'en est aussi servi. Il avait épousé Catherine Bengy ^ fille de Pierre Bengy, écuyer, seigneur de Vizy, et de Claude Fradet de Chappes ; nous ne pensons pas que ce soit lui qui ait fait exécuter cet Ex-libris, ce serait en reporter la date vers 1650 et la facture nous en paraît plus ancienne. La découverte d'un livre encore muni de cet Ex-libris pourrait par sa date trancher cette question, et nous serions reconnaissant aux amateurs de la région qui voudraient bien faire quelques recherches à ce sujet.
Celte famille Gibieuf devait être originaire d'Auvergne^; le premier qui nous soit connu est Pierre, bourgeois de Bourges, grand-père de celui à qui
•^
i . Bengy : D'azur, à 3 étoile» cT argent. Fradet : D*or à 3 dards de sable.
2. En patois auvergnat on nommait les cages semblables à celles que portent les Gibieuf dans leurs armes des gibiolles; aujourd'hui on les désigne sous le nom de jahiolles.
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nous attribuons l*Ex-libris; elle arriva à la noblesse dans la personne de réchevin, et s'éteignit en 1869 avec Pierre-Charles Gibieuf de Chappes, après avoir pendant quatre siècles, vécu à Bourges, et s'être alliée à toutes les graiides familles consulaires de la capitale du Berry.
Henri de la Perrière.
EX-LIBRIS DE GHAPPET
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ES auteurs de la Noblesse aux Etais de Bourgogne n'ont pas connu les armes des Chappet; voici d'ailleurs la courte notice qui leur est consacrée : « Nous ne connaissons de « cette famille que N. Chappet, procureur du roi à Aulun, « dont la fille Guillemelte épousa Nicolas de Montholon, « d'abord procureur au même bailliage d'Autun, puis lieute- « nant-général à Beaune, et enfin avocat général au parlement de Dijon en « 1493. »
Dans le Parlement de Bourgogne^ de Pierre Palliot, on trouve en effet, page 334, que Nicole de Montholon, conseiller du roi, fut reçu second avocat général le 16 mars 1493 : *< Par sa réception il quitta l'office de lieutenant K général au bailliage d'Autun qu'il exerçoit lors, et duquel il avoit esté pour- H veu par la desmission de François Chappetle, son beau-père, en faveur de (( son mariage avec Jeanne (?) Chappette sa première femme. » L'Armoriai de la ville d'Autun, par M. H. de Fontenay, donne pour armes aux Chappet : De gueules, à cinq merlettes d'argent, posées 2, S et i ; à un lambel du même en chef et une étoile dor en cœur. Ces armes, dit cet auteur, étaient peintes et sculptées en divers endroits de la cathédrale d'Autun.
Il semble extraordinaire que cette famille, entrée aux Etats de 1668, n'ait pas subi un jugement de maintenue et ne figure pas dans V Armoriai de Bourgogne et Bresse, in-plano, de Chevillard. A défaut de Chappet on trouve un Chappel, seigneur de Curbi, de Cartel et de Clos, maintenu en 1669 et dont les armes sont : D'or, à cinq merlettes de sable, posées en sautoir. Uielstap, dans son Armoriai Général, donne les mêmes armes àChapel, avec l'indication banale d'origine, France. On sait que si Chevillard était un admi- rable graveur héraldiste, il était aussi un pauvre grammairien ; sous son burin les noms patronymiques sont parfois défigurés et les noms de fiefs sont le plus souvent méconnaissables. Or dans la noblesse bourguignonne du xvii*^ siècle, on ne trouve nulle part de Chappel, et les seigneuries de Curbi, de Cartel et de Clos sont introuvables dans notre province. Malgré la grande différence entre les armes données par Chevillard et celles de Y Armoriai de la ville d'Autun, l'identification des Chappel avec les Chappet était tentante, mais la preuve manquait ; un Ex-libris devait mettre sur la voie.
Cet Ex-libris anonyme de la fin du xvii® siècle ou du commencement du xviii*^ porte les armes attribuées par Chevillard à Chappel, et en plus : Un chef
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(Tazur^ chargé dun lion dor^ armé el lampassé de gueules^ tenant de la patte dextre un coutelas d argent^ garni d'or^ et de la senestre un bouclier rond dargent. Ces armes très caractéristiques sont celles de la famille d'Es- tany (voir Armoriaux précités), dont le nom s'écrit aussi Estagny, Destany, de Tagny; une pièce orignale publiée dans, une monographie devait faire trouver le point de jonction des familles Chappet et d'Estany.
Dans la Notice sur Beurizot^ par Isidore Gazet, on lit page 104 : « Acte o passé par-devant Dominique Gassière, notaire royal à Beurizot, en 1712, le <c 8 octobre, au village de Lignières :
« Fondation faite au profit de Frontin, curé de Saint-Beury, et pour ses « successeurs, par Pierre-François de Moncrif, écuyer, demeurant au dit
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« Lignières ; maître Jean Resserre, imprimeur ordinaire du roi à Dijon, y « demeurant, et de son autorité damoiselle Jeanne Clève de Chappet, son <c épouse ; Jacques Coustier, mllître apothicaire et chirurgien, demeurant à « Vitteaux, et de son autorité damoiselle Toussaine de Chappet, son épouse; « Le dit de Moncrif, les dites damoiselles de Chappet, serviteurs de dame M Claude Destany, leur ayeulle, d'une part, etc. » Dans cet acte le curé de Saint-Beury se plaint que le revenu de deux journaux de terre est insuffisant pour satisfaire aux quatre messes basses fondées il y a soixante ans environ par la dame Destany. Les damoiselles de Chappet consentent à ce que le nombre des messes soit réduit à deux par an ; puis le sieur de Moncrif fait une fondation nouvelle pour quatre autres messes basses à dire pour lui et pour dame Barbe de Riollet, son épouse.
D'autre part, dans Mss. Fonds Baudot 140, Recueil de généalogies^ de la Bibliothèque publique de Dijon, on trouve Chapel, portant, comme dans Che- villard, les armes aux cinq merlettes en sautoir, famille maintenue en 1666 (!)
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et dont la généalogie se termine ainsi : « Claude Chapel, écuyer, sgr de « Courtielos, capitaine de cent hommes au régiment de Bussy, marié à « Claude d'Estany, dont : 1^ Charles, sgp de Courtielos ; 2^ Pierre, écuyer; « sgr de Courtielos. »
Du rapprochement de ces divers documents, il résulte que les Chapel, Chappel, Chappet et Chappette ne sont qu'une même famille et que le vrai nom à leur restituer est Chappet. D'après la fondation rapportée ci- dessus, Claude Chappet aurait eu aussi de son mariage avec Claude ou Claudine Deslany, une fille qui épousa M. de Montcrif ^ Ses deux fils, Charles et Pierre, ne laissèrent pas d'enfants mâles et cette famille était alors bien déchue puisque les dernières héritières épousèrent deux modestes bourgeois, un imprimeur et un chirurgien ; on peut donc admettre qu'elle s'éteignit au com- mencement du xviu® siècle. Ce sont les seuls renseignements que l'on trouve sur cette famille.
L'Ex-libris dont il est question appartient indubitablement à Tun des fils de Claude Chappet, mais on ne saurait affirmer auquel des deux.
Léon Quantin.
EX-LIBRIS DE BENOIT MAUGUE
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PPRENANT que, depuis le travail sur les Ex-libris d'Au- vergne, paru dans les Archives de la Société, en août et septembre 1903, nombre de collectionneurs rejettent l'Ex- libris de Benoît Maugue, je crois devoir leur dire ce que je sais louchant la bibliothèque de ce personnage, mon grand-oncle par alliance. La petite vignette anonyme et armoriée, portant un écusson ovale : D'azur^ à la fasce d'or, accompagnée en chef de trois étoiles d^argent^ et en pointe d'un chevron du niême^ surmonté dune couronne de comte et entouré du collier de Saint-Michel^ est bien un Ex-libris. C'est celui de Benoît Maugue d'Ennezat, médecin des hôpitaux d'Alsace.
Sa bibliothèque comprenait environ 3.000 volumes sur la médecine, les sciences et Thistoire, dont un certain nombre fort rares. Elle passa par alliance aux familles de Chamerlat de Bourassol et Fouet de Rouziére, et, par suite de partage, plusieurs membres vendirent leur lot aux bouquinistes de Clermont-Ferrand. Il n'y a pas bien longtemps, on en rencontrait encore des épaves sur le marché de cette ville. Tous étaient revêtus de l'Ex-libris de Benoît Maugue, et j'ai moi-même décollé une cinquantaine de ces vignettes sur de vieux livres en vente chez un libraire de la rue Grégoire-de-Tours. Presque tous les bibliophiles d'Auvergne connaissent cet Ex-libris, ou pos-
\. Jacques de Montcrif, sgr de Bellenod et Saulcy, marié à Louise-Françoise de Chapet, fille de Claude, sgr de Courtielos, et de Claudine d^Estany {Recueil de généalogies^ Mss. Fonds
Baudot, 140, article Montcrif).
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sèdenl dans leur bibliolhèque des livres revêtus de cette marque, dont le dessin fut sans doute copié par Benoît Mangue, sur des plats d'argent que le roi Louis XV lui avait donnés. Le vicomte Th. d'Aurelle a hérité de la plaque ayant servi au tirage de FEx-libris et Ta encore en sa possession. Il s'en est servi pour illustrer une notice sur Benoît Maugue, publiée à Clermont en 1884 *. ^
Benoît Maugue était né en Auvergne, à Saint-Amant-Lacheyre (aujour- d'hui Saint-Amant-Tallende), le 20 juillet 1657, de Jean Maugue et de Françoise Guyot. Médecin militaire, il suivit les armées royales, assista à la défense de Mayence, fut chargé de la direction des hôpitaux de Landau et de Strasbourg, et créé en 1705 inspecteur général des [hôpitaux du Roi dans la province d'Alsace.
Le duc de Bourbon, pensant à la princesse Marie, fille du roi Stanislas, pour Louis XV, le chargea, en 1725, de s'informer si la santé de cette prin- cesse était bonne, et, trois mois plus tard, lorsque Marie Leczinska fut
couronnée reine de France, il lui faisait don, au nom du Roi, d'un magnifique service de vaisselle plate, encore en partie chez ses descendants. En récom- pense de ses services et aussi des soins donnés à la Reine, Benoît Maugue fut créé chevalier de Saint-Michel le 10 septembre 1729.
Deux ans avant, il avait acheté dans la Limagne la vicomte d'Ennezat et d'Entraigues, provenant de la succession de Law et dont il prit le nom. Retiré à Clermont, où il habitait paroisse Saint-Genest, ce grand vieillard, à la figure fine et empreinte de bonté, y vécut jusqu'à l'âge de 92 ans, entouré du respect de ses concitoyens et de l'affection de ses neveux. Il était resté en rapport avec tous les esprits cultivés de son époque, et le Roi, pour lui témoigner son estime, lui octroya la noblesse personnelle, par lettres patentes du 24 mai 1741 ; jusque là il avait joui de la noblesse attachée à la charge de conseiller secrétaire du Roi.
Benoît Maugue d'Ennezat mourut à Clermont-Ferrand le 30 mars 1749, et fut enterré dans Féglise de Saint-Amand-Tallende. Par son testament, il
1. Ceci explique les doutes des collectionneurs h Tégard de certains exemplaires de TEx-libris, yc /
mais ne justifie pas l'erreur du nom de Mauzac au lieu de Maugue, relevée dans la livraison de de nos j1/t/ " es hôpital
novembre 1903 de nos Archives, page 164, non plus que celle de médecin du duc de Lorraine, au lieu de médecin des hôpitaux d'Alsace. (Rédaction).
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laissait toute sa fortune, y compris sa bibliothèque, à ses neveux, Pierre et Jean Massis, à charge pour ceux-ci de prendre son nom et ses armes.
Plus tard, au début du xix® siècle, par suite d'une alliance avec les Maugue-
Massis d'Ennezat, la famille de Chamerlat de Bourassol hérita d'une partie de
CCS livres. Ils vinrent grossir la bibliothèque fondée par Benoît de Chamerlat
el pour laquelle il avait fait graver TEx-libris reproduit ici.
•: • La plaque est encore en possession de la famille, mais je ne sais pour quelle
•^4.^ raison fort peu de livres furent revêtus de cette vignette. La plupart portaient
.>• sur la garde la seule signature : Chamerlat L. g^, que Ton voit du reste sous
K • les armoiries de TEx-libris reproduit ci-contre. Je connais une dizaine
». *■ •
• d'exemplaires de ce dernier; il n'est jamais sorti de la famille et par consé- quent est fort rare.
Benoît de Chamerlat, écuyer, seigneur de Bourassol, lieutenant général en la sénéchaussée et siège présidial de la ville de Clermont-Ferrand, assista à
?^. rassemblée de la noblesse de cette province en 1789; il était également
Président-Trésorier de France au bureau des finances de la généralité de
g^iv. Riom et était né à Billom, vers 1735, de Jean-Joseph de Chamerlat, écuyer,
Président-Trésorier de France à Riom, et de dame Françoise Sauvagnon. Il avait épousé, le l®** octobre 1775, Anne Fournier de la Brugère, fille de messire Claude Fournier de la Brugère, écuyer, et de dame Marguerite Dumas de Chalandrat. Sa bibliothèque est encore dans la famille de ses descendants. De Remacle.
Nous prions nos collègues de vouloir bien chercher dans leurs collections s'ils trouveraient un Ex/-libris, héraldique ou non, d'Alexandre Savérien, mathématicien distingué (1720-1780), auteur de V Histoire des philosophiesl Pour faciliter les recherches, nous rappelons que les armoiries de sa famille sont : D'azur^ à une cygogne?... d argent^ sur une terrasse de... ?
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QUESTION
MARSILL.Y. — [N' 296)
J'ai trouvé il y a quelque temps un petit Ex-libris obtenu au moyen d'un cuivre découpé à jours, autrement dit fait au pochoir, dont j'envoie le cliché pour le faire passer comme question dans les Archives. Les armoriaux que je possède n'indiquant aucune famille portimt le nom de Marsilly, j'ai cherché sans plus de succès à Marcilly. Il est possible que ce nom soit celui d'un châ- teau pour la bibliothèque duquel on aurait fait cet estampage ? J'ai donc recours à l'obligeance et à l'érudition de nos collègues pour cette question
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-îj^îsâf
^. Marsilly r^-.
qui m'intrigue, car si les Ex-libris de cette espèce manquent du cachet d'art si cher à certains d'entre nous, ils n'en ont pas moins d'intérêt pour cela.
J, V.
RÉPONSES
DAMPOIGNÉ (N- 265.) — [10« année, page 175.]
1^ On trouve dans V Essai sur r Armoriai de V ancien diocèse du Mans^ par A. de Maulde (i vol. in-12, Le Mans, 1865, p. 173), le passage suivant :
« René d'IIéliant, sieur de la Gravelle, 1698, conseiller du Roi, président en la sénéchaussée de Château-Gontier, allié avec la famille de la Porte. La veuve d'Hélifint d'Ampoigné se fît représenter à rassemblée de la noblesse (lu Mans en 1637... Armes : D'or^ à trois aigles d'azur^ becquées et onglées de gueules.,. »
2« Dans le Catalogue des gentilshommes qui prirent part aux assemblées delà sénéchaussée du Mans en 1789, on trouve : *< Dame Elisabeth-Victoire- Eléonore de Montclair, veuve d'Augustin-Philippe d'Héliand d'Ampoigné, dame de la paroisse de Saint-Fraimbault. »
3^ Dans V Armoriai général de V Anjou de Jules Denais (tome II, p. 182) : « Héliand (d') d'Ingrandes,... d'Ampoigné,... dont René, chevalier de Saint- Louis, commandeur de l'ordre de Saint-Lazare en 1789... » Mêmes armes
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que ci-dessus, et plus bas : « Un sceau du mss. 993 donne à René : « D'azur^ h trois aigles d'or. »
i^ Dans le Répertoire de la Gazette de France du marquis de Granges de Surgères (tome II, col. 654) : « Iléliand. 1769. Henry-René d'Héliand d'Ampoigné, officier aux Gardes françaises, est reçu chevalier de Saint- Lazare dans le chapitre tenu le 16 décembre. » C'est à ce dernier que devait appartenir TEx-libris. C*® Arthur de Bizemont.
L'Ex-libris en question est celui d'un membre de la famille d'Héliand d'Ampoigné (Marie) qui porte : D'or, à 3 aigles d'azur^ becquées et onglées- de gueules S et i . L'inversion des émaux est due soit à une erreur de gra- veur, soit à une brisure de cadet; cette dernière explication me paraît la plus^ vraisemblable. Il existe un autre Ex-libris, gravé par Gossard, pour un
BIBLIOTHEQ.t^ D'HELIAND. h
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d'Héliand et portant l'inscription suivante : De la Bibliotheq® | De M*" le C^® D'Héliand. Cette pièce porte les vraies armoiries : D*orj à 3 aigles d'azur, avec^pour brisure^ en chef^ un lambel de gueules; Vécu surmonté du chef de saint Lazare et de Notre-Dame-du-Mont-Carmel et entouré des insignes de TOrdre. Cet Ex-libris, que nous donnons ci-dessus, a été gravé pour Henri-René, C^® d'Héliand d'Ampoigné, reçu Chevalier de Saint-Lazare le 16 décembre 1769 et Commandeur de 2® classe en 1787 (voir à ce sujet le Bulletin héraldique de France^ 1898, col. 652). Je ne serais pas étonné que TEx-libris objet de cette question ait été gravé pour le même personnage, mais ^f^ * •' -avant 1769. De Remacle.
Le nom patronymique des d'Ampoigné est sûrement d'Héliand (en Anjou). Références : longue généalogie dans dossier bleu 515, art. Le Pelletier, généalogie dans Angot : Dictionnaire de la Mayenne^ tome P^, art. Ampoi- gné; Héliand d'Ampoigné, généalogie française manuscrite 32388, p. 43. Il y a un Ex-libris d'Héliand aux Estampes et aussi un Ex-libris Dampoigné.
C*® Bon Y DE La VERONE.
Le Gérant, F. Carême.
MAÇON, PROTAT l-RÈRES, IMPRIMEURS.
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ii* Année. — N» 4
AvHiL 1904
COMPTE RENDU DE lA RÉUNION DU 24 MARS 1904
ETTE réunion, tout en n'ayant point à son ordre du jour des sujets aussi nombreux que la précédente, n'en fut pas moins fort intéressante pour les assistants, qui s'y étaient rendus en très bonnes disposi- tions : notre dévoué collègue F. Bargallo, retenu par ses devoirs professionnels, s'était fait excuser.
*
M. Bouland ouvre la séance en faisant part de la nouvelle perte que notre Société vient encore d'éprouver en la personne d'un membre dévoué, M. Maurice Himly (de Strasbourg), décédé le 7 octobre dernier, à Tâge de qua- rante-six ans. On se souvient que ce collabo- rateur généreux avait gracieusement offert à notre Revue le tirage de son Ex-libris pour illustrer le n^ 10 de l'année 1898 ^ et que cette composition y fut alors très appréciée. Tous ceux d'entre nous qui avaient eu l'occasion de correspondre avec lui ont gardé le meilleur souvenir de son obligeance courtoise et joignent leurs plus sincères regrets à ceux du Président.
Le Secrétaire fait savoir que notre correspondant M. Jean Grellet, Président de la Société Suisse d'Héraldique, va quitter Neuchâtel pour aller habiter à Saint-Gall (Suisse), et que c'est là qu'on devra lui envoyer les commu- nications s'adressant, soit à lui personnellement, soit à la Société qu'il dirige.
1. Voir page 452 du numéro du mois d'octobre 1898 des Archives de la Société des coUection- neur$ d'Ex'Ubris et de reliures historiques.
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Un Ex-libris qui a subi des grattages, et d'autres, anonymes avec ou sans armoiries, sont soumis au Comité pour trouver le nom de leurs propriétaires ; les assistants espèrent y arriver.
Le Vice-Président, M. Ed. Engelmann, présente un volume portant sur Tun de ses plats le chiffre J. C. de Tarchi-chancelier Gambacérès. Cette provenance est intéressante et indiscutable tout à la fois, parce que le livre porte une dédicace imprimée en or sur l'autre plat.
Un exemplaire du nouvel Ex-libris de M. Eld. Des Robert, dessiné par M. Pierre Ansart (d'Amiens), est offert à chacun des assistants sur l'indica- tion du titulaire, et le surplus remis au Secrétaire.
En prévision de son changement de domicile, qui va l'absorber et Tem- pécher de donner à la composition de notre Revue tout le temps qu'il y consacre d'habitude, M. Bonland prie tous nos collègues de se grouper autour des Vice -Présidents et du Secrétaire pour suppléer par une collaboration active à celle qui va, sinon manquer complètement, du moins être plus restreinte. Il explique, avec exemples à l'appui, les nombreuses et diverses manières qu'il y a de collaborer utilement à une Revue du genre de la nôtre. Ces explications, s'adressant tout aussi bien aux autres membres de la Société qu'à ceux du Comité, se trouvent réunies dans l'article qu'on va lire à la page 54, sous le titre Collaboration.
Différentes brochures et publications périodiques sont ensuite commu- niquées aux assistants, entre autres le n^ 3 (t. XVIII, 4® série) de la Revue héraldique j historique et nobiliaire, dont nous avons déjà entretenu nos lecteurs : (voir aux annonces sur le repli de notre carton custode.)
Les membres du Comité qui ont suivi la vente d'Ex-libris faite à l'hôtel Drouotle 26 mars 1904, par M. Loys Delteil, communiquent leurs impressions.
Enfin, pour ceux des nôtres qui n'avaient pu s'y rendre, M. Bouland donne quelques détails sur la seconde Réunion des Collectionneurs amateurs parisiens, laquelle a eu lieu le 24 mars dernier dans une salle réservée de la Taverne Henri IV ; les assistants y étaient déjà plus nombreux. Ces réunions promettent donc de devenir par la suite aussi utiles qu'agréables, puisque les objets à échanger ou à étudier ne sont pas limités à une seule catégorie : il engage tous nos collègues non seulement à en profiter pour leur compte personnel, mais encore à y amener leurs amis.
Le Secrétaire, F. Carême. >iWK
On nous a demandé dernièrement si l'expression Super-libris pouvait être employée couramment pour désigner les marques de propriété appliquées sur les plats extérieui»s des livres, avec un fer à dorer; et pourquoi l'on ne dirait pas Super-libros?
Nous pensons que l'usage qui a fait adopter Ex-libris pour signifier marque intérieure de propriété des livres, amènera insensiblement l'emploi de Super- libris pour désigner les marques extérieures : cette expression paraît plus appropriée que celle de fer de reliure usitée dans le même but et qui est plus longue. Le fer de reliure est l'instrument qui sert à imprimer la marque sur la couverture des livres, c'est la cause... Pour éviter toute
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ARCHIVES DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DES COLLECTIONNEURS D'EI-LIBRIS. - N* 4. — AVRIL 1904
Planche 7 ONZiixE Anm&b. — Page 51.
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COftîusion, Feffet, c'est-à-dire Tempreinte qui en est le résultat, doit donc porter un autre nom. Pour la seconde partie de la question, elle est tranchée par P. Danet dans son Magnum Dictionnarium Latinum et Gallicum..,,^ etc. ad usum Delphini. Lugduni, Deville, 1739 : « Super (dit-il) préposi- « lion qui gouverne l'accusatif lorsque Ton marque le mouvement pour passer « en quelque lieu, et l'ablatif lorsqu'il n'y a point de mouvement d'un lieu en u en autre, etc. » Or, dans le cas particulier qui nous occupe, l'empreinte une fois produite sur les plats des livres n'étant plus sujette à aucun déplace- ment ou mouvement, la préposition super doit gouverner l'ablatif, et c'est Super-libris qu'il faut dire.
EX-LIBRIS DE L. E. GANDOUIN
EXPERT ET ANTIQUAIRE
, RESQUE tous les amateurs contemporains ont connu cet expert d'humeur aimable et d'une grande obligeance ; dans les dernières années de sa vie, il était devenu Tun des lecteurs assidus de notre Revue, et avait réuni une inté- ressante collection d'Ex-libris. Celui qui se trouve dans la plupart de ses livres a été composé par H. Somm *, artiste bien connu et apprécié pour ses croquis parisiens; c'est une fantaisie qui rappelle par d'amusantes allégories les diverses branches des arts familiers au titulaire de la pièce : peinture, gravure, sculp- ture, mais le sujet principal est la bibliophilie représentée par une élégante' lectrice feuilletant un livre illustré devant cette petite bibliothèque qui forme le fond de la composition. M. Gandouin recherchait en effet pour ses études personnelles les livres sur les Beaux-Arts.
Louis-Ernest Gandouin né à Paris en 1841, y est mort le 24 avril 1901. Jeune il avait commencé à faire de la peinture et fut lauréat d'un des concours de la ville de Paris : ce qui explique pourquoi il débuta dans le commerce des objets d'art par celui des tableaux. En 1867, il avait fondé à Paris, vue Laffilte, un cabinet d'expertises ; par la suite il exerça aussi en province (1877) et devint par ses connaissances spéciales l'ami ainsi que le conseiller de bien des amateurs dont plus tard il fut appelé à vendre les collections.
En dehors de la peinture et de la sculpture françaises sur lesquelles il avait recueilli de nombreuses notes (malheureusement perdues aujourd'hui), il recherchait surtout, comme nous venons de le dire, les livres et publications sur les beaux-arts. On lui doit une étude sur le sculpteur Houdon.
M. Gandouin avait réuni une assez forte collection d'adresses et de cartes iUuslrées; mais il recueillait spécialement les gravures de Charles Jacques dont il avait l'œuvre presque complète, celles de H. Somm, auteur de son Ex-libris et son ami, ainsi que les aquarelles et les eaux-fortes d'IIervier ^cherchées encore aujourd'hui par certains amateurs délicats.
^enri Somm, de son vrai nom H. Sommier, est né à Rouen en 1844, il vint à Paris en 1873.
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Parmi les nombreuses ventes que fit M. Gandouin nous citerons : celle des livres, tableaux et objets d'art de M, Ernest Deusy, provenant en majeure partie de son oncle Joseph Deusy, dont nous avons reproduit TEx-libris dans les Archives, page 74 du numéro de mai 1903, et dont les plus belles pièces avaient figuré à l'Exposition rétrospective d'Arras en 1896.
En juin 1882, il avait vendu les objets divers de haute curiosité provenant de l'abbé Cofïinet, de Troyes. — En octobre 1884, la collection spéciale de pièces remarquables (céramique) de M. Lefrançois, expert à Rouen. — La même année, vente à Paris, à l'hôtel Drouot, de la célèbre collection de por- celaines de M. Ribeiro d'Acunha (de Lisbonne). — En juin 1887, collection de M. de La Saussaye, château du Troussay (Loir-et-Cher). — Les 17- 31 août 1888, vente des tableaux et objets d'art du marquis de Houdan. — En 1900, vente après décès des objets d'art de W^^ la comtesse de Clermont. Cette énumération, plus que sommaire, indique suffisamment l'importance des ventes dirigées jusqu'à sa mort par l'expert E. Gandouin.
Son fils, M. Robert Gandouin, a repris la suite de ses affaires, nous lui offrons nos remerciements, pour le prêt de la planche originale.
D*" L. BOULAND,
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RELIURE AUX ARMES DU CARDINAL P. DE BONZY
E cardinal Pierre VII de Bonzy fut successivement : évêque de Béziers (1659); archevêque de Toulouse (1669); archevêque de Narbonne (1673); ambassadeur de France en Pologne, à Venise, en Espagne, grand aumônier de la Reine; il est mort le 11 juillet 1703.
Nous ne lui connaissons pas d'Ex-libris. A la vente de la collection de Rozières (1903) le catalogue portait une pièce à ses armes, gravée par NoUin et désignée comme Ex-libris. Mais on avait fait suivre cette désignation d'un point d'interrogation. Avec raison, car cette pièce n'a certainement pas eu la destination indiquée. /
Il est relativement facile de se procurer des exemplaires anciens des armes de P. de Bonzy. L'année 1681, qui vit l'inauguration du Canal de Languedoc, aujourd'hui Canal du Midi, fît éclore une énorme quantité de petites brochures et de feuilles volantes, dans lesquelles l'œuvre nouvelle était exaltée en prose et en vers, en français et en languedocien. Le grave Andréossy lui-même (que d'aucuns ont regardé comme le véritable auteur du Canal) ne dédaigna pas de rédiger la traversée du Canal sous forme de jeu de l'oie ^ Toutes ces produc- tions populaires sont dédiées au cardinal de Bonzy, président des Ëtats de Languedoc en sa qualité d'archevêque de Narbonne; elles portent ses armes, quelquefois les armes royales. Si certaines de ces productions sont très rares,
1. Les Règles du Jeu du Canal Royale à Castelnaudary, chez Charles-Pierre Chreslien, 1682, in-16. Seul, ce petit livre est rare; accompagné de la carte, il est presque introuvable.
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d aulres se laissent saisir facilement. Nous ne parlons pas de ses ordonnances épiscopales que P. de Bonzy faisait imprimer assez exactement et qui, elles aussi, portent ses armes. — Quoi qu'il en soit, et cette question de TEx-libris demeurant réservée, nous possédons son fer de reliure, assez rare, et que nous i\e trouvons pas dans Guigard. Le voici d'après un frottis retouché par M. de Crauzat.
L'écu français porte : Aux i et 4 coupé en pointe (for, et en chef d'azur à la rose (for; aux i et 3 d argent à la guivre d'azur ondoyante en pal^ engloutissant un enfant de gueules en fasce (Milan); sur le tout d'azur à la roue à huit rayons sans jantes (Bonzy). Au-dessus, la croix archiépiscopale et
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le chapeau d'où pendent deux houppes à quinze glands. Le tout dans un encadrement circulaire.
La couronne ducale est à remarquer. Sans doute, P. de Bonzy, d'une très ancienne famille de Milan, alliée aux grands-ducs de Toscane et à plusieurs familles souveraines d'Europe, avait personnellement droit à cet insigne héraldique ; mais, en outre, il prenait le titre de Duc de Narbonne^ que plusieurs archevêques Narbonnais revendiquèrent aussi. Le premier en date fui Arnauld Amalric, légat du Pape, un des chefs de la Croisade albigeoise (1212-1225). Puis vinrent : Pierre de la Jugie (1347-1375); François Fouquet (1659-1673), le frère du surintendant, qui obtint de Louis XIV le litre d'ArcAeweqrf/e-rff/c de Narbonne. René de Beauvau du Rivau (1721-1739) fait figurer la couronne ducale dans son fer de reliure, et le fastueux Dillon (1763-1791), dans son Ex-libris. Legoux de la Berchère (1703-1719), un vrai lettré, se contente, dans son fer, de sa couronne patrimoniale de marquis.
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Le savant Claude de Rebé (1628-1659), une des âmes damnées de Richelieu, se conforme davantage à la réalité historique en prenant le titre de Comte de Nar bonne.
Nous n'avons aucune donnée sur Timportance de la bibliothèque de P. de Bonzy ni sur sa valeur artistique. L'exemplaire du fer décrit plus haut se trouve sur un volume sans aucun ornement extérieur ; c'est une marque de propriété, tout simplement. Mais il y a lieu de penser que ce personnage, mêlé aux plus grandes affaires de TÉtat, n'a pas trouvé le temps d'être un bibliophile, ce qui rendrait d'autant plus rares les livres reliés à ses armes.
Il fut enseveli à Narbonne, dans sa cathédrale de Saint-Just, du côté de l'épître. Son oraison funèbre fut prononcée par le P. Dufay, jésuite, et Poucet de la Rivière, évêque d'Angers. V. Louis Narbonne, La Cathédrale Saint-Just^ dans le Bulletin de la Commission archéologique de Narbonne^ 1898, p. 22. Gaston Jourdanne^
COLLABORATION
tUELQUES-UNS de nos Sociétaires, et non des moindres, semblent ne pas se rendre un compte bien exact de la signification si étendue de ce mot. Sans avoir besoin pour cela de les renvoyer aux Dictionnaires, nous voudrions, en leur donnant ici quelques explications à ce sujet, les amener sans ennui pour eux, et au plus grand avantage de notre Société ainsi qu'à celui de sa Revue, à collaborer d'une façon effective. Bon nombre d'entre eux s'imaginent par exemple que pour collaborer il faut adresser au Secrétaire des articles complets, prêts à
être imprimés et publiés Sans doute pour certains membres qui en ont
toutes les facilités, cette manière est la vraie, puisqu'ayant l'habitude d'écrire cela ne les sort pas du courant de leur travail. Mais certains de nos collègues ne sont pas en mesure de le faire pour différentes raisons : aussi allons-nous leur montrer qu'il est bien d'autres manières de collaborer, tout aussi utiles cependant, et qui sont à la portée de tout le monde.
Rencontrer une belle pièce anonyme, et demander son identification en l'adressant au Comité pour l'examiner dans une de ses réunions, c'est déjà collaborer : car cette communication peut devenir le point de départ d'un article, le complément d'une étude déjà en cours, ou simplement le sujet d'une question.
Dans le même ordre d'idées (car il ne faut pas perdre de vue que les super libris, si nombreux en France, rentrent dans le cadre de nos recherches) trouver par exemple un volume portant sur les plats des armoiries comme celles que nous reproduisons ci-après, en faire le frottis, l'envoyer au Président avec l'indication du titre du livre^ ainsi que de sa date d'édition^ c'est collaborer très utilement. Car cette élégante marque n'est autre que celle de Mgr Claude Drouas du Bouzey, ou Boussey, évêque de ïoul, qui
i. Cet article est extrait des Collectionneurs et Bibliophiles de VAude, en pi'ëparation.
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employait aussi comme Ex-libris les armoiries imprimées sur le titre de ses mandements, pièces anonymes gravées sur bois ^
On voit combien celte indication complète avantageusement une étude sur les marques de livres dont usait Mgr Drouas.
Il n'est pas un seul de nos correspondants qui, soit en classant ses Ex-libris, soit en faisant une recherche dans sa collection, ne rencontre dans ses cartons quelque pièce anonyme ou non, sur laquelle il connaît fort bien telle ou telle particularité qui est absolument ignorée d'autres collectionneurs, parce que c'esf un détail qui intéresse la région d'origine de cet Ex-libris; rien d'éton-
nant ainsi à ce qu'on Tignore ailleurs. Signaler cette particularité, ne fût-ce qu'en deux mots sur une carte postale, c'est collaborer, puisque ce rensei- gnement peut fournir matière à quelques lignes dans notre Revue. Les membres du Comité, pas plus que le Président, n'ont la prétention de tout savoir; les amateurs de telle province, de telle ville sont fort bien renseignés sur rhisioire de certains Ex-libris et de leurs possesseurs alors que nous n'avons sur eux que des notes relativement succinctes : nous donner de plus amples renseignements serait un genre de collaboration que nous apprécie- rions beaucoup.
Trouver par hasard en feuilletant un livre que telle gravure regardée jus- qu'ici comme un Ex-libris n'est tout simplement qu'une marque de libraire, une tête de page, un cul-de-lampe héraldique ou des armoiries de dédicace...,
1. Il en existe trois grandeurs, dont au moios l'une se trouve dans toute collection un peu fournie, vu que la bibliothèque de ce prélat était considérable, et fut après sa mort largement ^ ersée dans une vente aux enchères.
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nous le faire savoir immédiatement est une collaboration précieuse, puisqu^en fournissant matière à une note dans notre Revue, cela fixe une origine cer- taine, qui évite à d'autres Tennui de payer fort cher une petite gravure n'ayant pour eux que peu ou pas de valeur ! Certaines marques de libraires, rognées très près de la composition (qu'elles aient ou non été collées sur des plats de livre) se rencontrent assez fréquemment dans le comm^irce, elles ont comme un faux air d'Ex-libris, qui pourrait induire en erreur ceux qui n'ont pas encore rencontré beaucoup de vignettes de ce genre. Tel est le cas de l'intéressante marque de Jean Paillier, libraire à Metz en 1529, dont nous donnons ci- dessous une reproduction obtenue avec un bois gravé qui fut exécuté pour un des ouvrages édités plus tard sur l'histoire de la ville de Metz. Nous n'insistons pas davantage sur l'utilité de cette manière de collaborer.
Chercher des réponses aux questions posées dans les Archives, s'assurer que Ton pos-^ède soit la pièce elle-même qui en fait le sujet, soit une pièce de la même provenance mais d'un autre membre de la famille, le faire savoir à la Rédaction ; quand même on n'aurait pas une réponse complète, précise, c'est encore une bonne manière de collaborer.
Rechercher activement autour de soi les vieilles planches de cuivre ou les bois gravés, voire même les anciens clichés, que le hasard des ventes a dis- persés, les prêter ou les faire prêter à la Société, à défaut en envoyer au moins des épreuves en communication, c'est certainement collaborer d'une façon utile, puisqu'on révèle ainsi l'existence de pièces peu ou pas connues. Voici par exemple la reproduction du blason de Klinglin, dont le cliché a été retrouvé dernièrement, et qu'une comparaison un peu attentive nous fait voir être celle de la page 214 de l'ouvrage d'A. Benoît : Les Bibliophiles, les Collectionneurs et les bibliothèques des Monastères des Trois évêchés, iSSS- 1790. Il existe d'autres fers de reliure ou super libris aux armes de cette famille, sur lesquels nous aurons occasion de revenir en utilisant à nouveau ce cliché.
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Offrir de faire par l'entremise de notre Revue Téchange ou la vente des doubles que Ton possède, en y joignant leur description succincte mais exacte, c'est encore une autre espèce de collaboration.
En nn mot, nous faire parvenir, ne fût-ce qu'en deux ou trois lignes, les renseignements (quels qu'ils soient) utiles pour la rédaction de notre Revue, ou pour la prospérité de la Société c'est encore faire œuvre d'un louable effort de collaboration.
Envoyer, lorsque le cas s'en présente, des critiques courtoises, relever des erreurs, indiquer les fautes typographiques, c'est aussi de la collaboration.
Car tous les envois, centralisés au Secrétariat ou chez le Vice-Président, constituent un fond de précieuses ressources pour la composition des Archives. ïnfin nous terminerons en ajoutant : que faire autour de soi connaître notre Société ainsi que sa Revue, et nous indiquer les adresses des personnes auxquelles on pourrait envoyer utilement un numéro spécimen de nos Archives; en un mot faire une propagande active, c'est encore une autre espèce de collaboration, et que ceux qui s'y livrent méritent tous nos remer- <îiemenls. D^ L. Bouland.
DEMANDE
Prière à nos collègues du Midi de vouloir bien rechercher dans leurs collec- tions s'ils ont des pièces signées Baumes''] Et de nous faire savoir s'ils con- naissent quelques détails biographiques sur ce graveur d'Ex-libris? Envoyer ces renseignements à notre Vice-Président M. Ed. Engelmann, 24, rue de J'Areade, Paris.
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L'EX-LIBRIS DU GENERAL DE DIVISION BARON HENRY DE BRÉCOURT
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E n'est pas sans une certahie émotion que je m'occupe de cet Ex-libris, car une grande affection m'unissait à son titulaire. J'étais bien jeune encore quand le capitaine de Brécourt épousa ma sœur, mais nous avions les mêmes goûts ; d'ailleurs c'était un homme charmant, et tous ceux qui l'ont connu ne me contrediront pas. Quant à sa car- rière militaire, elle fut des plus brillantes puisqu'il arriva au plus haut grade. Il naquit à Étrépagny (Eure) en 1826. En 1847 il sort de Saint-Gyr et débute comme sous-lieutenant au premier lanciers. Je ne le sui- vrai pas dans tous ses grades ; je dirai seulement qu'il fit la campagne d'Italie (1859) comme officier d'ordonnance du général Gandin de Villaine, son oncle par alliance *. II y reçut la croix de chevalier de la Légion d'honneur et celle
de chevalier des Saints Maurice et Lazare pour s'être distingué à la bataille de Magenta.
Comme lieutenant-colonel il fait la campagne de 1870-1871 où il comman- dait le 5® régiment de marche de cuirassiers. Colonel du 5® dragons en 1874, il reçut les étoiles de général de brigade en 1879. II était chef d'État-major du 5^ corps d'armée depuis 1881 lorsqu'il fut nommé en 1885 général de divi- sion et inspecteur général de cavalerie. Enfin promu grand officier de la Légion d'honneur en 1889, il fut mis au cadre de réserve en 1891.
Attiré toute sa vie par l'étude du passé, le général de Brécourt, rentré dans la vie civile, put se livrer tout à fait à ses études archéologiques et à ses goûts
1. Ma mère était la sœur du général de Villaine.
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artistiques ; on le voyait alors souvent au nombre des érudits qui travaillent à la Bibliothèque nationale. Il mourut à Falaise, presque subitement, le 23 novembre 1895.
C'est pendant qu'il commandait le 5® dragons, que le colonel de Brécourt fit faire en 1876, pour sa bibliothèque déjà nombreuse, d'après son croquis (car il dessinait fort bien), l'Ex-libris dont nous donnons une reproduction. Il fut exécuté à Saint-Omer, mais la pierre ne fut pas conservée.
Après avoir esquissé à grands traits cette existence si bien remplie, il me reste à dire quelques mots de sa famille. Les de Brécourt appartiennent à une ancienne famille normande, qui porte : D'azur^ au lion cT argent ; hu chef cousu de gueules, chargé de trois étoiles d'or.
Messire Jean Lenez de Brécourt, chevalier, seigneur du Buisson, gentil- homme ordinaire de la chambre du Roy en 1650, élait lieutenant-colonel du régiment de Normandie et maréchal de bataille ; il avait époussé noble demoi- selle Marie de Gotty. Leur fils Claude-Jacques fut mortellement blessé au combat d'Eckeren en 1703. — De nos jours la famille est représentée par :
1® Le baron de Brécourt, lieutenant de vaisseau en retraite, chevalier de la Légion d'honneur, frère aîné du général. De son mariage avec M**^ de Bonne- chose, il a eu un fils, Louis, et une fille, M™® Diguet de la Payennière.
2^ Le baron Paul de Brécourt (fils du général et de M'*® Louise de Brébis- son) : De gueules au lion d'argent, chef d'Escadrons de spahis, chevalier de la Légion d'honneur, qui a épousé M**® Jeanne du Maisniel de Saveuse : D'argent, à deux fasces de gueules ^ chargées chacune de trois besants d'or\ d oii un fils, Jean, et une fille, Yvonne. R. de Brébisson.
♦♦^♦^^
Nul amateur n'ignore combien il est désagréable de posséder une pièce, armoriée ou autre, sans pouvoir trouver quoi que ce soit concernant son pro- priétaire. Pareille mésaventure nous était arrivée récemment lors de Tentrée dans nos cartons d'un Ex-libris du temps de la Restauration, aux nom et armes d'un certain H.-C. De Ginoux. Impossible de découvrir ce nom dans aucun nobiliaire ou de rencontrer la description de ce blason dans aucun armoriai. L'apparition du tome III du magistral ouvrage de M. le V^^ Révé- rend : Titres, anoblissements et pairies de la Restauration, vient de nous tirer d'embarras. On y lit, en effet, à la page 182, que, par lettres patentes du 7 septembre 1816, la noblesse a été concédée au sieur Hippolyte- César Ginoux, propriétaire, avec les armoiries ci-après : D'argent, au globe d'azur, cintré et croisé d'or, accompagné en chef de deux trèfles de sable et, en pointe, d'un croissant du même ; au chef d'azur, chargé de trois étoiles d'ar- gent. Ce sont bien les emblèmes héraldiques qui figurent sur TEx-libris, timbrés d'un casque et accompagnés de la devise : semper et ubique fidelis. L'auteur nous apprend que le nouvel anobli, né à Malaucène (Vaucluse) en 1776, et décédé à Montpellier en 1852, était fils de Gabriel-François Ginoux et de Jeanne Canonge, qu'il devint directeur de l'enregistrement et des domaines, qu'il épousa Rosa-Grazia-Maria Bejuy de la Coche, et qu'il en eut
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deux fils. Ces détails nous ayant semblé de nature à intéresser nos confrères, nous avons cru devoir les emprunter au vicomte Révérend, afin d'en faire profiter ceux qui n'auraient pas encore dépouillé son nouveau volume.
R. RiCHEBÉ.
EX-LIBRIS DU DOCTEUR VAN DEN CORPUT
EMPLOI de la tête de mort ou du squelette est assez fréquent dans la composition des Ex-libris en général; mais c'est sur- tout dans ceux des médecins et des chirurgiens qu'il est tout naturel de les faire figurer, moins peut-être comme emblèmes philosophiques que comme attributs professionnels ; car leurs travaux quotidiens nécessitent qu'ils enaient toujours présents à Tesprit \^ les moindres détails. Telle a sans doute été l'opinion de notre sympathique et savant confrère le D^ Ed. Van den Gorput, dont nous repro- duisons ici les deux Ex-libris avec les clichés originaux qu'il a eu la gracieuseté de nous prêter à cet effet ; nous lui en offrons nos plus sincères remerciements.
Dans le premier, qui est en largeur, la tête de mort couronnée de roses et posée sur deux gros volumes est le sujet principal; elle est surmontée du papillon, symbole chez les anciens de l'immortalité de l'esprit. A droite, un encrier, un râtelier garni de tubes-éprouvettes et une cornue; à gauche, la lampe antique envoyant ses reflets sur le crâne ; au premier plan, devant les livres, un trocart-aspirateur, l'une des inventions les plus utiles de la science moderne, et qui est due à la sagacité de notre confrère le D** Van den Gorput. Gomme fond, l'on voit des livres posés de champ et les silhouettes de deux coqs, qui rappellent fort à propos : 1<^ le coq placé par la mythologie comme emblème à côté d'Esculape, dieu de la médecine; 2^ celui qui figure dans les armoiries de la famille Van den Gorput : « De gueules^ au coq (for^ « au chef ajouré de trois pièces [billetles) aussi cTor^ » comme on le voit sur son cachet reproduit à la page suivante.
Dans le second Ex-libris, c'est la Médecine qui est le sujet principal ; elle y
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est représentée par une femme tenant une tête de mort et debout à côté d'une lable sur laquelle nous retrouvons les mêmes objets que dans le précédent : encrier classique, trocart-aspirateur, tubes-éprouvettes, cornue, livres, lampe symbolique. Un peu au-dessus, le coq se dresse tourné vers le soleil levant : l'ensemble est moins sévère que dans FEx-libris précédent. Ces deux pièces ont été dessinées par M. Graverol, imagier, rue Wiertz, à Bruxelles.
Le D*" Ed. Van den Corput est né à Bruxelles le 21 avril 1831 ; tout jeune il suivit pendant deux années les cours de droit, mais il les quitta pour se livrer tout entier aux sciences naturelles et médicales, vers lesquelles l'entraî- nait une véritable vocation. — Après de brillantes études'il était reçu docteur é lage de 25 ans, avec mention spéciale a de la plus grande distinction ». C'est durant son internat que, donnant déjà la mesure de son espritd'initiative, le D*" Van den Corput inventa son trocart-aspirateur pour le traitement des épanchements pleuraux, et c'est à lui que revient l'honneur d'avoir créé cette méthode nouvelle qui s'est généralisée depuis.
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Le suivre pendant le cours de sa brillante et féconde carrière dépasserait les bornes de cet article. Ceux qui voudront sur lui de plus amples renseigne- ments les trouveront dans la notice très bien faite que lui a consacrée le Dictionnaire encyclopédique des professions libérales, Paris, imprimerie des Beaux-Arts, 18...., in-8^. Nos premiers lecteurs se souviendront certaine- ment de l'originale et intéressante étude que le D"^ Van den Corput publia dans les numéros de mars et avril 1897 de nos Archives^ sous le titre Collec- tionneurs et Collections^ où nous le voyons se faire le promoteur des Musées
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collectifs. Qu'on nous permette encore d'ajouter ici quelques détails curieux sur la famille Van den Corput : elle est originaire de Bréda (Brabant hollan- dais).
Plusieurs des ancêtres de notre collègue furent au xvi® et au xvii® siècle échevins et bourgmestres de Bréda et de Dordrecht. Un Johan Van den Corput, né en 1542, gouverneur de Groningue et de Hasselt, s'est illustré par la défense victorieuse de la place de Steenwyck, assiégée par le duc de Parme. Il fut, bien avant Chappe, dit-on, l'inventeur de la télégraphie aérienne, au moyen de laquelle il put sauver la ville. C'est une Van den Corput, Anna, qui donna le jour aux deux frères de Witt : Jean, grand pensionnaire et premier ministre des États de Hollande, et Corneille, grand maître de la marine, sous l'administration desquels la République Batave atteignit l'apogée de sa puissance. Ce fut sous la direction de Corneille de Witt que la flotte hollandaise, commandée par Ruyter, infligea à l'Angleterre le cruel aff'ront de remonter la Tamise, en jetant la terreur dans Londres.
D*" L. BOULAND.
QUESTIONS
FER DE RELIURE. — (N*> 297)
La marque de livres dont nous donnons la reproduction ci-dessous ayant été obtenue avec le fer de reliure lui-même, est d'une parfaite exactitude.
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D'après l'aspect général de la composition, d'après le costume des supports du blason, d'après la façon même dont il est exécuté, il est facile de voir que ce fer de reliure est moderne. Si nous nous en rapportons seulement à ce que nous voyons là, le lion n'ayant pas d'indications d'émail, le blason doit se lire : De sinople^ au lion d'argent,..., couronné de... Mais si l'on réfléchît qu'après l'impression sur la peau de la reliure, ce lion sera pour ainsi dire
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complètement plaqué en or, nous pensons qu'il faudrait peut-être lire : De sinople^ au lion d'or. Quoi qu'il en soit, nous demandons à nos collègues s'ils pourraient nous indiquer le propriétaire de cette marque. C. D.
RÉPONSES
ROCHBCHOUART-MONTBSPAN — (N«266.) [10« année, face 16] Cet intéressant Ex-libris est celui de Pierre Challudet, trésorier de France enla généralité d'Orléans; il appartenait à une famille bourgeoise de La Charité, en Nivernais ; son père avait été maître de forges et lui avait laissé une fortune considérable. Il lit imprimer, en 1646, une généalogie de sa famille, qu'il rallachait à la maison de Chaslus, en Auvergne, dont il joignit les armes aux siennes. L'année suivante, il fit exécuter, probablement à l'occasion de l'érec- tion en vicomte de sa terre de Liffermeau, un assez beau jeton sur lequel figurent,
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outre ses armes de fantaisie, les écus des alliances supposées de sa famille. On en trouvera la reproduction et la description dans l'excellent Armoriai du Nivernais, par le comte de Soultrait (t. I, p. 194), auquel la plupart de ces renseignements sont empruntés.
Clialludet, ayant perdu sa première femme, Rose Dijon, épousa, en 1650, Suzanne de Rochechouart, fille de Louis, seigneur de La Rrosse et de Mon- ligny, et, fier de cette illustre alliance, il émit un nouveau jeton portant au droit les armes de son père et de sa mère, et au revers les siennes et celles de sa femme. C'est ce même Pierre Challudet qui avait fait composer, en 1638. un précieux armoriai, conservé à la Ribliothèque nationale. Les armes du premier possesseur de ce manuscrit y sont figurées deux fois : c'est d'abord le blason du seigneur de La Maisonfort qui est : D'or, du lion de gueules^ à une nuée d'argent, chargée d'une étoile d'or.
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mouvant du canton dextre ; puis celui du seigneur de Neuvy et de Liifermeau, qui place le même écu sur celui des Tenon. Ce fut seulement quelques années plus tard que les Challudet remplacèrent la nuée par un canton, et quelquefois, comme sur les jetons dont nous avons fait mention, Tétoile par une fleur de lys.
Nous espérons qu'il ne se rencontrera plus personne, après les explications : qu'on vient délire, pour soutenirque l'Ex-libris, objet de cette question, est
i'-'^ celui de M"*^ de Montespan ! Emile Perrier.
;^ * Le défaut de temps et de place nous oblige à renvoyer au numéro suivant
^^ une seconde réponse à cette question que nous vivons reçue de M. A. de
Remacle^ ainsi que différents autres articles.
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1^, klACON, PROTAT FRÈRES, IMPRIMEURS.
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VEx-libris Journal de Londres donne, en février, d'abord les notes du mois, parmi lesquelles le compte rendu de la réunion qui a eu lieu à Londres au commencement du mois, et la mention des publications reçues. Puis on k^ trouve la suite de la liste des Ex-libris portraits anglais et américains, avec
plusieurs reproductions, et la continuation de celle des Ex-libris maçonniques. Vient ensuite un article sur les Ex-libris modernes; c'est une étude et en même temps une appréciation de ces diverses marques. Il y a aussi la suite de la liste des Ex-libris juifs et celle des Ex-libris judiciaires ; un article sur Lord Tabley , un autre sur Jasper Farmer et diverses petites notes achèvent de remplir cet intéressant numéro. F. G.
Nous trouvons dans V Ex-libris Journal de Londres, numéro de mars, après
les notes du mois, un article de M. Wright sur un ouvrage de M. Garlander
au sujet des Ex-libris suédois. Parmi les nombreux et intéressants détails à
ce sujet on mentionne les principales Bibliothèques de Suède, publiques et
privées. Il y a ensuite les Ex-libris du capitaine Marryat, né en 1792 à
Westminster, et mort en 1848; plusieurs membres de sa famille possédaient
également des Ex-libris qui se trouvent reproduits. L'auteur, C.T.Davis, pré-
y- sente aussi un petit tableau généalogique de cette famille. Vient ensuite une
r;' note sur TEx-libris du chancelier Saint-Georges au sujet duquel des rensei-
;; - gnemenls sont demandés; puis un article sur l'Ex-libris portrait de Davies
Colley, gravé par Sherborn, et représenté en frontispice. On donne ensuite
la continuation de la liste des Ex-libris portraits anglais et américains, et
<'elle des Ex-libris judiciaires. Pour terminer, une lettre américaine très
fantaisiste de M. Dexter Allen, des notices sur diverses publications, et les
Ex-libris du type Chippendale anglais et américains. F. G.
/.e Gérant, F. Carême.
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ne Annék. — N» 5
Mai 1904
COMPTE RENDU DE LA RÉUNION DU 24 AVRIL 1904
CAUSE du changement de domicile du D^ Bouland, cette réunion a lieu chez notre Vice-Président qui accueille les membres du comité avec son amabilité habituelle. Ceux-ci, tout en étant heureux de se retrou- ver nombreux chez M. Engelmann, ne peuvent s'empê- cher d'accorder un souvenir de regret à cette maison que quitte notre Président, dont le salon vit, il y a déjà onze ans, la fondation de notre Société, et dans lequel, toujours très cordialement reçus par M. Bouland, ils se rencontrèrent si souvent avec tant de leurs collègues aujourd'hui disparus.
Après avoir présenté les excuses de M. de La Perrière, le Président constate avec plaisir qu'avant de partir pour la campagne, M. H. Tausin a voulu assister à cette séance, puis il propose l'admission d'un nouveau membre, et fait observer aux assistants que le prince de Leiningen, comte palatin de Mosbach, comte de Dûrn, etc...., dont ils ont pu lire le décès annoncé dans les journaux, était le père d'un des plus grands collectionneurs d'Ex-libris du monde, de notre collaborateur le comte K. E- de Leiningen-^^'esterburg, auquel il a envoyé quelques mots de condo- léances.
Quoique n'ayant pas assisté à la vente des livres et autres documents laissés par notre collègue feu V. Advielle, M. Bouland donne quelques renseigne- ments qu'il a pu recueillir après les enchères, et qui font regretter à plus
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d'un de n'avoir pas été prévenus en temps utile : car dans les 4.000 volumes qui s'y trouvaient, il y avait en effet un grand nombre de livres reliés en maroquin ou en veau, avec armoiries sur les plats; en outre, on sait par l'ar- ticle de notre Revue qui lui a été consacré*, que TEx-libris de M. Advielle était spécialement composé pour recevoir des annotations, et que par consé- quent ceux qui ont acheté ces livres n'ont pas fait une mauvaise affaire ! \/0-^^ ^^
Le Président soumet aux assistants une intéressante gravure aux armes de la famille de Beauvau qui lui a été confiée à cet effet par M. le comte de Mahuet pour savoir : 1<^ Si c'est un Ex-libris? 2^ Si elle figure comme tel dans des collections connues ? 3^ A quel membre de cette famille elle a pu appartenir? — C'est une gravure au burin, à claire-voie, mesurant : haut. 0,162, larg. 0,137, non signée, et qui représente le blason bien connu des Beauvau, écu carré entouré des colliers de Saint-Michel et du Saint-Esprit, posé sur un manteau de pair, au-dessous duquel se trouve la devise de la famille dans deux palmes entrecroisées. De nombreux doutes sont émis sur l'emploi de cette gravure comme Ex-libris, et nos collègues sont invités à voir dans leurs collections s'ils y trouveraient d'autres exemplaires de cette pièce, qui mérite d'être étu- diée plus amplement?
Les membres présents examinent ensuite un curieux volume intitulé : Cornucopiœy seu latinœ linguee commentarii locupletissimi^ Nicolao Perotto Sipuntino pontifice authore. ., .etc. . . Basileae, MDXXXII, in-folio, avec reliure d'ais de bois recouverts en peau estampée à froid, portant trois Ex- libris, tant dessinés à la plume que manuscrits, dont celui d'un certain Pierre de Cabanis (en forme de vers latins) ; puis, le nouvel Ex-libris que vient de se faire exécuter M. de La Perrière, d'après un modèle ancien, et enfin deux Ex-libris de personnes qui n'appartiennent pas à la Société.
Pour faciliter les relations et les visites de nos collègues avec les membres du Comité, ceux-ci sont de nouveau invités à indiquer les jours et heures auxquels on peut les trouver sûrement chez eux sans les déranger, ce qu'ils s'empressent de faire ; en voici la liste :
M. BouLAND, Président, 93, rue de Prony, le samedi, de 2 à 5 heures. M. DE Cralzat, Vice-Président honoraire, 52, rue de la Tour-d'Auvergne, le
lundi, de 2 à 5 heures. M. Ed. Engelmann, Vice-Président, 24, rue de l'Arcade, le jeudi, de 2 à
5 heures. M. J. Bargallo, 94, rue d'Allemagne, le mercredi, de 2 à 5 heures. M. L. Gruel, 418, rue Saint-Honoré, le mercredi, de 3 à 7 heures. M. de La Perrière, 6, rue Barye, sur rendez-vous. M. L. DE Maziéres, 2, rue Alphonse-de-Neuville, le mercredi de 9 heures à
midi. M. R. RicHEBÉ, 7, rue Montaigne, le vendredi, de 2 à 5 heures. M. DU RouRE DE Paulin, 58, rue de Babylone, sur rendez-vous. M. H. Tausin, 36, boulevard des BatignoUes, sur rendez-vous. M. J.-C. WiGGiSHOFF, 153, rue Marcadet, sur rendez- vous.
1. Voir Archives des Collectionneurs (T Ex-libris^ année 1894, numéro do février, page 42.
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ARCHIVES DE LÀ SOCIÉTÉ FRANÇAISE DES COLLECTIONNEURS D*EX-LIBRIS. - N« 5. — MAI 1904
Planche 8
OmoAms ÀNNiE. — Page.67. * Digitized by
— 67 -^ Pour terminer, les revues suivantes sont communiquées aux assi&^nts
La
Revue héraldique, historique et nobiliaire, n^ 4 (avril 1904) ; la Revue héral- dique Suisse, toujours intéressante et si bien illustrée; la Rivista Araldica,
Le Secrétaire : F. Cahéme.
EX-LIBRIS DE CHARLES DE GARPENTIN
(SUITE DES NOTES SUR LES EX-LIBRIS PICARDS)
^ANCIENNE province de Picardie fournit à toute collection d'Ex-libris un appoint relativement important, aussi bien comme nombre de pièces que comme qualité de leurs possesseurs et, même, comme mérite artistique. Sans parler des abbayes : Gorbie, Saint-Jean d'Amiens, Val- loires..., ni des grands seigneurs : ducs de Chaulnes, Mailly, Créquy..., ni des intendants : Chauvelin, Tonne- lier de Breteuil, Lefebvre de Gaumartin, d'Agay..., toute une pléiade d'ama- teurs représentent dignement dans nos cartons les familles picardes : d'Ainval, Trudaine, de Guillebon, du Fresne, de Gourteville d'Hodicq, Gonty, de La Gourt, de Sachy, Petyst d'Authieulle, Lagrené, d'Incourt d'Hangard, Gornet, Marié de Toulle, du Crocquet de Guyencourt, Langlois, Desmery, Lefebvre du Grosriez, Formenlin, Sangnier d'Abrancourt, de Buissy, Delignières de Bommy, Blondiu de Saint-Gyr, Midy, Desains, dT, Lendormy, Millon de
La Morlière, Pihan de La Forest Les citer tous prendrait les proportions
d'un véritable catalogue ; travail intéressant, à coup sûr, mais que je réserve pour l'avenir. Aujourd'hui, je veux seulement donner à Térudit et sympa- thique Président de notre Société une preuve de ma bonne volonté en réponse à l'appel si juste qu'il adresse dans le dernier numéro des Archives à ses collaborateurs.
L'Ex-libris reproduit hors texte dans le présent numéro est aussi celui d'un Picard, Il porte, écartelées, les armes de Garpentin : D'argent, à trois fleurs de lys au pied coupé de gueules, et de Gréquy : D'or, au créquier de gueules. Ce détail et l'époque que nous indique Tensemble de la composition permettent de l'identifier avec certitude. Il vient manifestement de Charles de Garpentin, chevalier, seigneur de Pénerville, Neuville-au-Gornet, Gouchem, Ligny- Saint-Flochel et autres lieux, 4« fils de Jacques de Garpentin, chevalier, seigneur de Gumont, Hanchy, le Festel, le Ménage, etc., maintenu dans sa noblesse par M. Bignon, le 23 juin 1698, et d' Antoinette-Marguerite de Gréquy, dame de Gouchem, Neuville-au-Gornet et Ligny-Saint-Flochel en partie, sa !''« femme.
Charles de Garpentin épousa par contrat passé à Abbeville, devant Quintin, notaire, le 8 février 1728, Françoise-Nicole de Boulogne (anciennement de Boulongne), fille de Nicolas, seigneur de Longuemort, dont 4 enfants : 1^ Marc- Antoine, seigneur de Gapennes, la Motte-lès-Brailly, les Ruteaux,
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puis de Cumont, Hanchy, Coulonvillers, Fresneville, etc., à rextinction de la branche aînée, capitaine des grenadiers du régiment de Hainaut et chevalier de Saint-Louis; il avait épousé, par contrat du 10 janvier 1752, passé devant Pappin, notaire à Abbeville, Marie-Marthe-Marguerite de Buissy, dame de la Fresnoye et du Mesnil-en-Limeu, fille de François-Joseph de Buissy, écuyer, seigneur dTvrench, le Mesnil-Doncqueur, Acquest, etc., premier président au présidial d' Abbeville et lieutenant général de la séné- chaussée de Ponthieu, dont une seule fille : Marie-Françoise- Joséphine, dite M"« de Garpentin, héritière des terres de Gapennes, Cumont, Hanchy, le Ménage, le Festel, Mons, Morival, etc., qui épousa en l'église de Gapennes, le 18 mai 1778, Jean de Garpentin, chevalier, seigneur de Lorrière, mous- quetaire du roi, puis chevalier de Saint-Louis et lieutenant-colonel de cava- lerie, son cousin du 2« au 3« degré, fils de Jean de Garpentin, chevalier, seigneur de la Galaisière au Perche, et de Marie-Gabrielle de Mauduison, dont un fils non marié, qui fut député d'Abbeville extra-muros, en 1837, et une fille mariée au vicomte Aloph de Louvencourt, de Seux.
2^ Gharles, dit le chevalier de Garpentin, seigneur de Hanchy et de Polhoy, capitaine au régiment d'Aunis (inf.) , chevalier de Saint-Louis, mort à Abbeville le 28 août 1788 sans laisser de postérité. Il avait épousé, en 1784, Marie- Louise-Jeanne-Rosalie de Dixmude de Montbrun, fille de Jean-Baptiste Oudart, vicomte de Dixmude et de Fiennes, seigneur de Montbrun, la pairie d'Alembon, Gampagne, le Fayel, Recq, Baduicq, etc., chevalier de Saint-Louis, ancien capitaine au régiment de Glermont-Tonnerre.
3^ Marie- Françoise -Gharlotte, morte non mariée le 17 mars 1772 et inhumée dans Téglise Saint-Éloy, à Abbeville.
4^ Marie, qui épousa : 1^ par contrat passé devant Pappin, notaire à Abbeville, le 15 avril 1755, François-Léonor de Belloy, chevalier, seigneur de Beauvoir, Hocquincourt , le Gardonnoy, le Titre, Mons, Buires, etc., sans enfants; 2<> par contrat du 11 octobre 1777, devant Lebel, notaire à Abbeville, Louis-François de Belloy, chevalier, seigneur de Vaudricourt, capitaine de cavalerie; elle mourut à Abbeville, le 7 juillet 1793, sans laisser de postérité.
Le comte Aloph de Louvencourt, cité plus haut, est Taïeul du comte Adrien de Louvencourt, possesseur actuel du cuivre reproduit ci-contre, qui a bien voulu mettre à ma disposition, avec Fobligeance dont il est coutumier, la planche de TEx-libris et les notes relatives à son possesseur : il convient donc de faire remonter jusqu'à lui l'intérêt que peut offrir le présent article.
En terminant, je crois devoir rappeler qu'à la maison de Garpentin, éga- lement, appartenait un livre d'heures, exécuté dans le premier quart du XVI® siècle, et que j'ai étudié dans le numéro du 15 mars 1894 de la Revue le Manuscrit. Ge livre d'heures, orné de délicates miniatures à pleine page et de frais encadrements, et recouvert d'une précieuse reliure avec coins et fermoirs d'argent niellé, représentant diverses scènes ou des personnages allégoriques, fut exécuté pour Jehan, dit Galiot^ Garpentin, écuyer, seigneur de Barlettes, Bray, Quéhen, Graville, Lugermont, mayeur d' Abbeville en 1535, époux de Jacqueline de Lewarde (30 mars 1499).
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De ce Jehan, dit Galiot^ Garpenlin descendait la comtesse Aloph de Lou- vencourt, dont le petit-fils, mon honoré confrère aux Antiquaires de Picardie, conserve pieusement aujourd'hui le livre d'heures des Çarpentins à côté de la planche où est gravé l'Ex-libris qui a motivé la présente note.
Robert GuERLIN, Ancien Président de la Société des Antiquaires de Picardie.
LES EX-LIBRIS DES TASSIN
> ANS certaines familles anciennes les Ex-libris sont quelquefois assez nombreux : si alors on veut bien prendre la peine de rechercher toutes les pièces sur lesquelles se trouvent soit les mêmes noms^ soit les mêmes armoiries^ on peut^ en les réunis- sant, se livrer à une étude qui offre d'autant plus d'intérêt^ que dune part elle fait ressortir les différences qu^ elles présentent, et que d'autre part elle facilite les attributions à telle ou telle personne plutôt ' qu'à telle autre. On arrive ainsi à présenter un article sur l'ensemble des marques de propriété de la même famille connues à un moment donné. C'est ce que M. G. Salleron vient de faire pour les Tassin, qui ont eu^ comme on ta le voir^ six Ex-libris. Nous ignorons s'ils possédaient des fers de reliure^ n'en ayant trouvé aucune trace Jusqu'ici.
Ex Lî^rlTTaffiii EXLlJUilS
de la Kcn;irdiere TiVSSIN SEIHIBAT
La famille Tassin était fort anciennement établie en Champagne et sur- tout dans la Beauce ainsi que dans l'Orléanais, où elle a formé de nombreuses tranches, dont plusieurs subsistent encore. Avec quelques légères différences dans les émaux (que Ton peut considérer comme des brisures) ses armoiries sont : D'argent y au chevron de sable accompagné en chef de deux étoiles du même^ et en pointe d'une aigle au naturel.
Jehan Tassin fut un des défenseurs d'Orléans en 1429. Il commandait une des portes de la ville lorsque Jeanne d'Arc vint la délivrer.
La filiation suivie commence à son petit-fils vivant en 1517, époux de Sainxette Chastellin. C'est parmi leurs descendants que nous trouvons les possesseurs de plusieurs Ex-libris bien connus, dont les plus anciens sont ceux de Tassin de la Renardière et Tassin-Seurrat, qui appartinrent à Augus-
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tin-Prosper Tassin de la Renardière, écuyer, conseiller secrétaire du Roy, Maison el Couronne de France en la Chancellerie établie près la Cour des Aides de Montauban, né le 3 décembre 1728. Il épousa, le 14 février 1763, Magdeleine-Monique Seurral.
BAG^.,
Son fils, Etienne-Auguste Tassin d'Autlion, écuyer, né le 27 janvier 1764, épousa, le 20 décembre 1784, Emilie-Pauline Raguenault. C'est le titulaire de TEx-libris Tassin-Baguenault.
Il eut à son tour pour fils Augustin Tassin de Charsonville, né le
^^t. ^HAi^.Vo
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31 octobre 1785, qui épousa, en 18H, Flore Jaque de Mainville. Ce dernier fît effacer le nom Raguenault sur la planche, de TEx-libris de son père et remplacer par celui de Charsonville, qui depuis s'est maintenu dans cette branche de la famille.
L'Ex-libris Tassin de Villiers est plus récent, car il fut exécuté pour Guillaume-Auguste Tassin de Villiers, né le 4 juin 1804. Il était fils de
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Guillaume-Alhanase ïassiii de Villiers, écuyer, et de Marie Michel, sa troi- sième femme, et épousa, le 26 décembre 1838, Élisa Damas, d'où les Tassin de Villiers actuels.
UEx-libris Tassin de Vallière * se rapporte à Joseph-François Tassin de Vallière, écuyer, né en 1773, troisième fils de Prosper-Guillaume Tassin de Villepion et de Anne-Suzanne- Andrée Leclerc de Douy. Il fut Receveur géné- ral des Finances et épousa, le 27 mars 1795, Pauline-Charité Olivier de la Rousselière. C'est lui qui forma le rameau de Vallière éteint dans ses petites- filles, MM°i^^ Jules Soizeau de Saint-Martin et Le Bastier de Thémericourt.
Pour ceux de nos lecteurs qui seraient désireux d'avoir de plus amples détails sur les différentes branches de la famille Tassin, nous les renverrons 3u septième registre, i^^ partie, page 500, du d'Hozier imprimé*^, à Tarticle Pocquet de Livonnière. Nous leur ferons observer toutefois que par suite d'un oubli sans doute, Pocquet de Livonnière ne figure pas à la table générale de l'ouvrage et qu'ils devront chercher d'après les indications que nous don- nons ci-dessus. . G. Salleron.
LE COLONEL JOURGNIAC
Beaucoup de collectionneurs possèdent et ont dû reléguer parmi les ano- nymes une marque assez commune dont voici la description :
Dans un cartouche symétrique, sommé d'une couronne comtale et entouré
de lauriers, écusson ovale : D'azur^ à trois barres (for. Au-dessus, un nom
soigneusement gratté. A droite et à gauche, les mots colonel et d'infanterie
séparés par plusieurs points. Encadrement carré, à champ marbré et à coins
arrondis en creux. Dimensions : 56"^°* X 56°"^.
t. Non reproduit dans cet article.
2. Armoriai général ou Registre de la Noblesse de France. Paris, Firmin-Didol »i C*«, MtïCCC LXXXIV, grand in.4°.
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Un exemplaire de cette pièce se trouvait dans la vente d'Ex-libris du 26 mars. Ayant pu lire le nom de son propriétaire, grâce à l'imperfection accidentelle du grattage, nous croyons devoir faire profiter nos confrères de notre petite trouvaille. Le colonel en question se nommait jourgniac. Ueste à savoir qui il était et à quelle époque sa bibliothèque a été dispersée. Cela ne nous a pas été possible, mais d'autres seront, sans doute, plus heureux.
R. R.
EX-LIBRIS DU COMTE D'ANGERVILLE
'EST au château de Douville, près de Dives (Calvados), que l'on trouve ce rare et intéressant Ex-libris. En effet, Dou- ville est une des demeures de la famille d'Angerville. Cette marque figure aussi, sur un certain nombre de volumes dans une habitation voisine, au château de Dramard. Ces livres y ont été apportés par M"® Marie-Henriette d'Anger- ville, née en 1772, qui épousa, il y a cent ans environ, M. Bonnet de Dra- mard. Un de ses fils, mon vieil ami, M. Léon de Dramard, ancien officier de marine, vénérable vieillard âgé de 95 ans,, vit encore.
S'il faut en croire la tradition, la famille d'Angerville serait une des plus anciennes de Normandie.
Auvrecher d'Angerville figure parmi les compagnons de Guillaume le Con- quérant partant en 1066 pour la conquête de l'Angleterre.
Plus tard, un d'Angerville accompagne Robert, duc de Normandie, allant en Terre Sainte.
Sous Philippe- Auguste, Guillaume d'Angerville était maréchal héréditaire de Normandie.
En 1322, quand les Anglais voulurent faire une descente sur les côtes de Normandie, le sire d' Auvrecher eut le commandement du mont Saint-Michel. M"^® la comtesse de Peyronnet, fille d'une d'Angerville, a bien voulu me confier les Preuves de noble Augustin d'Angerville admis de minorité à r ordre de Malte en 1786 et une généalogie commençant à Richard d'Anger- ville d' Auvrecher qui vivait en 1350.
Bien que la publication de ces documents serait intéressante, il m'est impossible de les donner ici; je me bornerai à donner une reproduction de TEx-libris (la planche ayant été perdue) et la description des armoiries : D'or^ à S quintefeuilles de sable^ posées Vune au canton dextre et Vautre en pointe de reçu, à un lionceau de même.
Maintenant il reste à indiquer quel était le titulaire de cet Ex-libris. La bonne idée qu'il a eue de mettre la date (1778) rend la tâche plus facile. Il n'est pas douteux que c'est Thomas-Robert-Nicolas, comte d'Angerville d' Au- vrecher, qui a dû faire graver cette marque. Il fut admis dans la compagnie des Gardes de la Marine du 18 mai 1757 au 18 décembre 1760. Il était fils de Louis-Jacques-François et de demoiselle de Mutrecy et de Sainte-Honorine
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ifascé cTazur et de sinople de six pièces^ à la bande de gueules chargée d'une coquille de Saint-Jacques d'argent entre deux étoiles du même). Il épousa, le l*"" septembre 1767, Augustine-Marie-Lucie d'Auray de Saint-Poix {losange dor et dazur) ; de ce mariage, six enfants, dont Marie-Henriette, dont j'ai déjà parlé.
Aujourd'hui, le nom d'Angerville est porté : 1^ par la comtesse d'Anger-
ville ^ veuve du comte Alphonse d'Angerville, conseiller à la 'Cour de Caen,
pelil-fils de Thomas-Robert-Nicolas; 2^ par la marquise d'Angerville, née du
Mesnil-Marigny ; 3° par le marquis et le comte d'Angerville, qui ne sont pas
encore mariés. R. de Brébisson.
BAUMES
- On trouvera dans mon prochain livre : Bibliophiles et Collectionneurs de lAude, les rares détails biographiques que j'ai pu saisir sur cet artiste, abso- lument inconnu il y a peu de temps.
Je connais de lui 18 pièces; il y en a certainement d'autres. Série Audoise : Abram — Auriol — Bonnet — Cabanes (2 modèles) — Cairol de Madaillan — Fournier — Rivalz de Gincla — de Rolland (2 modèles) — Collège de Carcassonne, Série Languedocienne : Buges — Iché de Thou (Béziers) — Lagrange (Mont- pellier) — Puech — Saurine, avocat au Parlement. — Plus une pièce armoriée, anonyme : D\izur, à deux demi-vols d argent , qui se trouve dans la très intéressante collection de notre collègue M. Pierre Dor, de Marseille. Knfîn, une pièce également armoriée et anonyme en ma possession : Ecar- télé, aux 1 et 4 d'argent, à l'arbre arraché de sinople et un lévrier de sable rompant contre le fût de l'arbre, au chef d azur chargé de trois étoiles dar- 3^^t^taux S et 3 de gueules à la tour d argent donjonnée de trois donjons, importe de la tour ouverte de sable et deux fenêtres du même, surmontée
^' La comtesse d'Angerville est morte depuis la rédaction de cet article. 4- â. Je crois reconnaître dans les 1 et 4 le blason des Catellan, de Portel ; mais je n'ai pas encore assez approfondi ce point. (Voir d'Hozier, bureau de \arbonne.)
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(Tun lambel (Targ^t^. Supports, deux griffons portant suspendue au cou la tour du blason. Une guirlande de feuillage fantaisiste sépare Técusson de la couronne de marquis. Le tout repose sur une console. Haut. 83 millim. X 65 de filet à filet. C'est une des pièces les mieux soignées de Baumes 2.
G. JOURDANNE.
JEAN-BAPTISTE LAUWERS
BIBLIOTHÉCAIRE DE LA VILLE d' ANVERS
(1755-1829)
l'EST une lamentable histoire, heureusement peu commune dans les annales de la bibliophilie, que celle de ce brave Lauwers, mort
par amour du livre Mais n'anticipons pas. — Jean-Baptiste
Lauwers naquit à Anvers le 31 décembre 1755, de parents peu fortunés. — Tout jeune encore, nous apprend J. Verachter, son biographe et son successeur, dans le langage un peu naïf de l'époque ; « l'étude et la lecture « furent ses occupations favorites, un volume de Cicéron ou de Démosthènes faisait ses délices. » L'âge ne fit que fortifier cette passion qui devint celle de toute sa vie.
Protégé par différentes personnes, entre autres par l'évêque J. T. J. Wellens, qui lui-même possédait une riche bibliothèque, il alla à Paris, muni de recom- mandations pour M. Basan.
C'était en 1775. Il passa presque tout son temps dans les bibliothèques de la capitale et commença dès lors à acquérir les connaissances nécessaires pour se former une bibliothèque.
En 1789, il fit un voyage à Londres qui fut cependant de courte durée; il revint à Anvers et fut nommé, en 1791, Drossard (chef officier) de la juridic- tion et seigneurie du Kiel. En 1794, il devint Drossard en chef des VII quar- tiers d'Anvers. L'année après il fut élu membre de la municipalité.
Lauwers sut profiter habilement des temps troublés dans lesquels il vivait, et grâce à ses connaissances bibliographiques très étendues, il se composa une grande bibliothèque à peu de frais.
L'abbé de Ghesquières, l'auteur des Annales Aldines; M. Renouard, comp- taient au nombre de ses amis ; l'évêque de Nelis, auquel le liait une étroite amitié, lui confia tous ses biens lors de son départ en 1794. On sait d'autre part que Lauwers fit, de concert avec Oomen, secrétaire du prélat, toutes les démarches possibles pour le faire rayer de la liste des émigrés. Un moment nos braves compatriotes crurent avoir cause gagnée.
Nommé en 1811 bibliothécaire de la ville d'Anvers, Lauwers quitta ces fonctions en vertu d'une disposition de la Régence en 1826.
Les ventes de Meerman et de Morits, comte de Pries, ayant été annoncées il avait fait un dernier voyage en 1824. — Depuis sa mise à la retraite jusqu'au
i . Ne serait-ce pas Villeneuve ?
2. n convient d'ajouter aux œuvres de Baumes le blason du Président d'AigrefeuilIe, de Mont- pellier : D'azur^ à 3 étoiles d'or posées 2 et /, au chef de gueules plein^ gravé en dédicace sur une thèse de médecine, et qui, découpé, peut passer pour un Ex-libris aux yeux d'un amateur inex- périmenté. " "-*
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jour de sa mort, Lauwers passa sa vie dans une indigence frisant la misère. Ici nous laisserons la parole à Tauleur des Liminaires * :
« Lauwers avait peu de fortune, il s'était imposé les plus dures privations « pour pouvoir continuer à enrichir de temps à autre sa bibliothèque, à tel « point qu'il passait Thiver sans feu et sans lumière, et ne dépensait que deux « sous par jour pour sa nourriture. Lorsque tous ses moyens pécuniaires « eurent été épuisés, ce martyre de la bibliomanie aima mieux se laisser « mourir de faim que de se détacher, pour en faire de Targent, de quelques- « uns de ses livres.
« M. Van de Sande, médecin d'Anvers, nous a souvent raconté ce qui du a reste était de notoriété publique : Lauwers demeurait seul dans une maison « assez bien bâtie, quai Plan tin, près de TEscaut, derrière la place de la if Monnaie, Section 4, n^ 2435. Il n'avait dans sa cave ni bière, ni vin, et ne « vivait en grande partie que de pain et d'eau dont il s'approvisionnait lui-même.
« La seule douceur qu'il s'accordait, était de faire cuire de temps en temps « des pommes de terre, qu'il mangeait d'abord chaudes et ensuite froides, « aussi longtemps qu'elles duraient.
« Une femme qui demeurait en face de sa -maison avait remarqué que « depuis quelques jours il n'était plus sorti de chez lui. On y sonna : après « quelques moments d'attente, on entendit Lauw^ers descendre péniblement « l'escalier; il eut besoin de recueillir toutes ses forces pour arriver jusqu'à « la porte : à peine l'eut-il ouverte qu'il tomba évanoui de faiblesse. On le « releva et on le transporta dans son lit qui n'était guère qu'une espèce de « grabat garni de paperasses jaunies et délabrées : tout auprès un pot d'eau « et quelques miettes de pain. On s'empressa de lui apporter du bouillon et « une nourriture légère, mais il était déjà trop tard. Lauwers était exténué « d'inanition, la nourriture ne fit aucun effet sur lui, et il expira le lendemain « 30 mars 1829, âgé de 74 ans, victime de son amour pour la conservation « da sa bibliothèque. »
La vente de la bibliothèque de Lauwers eut lieu dans la maison du défunt, depuis le lundi 14 jusqu'au samedi 19 septembre (inclus) 1829 2.
Ce qui nous étonne en parcourant le catalogue de cette collection c'est le grand nombre de livres de prix, qu'avec les moyens modestes dont il dis- posait, ce bibliophile avait cependant su réunir. On y chercherait en vain des manuscrits ou des incunables ; par contre il avait une quantité de beaux livres, sortant des presses des Aide, des Plantin, des Elzevier, des Gramoisy, des Barbou, des Didot, des Baskerville, des Bodoni, du théâtre Sheldonien, etc., pour la plupart richement reliés en maroquin, dorés sur tranche et d'une conservation parfaite. La mention « relié par le célèbre Ickeleer ^ » revient souvent dans son catalogue.
i. Voyez Catalogue Van HulUiem, t. VI.
2. Bibliotheca Lauwersiana, ou Catalogue des livres rares et précieux de la Bibliothèque de feu M. Jean-Baptiste Lauwers, ancien bibliothécaire de la ville d Anvers. A Anvers, chez Ancelle, imprimeur-libraire, canal au fromage, n^ 689, MDCCCXXIX, in-8<> de 284 pages, donnant 2.571 numéros de livres. Les prix atteints ont été imprimés à part et forment un cahier de 28 pages in-8«, sous ce titre : Prix des Livres de la Bibliothèque JLauwersienne vendue à Anvers depuis le 14 jusqu'au 20 septembre 1829. A Anvers , chez AnceUe , imprimeur-libraire, canal au fromage, n<» 689.
3. Avec De Keyzer un de nos meilleurs relieurs anversois du xviii* siècle.
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Les compartiments les mieux soignés et renfermant le plus grand nombre de beaux ouvrages nous ont semblé être ceux des sciences naturelles, des voyages, de la vie des peintres et de leurs œuvres. Parmi les livres les plus rares ou les plus fastueux, et qui obtinrent les plus hauts prix, nous citerons seulement :
N® 539. Le Théâtre des Peintures de David Teniers^ natif d'Anvers, etc. Bruxelles, 1660, in-f^. Texte en quatre langues.
Première édition de ce beau recueil. Magnifique exemplaire de présent en grand papier, relié en velours vert, doré sur tranches. Vendu 70 florins.
N<^ 948. Fables choisies mises en vers par M. De La Fontaine (par de Mon- lenault). Paris, 1755-1759. 4 vol. grand in-f^. Reliure magnifique. Vendues 90 florins.
Lauwers n'avait pas d'Ex-libris. Ce fut Van Hulthem (il avait cette douce manie) qui en fit faire un à ses frais, qui fut collé dans les livres ayant appar- tenus à l'ancien bibliothécaire de la ville d'Anvers. Cet Ex-libris, gravé sur bois et mesurant exactement 83 "^'"X55'"'^, porte l'inscription : Ex biblio- thecsb selectissima ac nitidissima J. B. Lauwers, Antverpiensis ^ biblioth. pubL prœfecti, magna cura^ summo studio et labore collecta,
Natus 1755, obiit 18S9.
De chaque côté de l'inscription se trouve un ange porteur d'une palme et d'une corne d'abondance ; au-dessus et en dessous, les attributs de l'étude, des sciences, des arts et du travail. Benj. Linnig. — Anvers.
A PROPOS DE L'EX-LIBRIS DE LUYNES
Tous pensons intéresser nos collègues en leur signalant une variété, qu'ils n'auront probablement pas encore dû remarquer, du bel Ex-libris anonyme gravé par Roy, portant les armes du duc de Luynes et de Ghevreuse, Colonel Général des Dragons en 1754. Presque tous les amateurs d'Ex-libris connaissent cette jolie pièce composée des armoiries écartelées au milieu d'un cartouche rocaille surmonté d'une couronne ducale et enveloppé d'un manteau
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triiermines blasonné. Dans le haut et de chaque côté, 5 étendards se croisent derrière le cartouche, au-dessous duquel se voient deux fusils et deux tam- bours posés sur lui terrain.
Dans la variété que nous avons découverte, lors de la vente d'Ex-libris faite le 26 mars dernier, la différence consiste dans l'addition de quatre nouvelles hampes d*élendard, intercalées, à droite et à gauche, des cinq déjà existantes. Le nombre de ces hampes se trouve donc porté dans le second état à dix-huit, tandis qu'il n'était que de dix dans le premier. En signalant cette particularité à nos lecteurs, nous les invitons à examiner minutieusement leurs doubles avant de s'en défaire, une comparaison attentive entre deux pièces, que Ton suppose pareilles, pouvant quelquefois vous faire découvrir des différences qui vous auraient échappé sans cela. E. Engelmann.
EX-LIBRIS DE M. ARMAND EUDEL DU GORD
ANS le numéro du mois d'avril (année 1898) des Archives de la Société a paru un intéressant article sur les Ex-libris et fers de reliure ,de M. Paul Eudel. Le hasard nous ayant fait rencontrer
un autre F^x-libris portant les mêmes armoiries, nous avons jugé intéressant d'en donner la reproduction pour compléter la série des marques de posses- sion du livre aux armes des Eudel.
Cet Ex-libris anonyme n'appartient du reste pas au même propriétaire que ceux qui ont déjà été décrits dans cet article, mais à un membre d'une autre branche de la famille, Armand Eudel du Gord, né à Louhans le 27 mars 1830, de Joseph Eudel du Gord (1794-1863) et de Anne-Marie-Benedicte Guerret de Grannod^ mort à Paris en 1893. La famille Eudel, originaire de Corbie, a possédé la terre du Gord depuis le début du xvii® siècle jusqu'à la
1. Guen^et en Bresse : D'or, à la bande engreslée d'azur chargée de 3 heaumes d'argent mis de profil dans le sens de la bande.
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fin du XVIII®. M. Eudel du Gord appartenait à la seule branche qui en eut conservé le nom au xix®. Son Ex-libris se rencontre sur les ouvrages de sa bibliothèque, et accidentellement sur quelques livres appartenant à ses fils.
Henri de La Perrière.
QUESTIONS
ÉLIE PACOT. — (N'» 298.)
L'épreuve de la petite gravure dont on voit ci -dessous la reproduction est certainement un tirage moderne d'un vieux cuivre gravé et exécuté à la façon des anciennes devises. Il représente, à n'en pas douter, le prophète Élie
emporté sur un char de feu, par allusion au prénom du propriétaire de cette gravure. Il serait maintenant fort intéressant de savoir qui était cet Élie Paçot, de Lille? Si cette pièce était son Ex-libris? Si non, à quel usage elle pouvait bien être destinée? P. M.
M. D'HYENVILLE. - (N» 299.)
On rencontre assez souvent un Ex-libris du xviii® siècle, gravé par Viotte et accompagné de la légende « Bibliothèque de M. D'tlyenville ». Il est aux armes du propriétaire : un écu ovale, d'azur à V ancre d'argent chargée d'un cœur de gueules brochant sur le fût et surmontée de deux étoiles d'or^ ledit écu dans un cartouche de style rocaille, sommé d'une couronne marquisale et supporté par deux lions en barroque. Nous n'avons rencontré le nom d'Hyen- ville dans aucun nobiliaire, et nous pensons que ce doit être un nom de terre.
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Quant aux armoiries, nous nous sommes assuré qu'elles n'étaient pas décrites àm?iY Armoriai général de Hietstap, et nous ne les croyons pas bien anciennes. Pourrait-on nous dire à quelle famille appartenait en réalité le sieur d'Hyen- viUe? B. R.
RÉPONSES
UON CONTOURNÉ — (N« 267.) [10« année, pages Ul et 159.]
Nous avons reçu la réponse suivante d'un obligeant lecteur, dont nous ne
connaissons pas la signature. « La question 289, année 1903 de votre journal,
« porte sur FEx-libris de la baronne de Cambon, je Tai vu souvent sur ses
« livres, et le lion contourné est une erreur de gravure ». Cette réponse nous
fait d'autant plus de plaisir qu'elle confirme la supposition d'une faute de gravure; nous prions instamment la personne qui nous Ta envoyée de vou- loir bien nous donner son adresse et d'agréer l'expression de nos sincères remerciements. La Rédaction.
ROCHEGHOUART - MONTESPAN? — (N- 268.)
¥.n feuilletant la collection d'Ex-libris de la Bibliothèque Nationale^ le hasard m'a fait rencontrer un Ex-libris qui m'a permis d'identifier celui pour lequel j'avais posé une question dans le numéro des Archives de janvier 1904, LEx-libris, objet de la question, est celui de Suzanne de Rochechouart, née le 22 juin 1630, de Louis de Rochechouart, seigneur.de la Brosse, et de Louise Lamy, et mariée, le 26 juin 1650, à Pierre de Chaludet, seigneur de Liffermeau, Trésorier Général des finances à Orléans et Maître d'Hôtel du Rot; devenue veuve, elle se remaria à Gilles de la Grange, seigneur de la Bretoche.
Son premier mari, Pierre de Chaludet, possédait également un Ex-libris se trouvant dans la collection de la Bibliothèque Nationale et dont voici la description :
Debout sur une terrasse, deux lions tenant d'une patte, l'urt une cornette, échiquetée d'argent et de gueules, l'autre une cornette portant d'or au gonfa- Ion de gueules, soutiennent de l'autre patte un écu français, entouré du collier de Saint-Michel, sommé d'une couronne de comte, surmontée elle-même d'un casque taré de face, couronné d'une couronne antique et orné de lambre- quins; au bas de TEx-libris, on lit cette inscription : M. Pierre de Chaludet,
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Chevalier, Vicomte de liffermeau Sgr Doison et | de Ghaludet con®** du Roy en ses conseils M® ord**® de son hostel trésorier | gnâl de france a Orléans et gentilhomme ord"*® de la maison de Mgr le duc dorleans | et Dame Suzan de Rochechouart.
L'écu porte : Partie au /, écartelé de quatre quartiers : au /, échiqueté d'argent et de gueules; au S, contre-écartelé^ aux 1 et 4, de sable à la fasce d'or, aux S et S, de sable a deux léopards Vun sur Vautre d argent ; au 5,
d'azur, semé de fleurs de lys dor ; au 4, d'or au gonfalon de gueules^ et sur le tout, d'argent au lion de gueules, au franc-quartier d'azur chargé dune fleur de lys dor (de Chaludet). Parti au S, fascé-anté d'argent et de gueules (de Rochechouart). A. de R.
Le numéro d'avril de VEx-libris Journal de Londres donne d'abord les notes du mois parmi lesquelles nous signalons l'annonce de la Réunion annuelle qui aura lieu les 28 et 29 juin à Londres et qui sera accompagnée d'une exposition d'Ex-libris. On a ensuite une Lettre américaine par M. DexLer Allen, relative aux femmes dessinatrices d'Ex-libris. Il s'agit d'un livre à ce sujet, par M. Wilbur Macey Stone, dans lequel se trouve une liste des artistes féminins de toutes les nations (au nombre de 171). Cet article est accompagné de jolies reproductions. R y a ensuite la continuation de la liste des Ex-libris judiciaires et celle des Ex-libris juifs, avec plusieurs illustrations. Puis vient une note sur l'Ex-libris de la Bibliothèque publique de Port-Elizabeth (Afrique du Sud). Un autre article appelle l'attention sur les Ex-libris dessinés par le capitaine Nevile Wilkinsen. Après un article sur l'Ex-libris de M. Thomas Wainwright, il en vient un autre bibliographique relatif à la science héraldique écossaise. F. C.
Le Gérant^ F. Carême.
UACON, PnOTAT FRÈnES, IMPRIMEURS.
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il* Année. —
Juin 1904
COMPTE RENDU DE U RÉUNION DU 29 MAI 1904
ALGRÉ Fabsence d'un ou deux de nos collègues dont Térudition etTex- périence nous ont fait défaut, cette réunion, tenue, de nouveau, chez notre Vice-Président, a été très inté- ressante par le nombre et la variété des communications qui y furent présentées ; nous avons eu le plaisir dy constater la présence de M. le comte Lair, qui, de passage à Paris, est venu y assister. — Après avoir ouvert la séance par la présentation d'un nouveau membre, le Président soumet au Comité différentes proposi- tions faites par des personnes étran- gères à notre Société, consistant soit en échange de nos Archives avec d'autres Revues, soit en communication de la liste des membres, soit en demande de publicité; le Vice -Président et le Secrétaire répondront à chacune de ces propositions dans le sens qu'elles comportent et qui leur est indiqué. — M. Bouland présente alors aux assistants deux pièces envoyées en communi- cation, avec Toffre gracieuse d'en faire profiter notre Revue ; ce sont : l'Ex- libris de Prosper Marchand, libraire à Paris, exécuté en 1700 par Bernard Picart, et celui de Rilliet, dessiné par Monet et gravé par Choffard. Ces deux compositions, examinées avec autant de plaisir que d'attention, sont fort appréciées ; nous espérons donner sous peu un beau tirage hors texte de l'Ex-
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libris Rilliet, dont la planche sera mise, pour cela, à notre disposition. L'attention est ensuite attirée sur une petite pièce anonyme héraldique, achetée dernièrement dans une vente, et qui a tout à fait Tapparence d'un Ex-libris ; ce sont les armes de la famille Lemintier, avec sa devise : Deus meus omnia sunt. Mais cette gravure n'est pas un Ex-libris, c'est un tirage à >^ part du blason exécuté pour illustrer la généalogie de celte famille, parue dans l'ouvrage de Laine, tome X. — M. le comte Lair communique ensuite un vieux volume relié en maroquin rouge portant (moins les supports qui, là, font défaut) les mêmes armoiries que celles de l'Ex-libris n^ 1, figurant sur la planche à identifier parue dans l'année 1896, page 126; ce Super-libris est, comme la gravure, attribué au prieuré de Saint-Jacques de la Flèche : le Comité décide qu'on en fera une reproduction pour notre Revue. — Notre dévoué collaborateur, M. J. G. Wiggishoff, apporte un fragment très rogné d'un titre de livre, au verso duquel se trouve un curieux blason gravé sur bois, surmonté d'une banderole portant l'inscription : iohannes gvdin apt in MARGHTAL*. Il peusc avec d'autres personnes que cette gravure est un Ex- libris faisant partie du volume lui-même, comme il s'en rencontre quelque- v fois à cette époque ; pour obtenir de plus amples renseignements, on reviendra sur ce sujet en donnant une reproduction de la pièce. — M. le cpmle Budan prépare en ce moment un Annuaire, ou Guide des Gollectionneurs d'Ex-libris • les membres de notre Société qui désireraient y voir figurer leur nom pourront le lui faire savoir à l'adresse suivante : M. le comte Emile Budan, poste restante, à Venise. A ce propos, le Président rappelle que nous allons publier une nou- / - velle liste des demandes d'échanges et que tous les membres qui veulent s'y
[ faire inscrire n'ont qu'à en prévenir le Secrétaire. — Le curieux volume
examiné dans la dernière réunion, Gornvcopi^^, etc., est de nouveau soumis aux assistants ; la feuille de garde sur laquelle sont les inscriptions, et qu'on j a dû mouiller pour la tendre, en recouvrait uiie autre plus ancienne, portant
le nom d'autres possesseurs. Nous prions tous nos collaborateurs de vouloir , bien chercher des renseignements sur ceux-ci en particulier : Peter Otschier,
Anthonius Ingirinus (1535), Georgius Pratensis (1537), Ludovicus Nicode- " sius (1588), Petrus de Gabanis, né à Toul (Leucae),.qui pourraient fournir : un intéressant article, illustré d'une curieuse reproduction. — Pour terminer,
r on communique ensuite, comme d'habitude, diverses publications reçues dans
u- le courant du mois, parmi lesquelles le dernier numéro de la Rivista del
t Collegio Araldico ^ et l'ouvrage de W^^ Zella Allen Dixson, intitulé :
Concerning Book-Plales a Handbook for Collectors (Ghicago, by the } Wisteria Gottage Press, 1903) : ce Manuel, écrit en anglais et orné de
\ planches hors texte, offre cette particularité qu'il est imprimé et édité par son
f auteur; nous avons l'intention d'en donner par la suite un compte rendu plus
détaillé. — La séance étant levée, les assistants, avant de se quitter, se livrent, £j comme d'habitude, à des conversations particulières ou à des échanges.
f Le Secrétaire^ F. Garéme.
i. Jean Gudin fut abbé de MarchtaU (de l'ordre des Prémontrés) près Riediingen, diocèse de Constance, de 1538 à 1550. >' 2. Voir numéro des Archives de mai 1904, p. 60.
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EX-LIBRIS
DE
MARG-ANTOINE-FRANÇOIS LE PELLERIN DE GAUVILLE
'ANNEE dernière, en même temps que Ton vendait la terre de Beaumont-Ia-Ronce, les Tourangeaux avaient la tristesse de voir disperser, au feu des enchères, les objets d'art et la biblio- thèque du château.
Ce fief, Tun des plus anciens de Touraine, avait été acheté en 1691 par Claude Bonin de la Bonninière, chevalier, seigneur de Beauvais. Depuis cette époque, il était resté sans interruption en possession de cette famille, et avait été érigé en marquisat, en avril 1757, en faveur de Jean- Claude de la Bonninière de Beaumont.
Pendant cette période de deux siècles, les propriétaires avaient réuni dans. le château, une importante bibliothèque, que différents héritages avaient encore considérablement augmentée.
Beaucoup de volumes portaient, entre autres, TEx-libris anonyme reproduit ici et que nous tenons à signaler.
Cette marque de bibliothèque nous donne en effet les deux blasons accolé» des Le Pellerin et des Le Gendre, mais avec des erreurs d'émaux et de meubles telles, qu'il eût été difficile plus tard d'identifier cette pièce, pour ceux qui en auraient ignoré la provenance.
L'Ex-libris est celui de Marc- Antoine-François Le Pellerin, marquis de Gauville, chevalier de Tordre royal et militaire de Saint-Louis, qui fit toute sa carrière militaire dans le régiment des Gardes- Françaises, où il entra avec le grade de capitaine en 1736, fut fait brigadier en 1745, maréchal de camp en 1748 et lieutenant général en 1759. Il commandait le 4® bataillon des Gardes-Françaises et était gouverneur de Neuf-Brisach lorsqu'il prit sa retraite vers 1761 , avec une pension de 1 .000 livres, sur Tordre de Saint-Louis. Il avait épousé, le 30 octobre 1740, Madeleine Le Gendre d'Armigny, dont il eut :
Marguerite, née le 13 juin 1743, mariée à Anne-Claude Bonin de la Bon- ninière, marquis de Beaumont, lils de Jean-Claude Bonin de la Bonninière, premier marquis de Beaumont-la-Ronce.
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La marquise de Beaumont hérita d'une partie des livres de son père, et cela explique la présence des ouvrages revêtus de cet Ex-libris normand dans la bibliothèque du château de Beaumont-la-Ronce, en Touraine.
Les véritables armoiries des Le Pellerin de Gauville sont : D'or^ au chevron échiqueté de gueules et d'argent^ de trois tires; au chef de sable, chargé de trois coquilles d'argent.
La famille Le Gendre d'Armeny porte : Uazur^ à la bande dentelée dor^ chargée de trois papillons de sable. De Remagle.
L'EX-LIBRIS DU COMMANDEUR D'ALLEMAN DE CHATEAUNEUF
|CARTELÉ : aux 1 et 4 d'azur à trois bandes dor^ et aux S et 3 cinq points dor équipolés à quatre dazur. Telles étaient les armoiries de la famille d'AUeman de Château- neuf, noble et illustre de Carpentras, ancienne capitale du Comté Venaissin, et à laquelle appartenait notre com- mandeur de Malte, qui fit graver T Ex-libris reproduit hors texte. L'écu, placé sur la croix de Tordre, est en outre entouré d'une cordelière à laquelle pend une autre petite croix de Malte, un cartouche, dans le goût de la fin du xvii® siècle, soutenu par deux griffons ailés, complète son ornementation : le tout est surmonté d'une couronne ducale, et le fond est en entier pointillé.
Cet Ex-libris est celui de Guilhaume d'AUeman de Châteauneuf, chevalier de Malte, puis commandeur de la commanderie de Poët-Laval. Si le graveur Rouvière, d'Avignon, eut travaillé en 1676, date certaine de la gravure de ce cuivre et nous verrons pourquoi ^ on ne se tromperait pas en le lui attribuant : car la facture, la manière d'interpréter les fleurons des couronnes le dénotent ; seulement nous n'oserions affirmer, nous doutons môme, que cet artiste, dont la biographie est peu connue, travaillât déjà à cette époque.
Mais ces armoiries présentent un problème d'histoire généalogique que nous n'avons pu résoudre; car, pendant que la maison, si nombreuse et puis- sante des Alleman du Dauphiné, portait pour armoiries : De gueules^ semé de fleurs de lys dargent à la bande du même^ brochant sur le tout, les Alleman, du Comtat, avaient celles que nous venons de décrire, et qui ne sont autres que les blasons écartelés des familles de la Roue et de Saint-Priest, du Forez. Nous n'ignorons pas qu'au commencement du xvi® siècle, Françoise, fille de Gabriel, baron de Saint-Priest, chevalier de l'ordre du Roi, qui avait accompagné Charles VIII dans son expédition de Naples et mari d'Anne de la Roue, avait épousé Falcon d'AUeman ; mais les auteurs ne donnent pas pour ascendant aux d'AUeman du Comtat ce Falcon, et, d'autre part encore, certains généalogistes connus par leur grande érudition dans ces questions, tels que Pithon-Curt, dans son Nobiliaire du Comté- Venaissin , au milieu
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ABCHIYES DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DES COLLECTIONNEURS D'EX-LIBRIS. * N<> 6. — JUIN 1&Û4
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du XVIII® siècle et de nos jours, le marquis de Boisgelin, d'Aix, dans son Esquisse sur r histoire des familles de Provence, article Adhémar^^ n'attribuent même pas aux d'Alleman du Comtat une origine commune affirmative avec ceux du Dauphiné. Il faut ajouter cependant que cette famille, après la publi- cation faite par le premier de ces auteurs, et en présence du doute qui avait pu se soulever sur son origine, avait ajouté à ses propres armoiries celles des Alleman du Dauphiné en superposant les siennes sur les autres; et c'est ainsi qu'elles sont gravées dans l'article que le généalogiste Mistarlet lui consacre dans son Essai sur la noblesse du Comtat paru et imprimé à Carpentras en 1783.
Quoi qu'il en soit de ce problème, les armoiries et l'Ex-libris donnés ici
étaient bien ceux de Guilhaume d'AlIeman, né, à Carpentras le 6 septembre
1614 et entré à Malte en 1632. Il était le troisième fils de Jacques d' Alleman,
seigneur de Ghâteauneuf de Redortier, fief situé dans la principauté d'Orange et
dont le territoire est annexé aujourd'hui à la commune de Suzette, canton de
Baumes, déparlement de Vaucluse, et de Polixène de Vincens de Causans,
d'une des plus nobles et anciennes familles de la province. Esprit d'AUeman,
son aïeul, avait été premier président du parlement d'Orange, comte palatin,
et un personnage important de l'époque, mort en 1623. C'est le père de ce
dernier, Labeau d' Alleman, qui, en 1546, avait acquis pour son père, André, la
seigneurie de Châteauneuf de Redortier^ d'un des petits- fils du célèbre
Etienne de Vesc, vice-roi de Naples, ami de Charles VIII et un des plus
grands seigneurs de France à cette époque.
En 1676, le chevalier Guilhaume d' Alleman, qui s'était fait remarquer par son courage en montant les vaisseaux de la Religion dans leurs courses contre les barbaresques de la Méditerranée, avait reçu du grand maître Nicolas Cotoner la commanderie de Poët-Laval dans le Bas-Dauphiné.
Cette commanderie, dont on aperçoit encore le magnifique château, à gauche, en allant en chemin de fer à Dieulefit, paraît dans l'histoire du Dau- phiné dès le xiii® siècle, comme appartenant aux chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem qui la tenaient des comtes de Valentinois et Diois, et elle relevait du grand prieuré de Saint-Gilles.
Le commandeur de Poët-Laval, nous dit l'érudit historien des communes de l'arrondissement de Montélimar ^, avait le droit d'exiger de chaque habi- tant du pays, en compensation de la sûreté qu'il lui donnait contre les enne- mis, deux journées de travail pour couper ses foins ou travailler ses terres et ses vignes; trois florins pour les frais d'entretien des moulins à moudre le blé, les noix, etc. ; un homme de garde par gâche, ou tour élevée pour la sûreté du pays et du château ; les lods au sixième du prix des biens laissés ab intes- tat profitant à des collatéraux. Il reconnaissait enfin le droit de chasse à ses vassaux, dans Tétendue de la commanderie, à toutes sortes de bêtes, depuis
1. Ouvrage tiré à petit nombre d'exemplaireç, in-4, imprimé chez Makaire, à Aix, en 1900.
2. Ce nom de Redortier venait de ce que les murailles, qui dans le pays retiennent les terres en assises, sont toutes recouvertes de redorles, nom patois de la plante grimpante appelée clématite.
3. M. Lacroix, archiviste de la Drôme; voir à la p. H7 du VII» volume de ce travail, qui n'a pas moins de 8 volumes in-8, imprimés à Valence, de 1875 à 1893.
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Fours jusqu'au simple lapin. Mais il s'engageait à leur fournir un homme apte par son instruction à leur rendre la justice.
A son arrivée à sa Gommanderie, le chevalier d'Alleman en afferma les revenus, 2.400 livres en sus de la 24® partie due aux pauvres, et des portions congrues affectées aux curé et vicaire, et ayant réglé toutes ses affaires il partit pour Mahe. Mais, dit Tabbé de Vertot dans son Histoire de V Ordre ^^ une peste affreuse ne tarda pas à ravager Tile, mal qui fit périr, la même année 1676, grand nombre de chevaliers et d'habitants. Notre com- mandeur fut du nombre, racontent les historiens de la famille d'Alleman, et voilà pourquoi nous disions que cet Ex-libris ne pouvait avoir d'autre date que celle de 1676.
Paul d'Alleman de Ghâteauneuf, frère du commandeur, hérita de l'Ex-libris qui, cinquante ans plus tard, appartenait à son petil-fils Joseph-Hyacinthe d'Al- leman, chevalier de Malte aussi. Celui-ci ayant perdu tous ses frères aînés et ses sœurs, se trouva à la tête d'une fortune considérable et du fief de Ghâteau- neuf. Il laissa le tout, le 9 octobre 1743, écrivant Bastet, notaire à Garpentras, à son cousin Louis-François-Xavier, comte d'Alleman de Fenouillet, fils d'Antoine, le célèbre ingénieur du Gomtat % et de Gharlotte des Isnards. Antoine était l'arrière-petit-fîls de François, seigneur de Fenouillet, lequel était fils cadet du président du Parlement d'Orange, dont il a été question.
Louis-François-Xavier, comte d'Alleman, ne à Garpentras en 1716, jeune officier» avait été blessé à Guaslalla en 1733. Le 5 mars 1765, il prêta hom- mage à la chambre des comptes du Dauphiné, pour son fief de Ghâteauneuf. Ayant successivement perdu ses sept frères aînés, prêtres ou officiers n'ayant pas été mariés et parmi eux le plus jeune, colonel du régiment de Saintonge qui fut assassiné par le garde-chasse de son château de (^liàteauneuf, le 10 novembre 1785, et lui-même n'ayant pas contracté alliance, il laissa à sa mort, arrivée en 1794, tout son bien et sa terre de Ghâteauneuf, à la seule de ses sœurs qui eût été mariée, Antoinette-Marie-Françuise, née eu 1732, et qui avait épousé, le 24 février 1761, Henri-Laurent Arnaud de Lestang d'Ypres, de Saint-Paul- Trois-Ghâteaux, ancien lieutenant-colonel d'arlillerie, qui s'était distingué au siège de cette ville d'Ypres en Belgique et avail reçu de Louis XV le droit d'en porter Ici^nom, accompagné du titre de baron, avec la devise : Ypris coram
REGEM CAPTIS ^.
La dame Arnaud de Lestang d'Ypres avait perdu ses deux fils pendant la Révo- lution, l'un d'eux, appelé le marquis de LestanJ^^ ayant été fusillé à Avignon, le 11 juin 1796, par une commission militaire, pouiavoir voulu soulever le pays en faveur du parti royaliste, il ne lui restait plus à sa mort, arrivée le 31 décembre 1796, qu'une fille unique, Françoise-Hose, née en I7()2(|ui, célibataire, se trouva à la tête de la fortune des d'Alleman et des anciennes seigneuries <le Ghâteau- neuf et de la Fenouillette ainsi que de Thùlel de (^arpenlras, aujourd'hui bibliothèque et musée de cette ville. Celle-ci est niorle audit Garpentras, le 7 novembre 1842, laissant sa fortune et le (iiivrc de notre Ex-libris à la
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